J’avais quatorze ans quand j’ai commencé à aller à l’atelier de mon oncle. Il était sertisseur, comme la plupart des mecs de ma famille. Je venais le voir les mercredis après-midi. Il me disait de m’assoir à coté de lui et je le regardais. Au bout de quelques semaines, il m’a donné des petites pierres à sertir pour voir comment je me débrouillais. A seize ans, je suis devenu son apprenti. C’est comme ça que j’ai commencé. Et puis moi l’école, tu vois, quoi. Alors, finalement ça tombait bien. Là, je travaille sur une bague avec un pavage d’émeraudes. C’est du serti grains. Mais d’abord je travaille avec des diamants. Les émeraudes sont trop fragiles, je risquerai de les abimer. Et puis j’ai appris comme ça. Je prépare mon serti, je dégage les grains comme si je sertissais les diamants. Ensuite je dessertirai toutes les pierres et je poserai les émeraudes. Et je pourrais perler les grains et faire les finitions. C’est bien plus long, mais tu verras, ce sera beau à la fin.
C., sertisseur depuis 25 ans
C’est de la Bâle !
"Il faut se rendre compte de ce à quoi ressemblait le salon de Bâle dans les années 70 voir même 80. C'était de la folie. Il y avait du monde, des acheteurs. Et on vendait. On préparait le salon religieusement, création de nouvelles collections et surtout présentation d'une où...