De la douceur d’un automne studieux

Alors que la rentrée est bien là, que les élèves arrivent progressivement à l’école, j’ai eu le plaisir de recevoir un colis de la maison d’édition Arnoldsche pour découvrir leurs dernières nouveautés bijoux. Ce sont trois livres qui me sont parvenus en cette fin aout. J’ai donc dégainé le pumpkin spice latte, un plaid léger (je bouquine souvent le soir) et je me suis plongée avec délectation dans les différents ouvrages. Et, ma foi, je n’ai pas été déçue. Voila donc quelques conseils de lecture pour débuter l’automne.

1- « Tadema Gallery London » (🇬🇧) – Arnodsche

Cela fait des mois que j’attendais sa sortie. J’avais vu passer l’annonce dans le dossier de presse de la maison d’édition et j’avais sauté sur l’occasion de faire un mail au chargé de presse qui travaille avec moi. Et voila, depuis quelques jours, je l’ai entre les mains et je ne l’ai pas lâché. Avec ses 520 pages et ses 800 illustrations couleurs, toutes plus magnifiques les unes que les autres, je me suis plongée dans l’histoire de cette galerie dont j’aime tant la sélection. Fondée en 1978 par Sonia et David Newell-Smith, la galerie va bientôt devenir le passage obligatoire de tous les amoureux des mouvements Art nouveau puis Art & Crafts.

Tous les deux furent d’abord des photographes reconnus avant de bifurquer vers le domaine de l’art et d’établir ce lieu incontournable dans le domaine du bijou. Le livre est aussi une mine d’informations sur les créateurs du début du XXe, une bibliographie joaillière se trouve à la fin du livre et vous renseignera sur les bijoutiers dont les pièces sont passées entre les mains de Sonia et David. Si certains sont très connus, beaucoup le sont moins, éclipsés par les Vever, Lalique et autres stars joaillières de l’époque. Vous découvrirez ainsi le travail de Von Cranach, d’Edward Spencer, de Georges Frampton, d’Archibald Knox ou d’Edward Hunt pour ne citer qu’eux. Certes le livre coute cher (à partir de 68 euros chez l’éditeur), mais il me semble nécessaire si vous aimez les bijoux de la fin du XIXe jusqu’au milieu du XXe siècle. Ne vous posez pas trop de questions, ce livre est une bible à avoir absolument!

2- « How many is one » (🇬🇧) – Arnoldsche

Quand j’ai reçu cet ouvrage, j’ai en même temps découvert l’incroyable carrière de Deganit Stern Schocken. Née en 1947 à Amir (un kibboutz situé au Nord d’Israël), c’est une créatrice de bijoux et curatrice. Après un diplôme d’art à la Bezalel Academy of Art and Design de Jérusalem, elle étudie durant quatre ans au Sir John Cass College of Art puis à la Middlesex Polytechnic, deux écoles basées à Londres. Elle fondera le département bijoux du Shenkar College of Engineering and Design de Ramat Gan et le dirigera durant 9 ans jusqu’en 2016.

Si la contemporanéité de son travail ne fait aucun doute, celui-ci est également emprunt d’un sens politique aiguë et questionne autant le rôle du bijou que sa valeur et sa destination. Le livre compte 264 pages et plus de 200 illustrations. Ses pendentifs réalisés à partir de canettes de soda en aluminium questionnent ainsi sur la temporalité de l’objet. Quant à la série réalisée autour de l’étoile jaune, utilisée par les nazis pour marquer les juifs, elle peut autant choquer qu’émouvoir. Elle est aussi une réappropriation de l’Histoire au travers de ce symbole si fort pour le peuple juif. J’ai beaucoup aimé découvrir son travail et son ancrage dans l’histoire de sa culture et de son pays. Une belle monographie que je vous conseille amplement!

3- « The jewelry box » (🇬🇧) – Arnoldsche

Pour comprendre l’obsession du bijou chez Jorunn Veiteberg, il faut d’abord comprendre qui est Charlotte. En 1990, Jorunn fait l’acquisition d’un meuble exposé dans la galerie F15 de Moss où elle travaillait alors. Réalisé par l’artiste française Martine Bedin, ce meuble va devenir l’écrin de la collection de bijoux de Jorunn. Est-ce que celle-ci aurait existé sans Charlotte? Peut-être. Peut-être pas. Quoi qu’il en soit, c’est la rencontre entre ces deux âmes, car Charlotte en a définitivement une, qui augure d’une collection qui compte aujourd’hui plus de 550 pièces provenant de près de 230 artiste basé dans le monde entier.

Jorunn Veiteberg est docteur en histoire de l’Université de Bergen. Elle vit et travaille dans cette ville de Norvège et partage aussi un peu son temps avec la ville de Copenhague au Danemark. Depuis 2002, elle est professeur d’art et de design à la Bergen Academy of Art and Design mais aussi à la HDK School of Design and Crafts à l’Université de Goteborg. Sa collection est d’un éclectisme fou et enthousiasmant. Et c’est exactement le propos de ce livre qui raconte autant sa rencontre avec Charlotte que la constitution de cette incroyable collection. Au travers des 600 illustrations, vous découvrirez des photos d’archives incroyables, des pièces merveilleuses qui laissent apparaitre la femme étonnante qu’est Joruun Veitenberg. Un livre à avoir dans sa bibliothèque!

A bientôt !

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