Quand j’étais apprentie, il y avait un bijoutier qui venait à mon atelier et qui m’impressionnait. Déjà, ma patronne passait son temps à me dire qu’il avait travaillé pour les plus grands, ça calme ! Il ne me parlait jamais, même pas un bonjour, rien. Aller faire les livraisons chez lui était un supplice. Après tout, j’étais l’apprentie. A Noël, ma patronne accrochait pour moi une chaussette au mur. La tradition venait de son apprentissage à elle et elle avait conservé la tradition. Les clients y glissaient mes étrennes. Et ce fameux Noël, je m’en souviens parce que j’ai découvert dans ma chaussette un billet de 200 francs. C’était pas rien pour une apprentie. Quand j’ai su que ça venait de ce bijoutier, j’ai été étonnée. Ma patronne m’a alors dit « Vous ne faites pas de bruit, vous écoutez et vous apprenez. Ce sont les seules choses qui comptent pour lui. Et ce même si le métier met du temps à rentrer. Il faudra aller le remercier en janvier. »
M., polisseuse depuis 15 ans.
C’est de la Bâle !
"Il faut se rendre compte de ce à quoi ressemblait le salon de Bâle dans les années 70 voir même 80. C'était de la folie. Il y avait du monde, des acheteurs. Et on vendait. On préparait le salon religieusement, création de nouvelles collections et surtout présentation d'une où...