Le métier #12

 Ce métier, c’est d’abord une histoire de confiance. Il n’y a rien d’autre en fait. Bien sur, tu peux ajouter la connaissance, la technique, les savoir-faire. Appelle ça comme tu veux. Mais moi, je ne retiendrai de ce métier que la confiance. Tu prends une pierre, plusieurs éventuellement, tu pars avec ton confié mais pas tout le temps. Par contre, tu sers la main du préteur et c’est bon. Tu sors une pièce de ton atelier pour la porter chez ton serto ou chez ta polisseuse et tu sais, forcément, que tu vas la récupérer. C’est tellement évident. Et jamais, jamais tu n’aurais l’idée de ne pas rendre un confié. Ou alors, tu es malade.

Alors, oui, les gens malhonnêtes, ça existe. Mais moi, les deux que j’ai croisé durant toute ma vie pro, ben ils n’exercent plus. Et autant te dire qu’avec la réputation qu’ils ont désormais, ils ne risqueraient pas mettre un orteil dans la rue cadet. Non, pas de risque. Donc, la confiance, parce qu’il n’y a rien de plus important dans ce métier. Je fonctionne à l’ancienne, et pourtant, je suis bien obligé de devenir plus «administratif» qu’il y a quinze ou vingt ans, de faire signer des papelards en trois exemplaires ou de suivre des procédures types, et ça pour mon plus grand malheur ! Et ça m’énerve…

M., diamantaire, 40 ans de métier

Un commentaire Ajoutez le votre

  1. CHABROL dit :

    Voilà un véritable discours intelligent. Bravo.

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