Une alerte aux faux certificats par le GGTL

J’ai reçu récemment la dernière newsletter du GGTL, laboratoire de gemmologie réputé et tenu par Mrs. Franck Notari et Thomas Hainschwang. Pour ceux qui ne le connaîtrait pas, il résulte de la fusion du laboratoire suisse GemTechLab fondé à Genève en 1996 et du GEMLAB fondé au Liechtenstein en 1996. Ce laboratoire est indépendant.

La dernière newsletter fait état d’un problème qui affecte malheureusement la profession : l’apparition de faux certificats d’authenticité sur le marché de la joaillerie, certificats concernant pour le moment des diamants présentant d’excellentes gradations. Retour sur cette histoire.

Fin septembre 2013, le laboratoire reçoit pour expertise deux diamants incolores acquit récemment par un vendeur des plus sérieux. Les pierres, respectivement D-VVSI-3,33 carats et D-VS1-3,17 carats, sont accompagnées de certificats émanant du GIA (le Gemmological Institute of America). De plus les pierres sont gravées avec les numéros correspondant aux certificats, selon la procédure désormais classique. Après vérification sur le site du GIA, les numéros des rapports sont authentiques et semblent donc bien avoir été délivrés par le laboratoire américain.

Comme pour toutes les pierres incolores, le laboratoire soumet les pierres à une analyse infrarouge. Les pierres qui sont naturellement IIa (les diamants les plus purs) se trouvent avoir été traitées par HPHT (haute pression, haute température), ce qui ne figure pas sur les certificats.

En étudiant plus précisément les certificats reçus avec les pierres, on remarque que les inclusions visibles dans les pierres ne sont pas exactement celles décrites sur les documents… Finalement, le laboratoire remarque que si les couvertures qui protègent les certificats sont authentiques, les rapports sont bien des faux.

En réalité, les faussaires ont procédé de cette façon :

– Ils ont cherché sur la base de données du GIA des exemples de certificats existants qui pouvaient correspondre aux pierres dont ils souhaitaient falsifier les informations afin de les faire entrer sur le marché

– Puis les pierres traitées ont été scrupuleusement retaillées afin de correspondre exactement aux certificats

– Enfin, les pierres furent gravées au laser de la même manière que les pierres certifiées par le GIA.

Point important, le laboratoire a pu identifier les deux pierres à l’origine des certificats contrefaits ultérieurement. Ces pierres sont parfaitement naturelles et non traitées. Elles sont la propriété d’une société qui n’est en rien responsable de la fraude mais qui en est devenue la victime indirecte.

Quelque temps après cette histoire, une personne impliquée dans ce trafic est revenue à Genève afin de vendre de nouveaux diamants traités impliquant des certificats existants falsifiés. L’affaire a depuis été étudiée de près par la justice suisse. La conclusion est que nous sommes en face d’un trafic aux ramifications internationales dont les tenants et les aboutissants sont difficiles à saisir.

En conclusion, le GGTL rappelle que la gravure laser sur une pierre n’est pas une garantie inviolable, que les certificats doivent être vérifiés avec attention. En cas de doutes, il ne faut pas hésiter à contacter un laboratoire compétent afin de faire vérifier les pierres et les certificats. Pour ceux qui lisent l’anglais, je vous invite à consulter la newsletter du laboratoire, elle est richement illustrée et vous permettra de mieux comprendre encore cette falsification.

À bientôt !

Un commentaire Ajoutez le votre

  1. Marion dit :

    Bonjour, merci pour votre article. Savez vous ce qu’il est possible de faire quand on a été victime d’un tel vendeur malhonnête ? La justice prévoit elle quelque chose ? L’usage de faux ? Merci d’avance.

    1. legemmologue dit :

      Bonsoir, le mieux reste de se mettre en relation avec le laboratoire afin de faire vérifier votre certificat. Ensuite, il ne vous restera qu’a lancer un recours contre le vendeur qui vous a fourni le certificat. La justice examinera alors votre cas mais cela risque de prendre du temps… Autrement, il faut essayer de trouver une solution amiable avec le vendeur. Bonne soirée

    2. Michel dit :

      Bonjour,
      J’ai été victimes de la même façon que vous d’une arnaque.
      En faisant vérifier la bague il se trouve que ses dimensions ne sont pas les même que sur le “certificat”. N’étant pas connaisseur ni pro, je ne pouvait m’en rendre compte seul.
      Votre recours par la justice a donné quelque chose?
      Merci.

      1. legemmologue dit :

        Bonjour, je n’ai pas été victime de ce type d’escroquerie. Cet article est une traduction d’une alerte labo, il faut vous rapprocher de la police et envisager une plainte. Bonne chance à vous!

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