Diamond in the sky

Il y a quelques mois, je vous avais parlé d’un diamant bleu d’un poids plus qu’honorable découvert en Afrique du Sud. D’un poids brut de 29,6 carats, il fut découvert à la mine Cullinam en janvier 2014. En avril, un communiqué de presse nous apprenait que la société Cora International Ltd se portait acquéreur pour la somme de 25,6 millions de dollars.

Et il y a quelques jours, j’apprends qu’un diamant bleu exceptionnel de 12,04 carat va être exposé au Musée d’histoire naturelle de Los Angeles. J’ai donc appelé la conservatrice associée du département de minéralogie, Éloïse Gaillou, que je connais depuis l’époque de mes études de gemmologie à Nantes. Et quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre qu’il s’agissait bien de la même pierre. En effet, il est très rare de voir une pierre aussi importante être taillée aussi rapidement.

diamant-bleu-930_scalewidth_460Le diamant bleu, à sa découverte à la mine Cullinam, dans la main du PDG du site minier, Johan Dippenaar. Photo : Petra Diamonds.

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Le « Blue Moon diamond » pèse après sa taille 12 carat. D’une taille coussin qui met particulièrement en valeur sa couleur, il a été photographié par Tino Hammid, à Los Angeles. Photo : Tino Hammid pour Cora International.

Le travail d’étude et de taille, bien que très rapide, a néanmoins pris plusieurs mois. Il a débuté en avril et s’est terminé courant du mois de juin. La pierre a été taillée à New York. Pour en savoir un peu plus sur la taille de cette merveille, je vous invite à lire l’article d’Éloïse sur le blog du musée de Los Angeles : « A special diamond exhibit at the NHM« . L’article vous présente de nombreuses photographies qui vous expliquent à la fois la difficulté et le travail de taille d’une pierre aussi exceptionnelle.

Après sa taille, la pierre a fait l’objet d’une étude à la Smithsonian de Washington, étude menée conjointement par le musée et l’équipe de Los Angeles. Il a aussi fait l’objet d’une certification par le GIA, puisque ce diamant sera vendu dans quelques mois. Si les gemmes et les diamants (plus généralement) vous passionnent, vous savez déjà que les diamants bleus sont rares. La couleur de ces pierres est due à la présence d’un élément particulièrement rare dans le manteau de la planète, à l’endroit même où se forment les diamants : le bore. Cette pierre ne déroge donc pas à la règle. Il présente en sus des spécificités particulières. Je ne vous en dis pas plus, un article est en préparation sur l’étude gemmologique de cette pierre, je vous en reparlerai. Par contre, histoire de vous montrer les analyses, de nombreuses photos sont disponibles dans cet article du musée de Los Angeles : « Testing the Blue Moon diamond at the Smithsonian« . Je vous invite donc chaudement à aller découvrir ce blog qui est très bien fait.

La certification du GIA confirme, bien entendue, que cette pierre est parfaite. Gradée « Fancy vivid blue », elle est en sus IF, soit Internally Flawless. Parfaite je vous dis ! Et que dire de la couleur ? Rien, en fait, si ce n’est que la nature mérite tout notre respect et toute notre admiration. Elle fut ensuite photographiée par Tino Hammid. Cet indépendant, basé à LA, est le spécialiste de la photo de gemmes et de bijoux. Si vous connaissez la revue « Gems and Gemmology », vous aurez souvent vu ses travaux photographiques qui illustrent régulièrement la revue. Je précise néanmoins que la photo de la pierre est une composition, car la taille lui donne de tels feux qu’il fut impossible de la prendre d’une seule fois.

Si je vous parle aujourd’hui de cette pierre, c’est parce que celle-ci sera exposée au grand public à partir du 13 septembre 2014 et ce jusqu’au 6 janvier 2015. Elle accompagnera la Butterfly collection dont le prêt au musée a été prolongé. Rendez-vous dans le Gem Vault du musée de Los Angeles pour en prendre plein les yeux !

Après cette exposition, la pierre disparaitra. Éloïse Gaillou me confirmait hier que celle-ci serait vendue par la maison Cora et qu’elle ne devrait pas se retrouver dans une vente aux enchères de sitôt. En effet, cette condition faisant partie intégrante de la cession du diamant.

Si vous avez l’occasion de vous rendre aux USA et surtout en Californie, allez voir cette pierre, elle mérite vraiment le détour. J’adresse, bien sur, mes remerciements à Éloïse pour avoir pris le temps de répondre à mes quelques questions.

A bientôt !

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