Comme une envie d’un livre à Noël

Si Noël n’est pas encore là, les premières décorations, elles, sont bien arrivées chez les commerçants et dans les vitrines qui commencent à s’illuminer. Il est temps de penser à nos cadeaux et de tâter le terrain pour savoir quoi offrir aux uns et aux autres. Pour ma part, je sais déjà que j’aurais des livres. C’est pour moi le cadeau idéal qui reste et que l’on appréciera. Peut-être, cette année, faudra-t-il que je demande à Santa une nouvelle étagère. Mais ça c’est un autre problème. En attendant, voila une première sélection de petites choses à glisser sous le sapin d’un amoureux du bijou.

1- « Le diamant dans tous ses états » (🇫🇷) – Vincent Meylan – VM Publications – à partir de 15 euros

Ce petit ouvrage remarquablement illustré et écrit est sorti en septembre. Au travers de 90 pages, il retrace le destin de diamants célèbres passés entre les mains des joailliers de la maison Van Cleef & Arpels. L’ouvrage débute par un collier assez fabuleux, réalisé à la demande d’une cliente en 1971 et serti de diamants de couleur : un brun de 16,49 ct, un vert de 14,20 ct, un rose de 20,32 ct, un jonquille de 17,35 ct et un incolore de 14,97 ct ; s’ajoute un dernier diamant et pas des moindres, un bleu de 14,97 ct en pendentif. Le livre est voulu comme le catalogue de l’exposition « Un siècle de création en diamants » qui se tient à la galerie du patrimoine de la maison jusqu’en janvier 2023. A voir absolument !

Au fil des pages, vous découvrirez les somptueuses commandes de Faiza d’Egypte, de Nina Dyer, de la princesse Lilian de Belgique, de Barbara Hutton ou de Maria Callas pour ne citer qu’elles. Le livre vous permettra aussi de découvrir le diamant découvert au Lesotho en 2018 et qui a permis à la maison de joaillerie de réaliser la somptueuse collection Legend of Diamonds en taillant toutes ses pierres de centres dans un brut de 910 carats. Petit prix mais maxi résultat. Le tout porté par les mots ciselés de Vincent Meylan, journaliste spécialisé dans l’histoire de la joaillerie et dont les livres sont toujours un régal.

2- « Homo Lapidibus » (🇫🇷) – Anne de Jouvenel-Tugny – EdiSens – à partir de 19 euros

Il a fallu un mail puis un appel de l’autrice pour que le livre arrive sur mon bureau. 15 minutes à écouter Anne de Jouvenel-Tugny m’ont convaincu de lire son ouvrage. Il faut dire que son enthousiasme est assez communicatif. Avec Homo Lapidibus, elle se raconte et se dévoile au fil des 224 pages dans lesquelles elle raconte sa découverte des pierres, son apprentissage pour mieux les cerner, sa découverte des pays qui les produisent et des mines. L’histoire commence, comme souvent, par un coup du hasard. Suite au décès de sa mère, voilà l’autrice en quête d’expertises des bijoux de famille et elle attérit dans le bureau de Françoise Cailles où elle découvre que le lapis-lazuli d’un collier est en réalité du jaspe teinté, une matière si courante sur le marché et si souvent confondue avec d’autres, naturelles. En 1979, Brevet Professionnel de Gemmologue en poche (le diplôme d’état français), la voila qui devient professeur de gemmologie à l’ING, plus tard, elle deviendra conférencière au MNHN puis à Drouot Formation. L’ouvrage suit ses pérégrinations, entrecoupées d’anecdotes sur les pierres et le pourquoi de l’intérêt des hommes pour ces drôles de cailloux colorés. C’est toute une époque que raconte le livre. On y croise Hubert Lagache, Dina Level, Jean-Luc Martin du Daffoy ou Fred Samuel. Alors depuis le métier a beaucoup changé et pourtant il demeure le même. Une grande partie des personnes citées dans le livre ne sont plus, mais d’autres sont là, pérennisant leur travail et ajoutant leur pierre à un édifice qui pourrait avoir besoin d’une petite restauration mais qui possède de solides fondations. Alors, si vous avez envie de découvrir des histoires de gemmes légendaires et surtout, de passer un bon moment, rendez-vous chez votre libraire. Vous passerez un excellent moment, le livre se lit très vite, vous y apprendrez beaucoup de choses sur les pierres légendaires qui ont fait – et continuent de faire – briller les yeux des gemmologues. Les anciens, comme les plus jeunes, y trouveront leur compte !

3- « Chunghi Choo and her students, contemporary art and new forms in metal » (🇬🇧) – Jane Milosch (ed.) – Arnoldsche – A partir de 48 euros

Si vous aimez le métal, le travail expérimental, le renouvellement permanent, vous connaissez forcément – et vous aimez – le travail que mène Chunghi Choo. Née en 1938 à Inchon en Corée du Sud, elle deviendra citoyenne américaine en 1972 et elle réside à Iowa City dans l’Iowa. Depuis 2015, elle est professeur émérite de la School of Art and Art History de l’Université d’Iowa. Mais avant ça, que s’est-il passé ? Elle grandit sous l’occupation japonaise de la Corée, puis dans une ville sous contrôle américain dès 1945. La ville d’Inchon, à la frontière avec la Corée du Nord, subira d’important bombardement à l’automne 1950. Elle a 12 ans quand la Guerre de Corée débute. La famille Choo n’hésite pas à bouger et doit déménager plusieurs fois pour s’installer finalement à Séoul. Les Choo font partis d’une famille très ancienne et importante de Corée connue pour son implication artistique et philosophique. La famille est par ailleurs liée à la Dynastie chinoise Song dont la période de règne fut entre 960 et 1279. Formée à la Ewha Womans Université de Séoul entre 1957 et 1961, elle se spécialise dans un premier temps dans la peinture et la calligraphie. Elle y étudie avec deux artistes importants : Park No Soo et Lee Sang Bong.

Dès 1961, elle part au USA pour compléter son cursus et ajoute de la céramique, l’émail, l’art lapidaire, l’orfèvrerie (1962-1965), puis de l’electroforming (1971) et elle se forme également à la ciselure (1994). Peu avant la fin de ses études, elle part à New York pour un entretien d’embauche chez Tiffany & Co pour un poste d’orfèvre. Elle refusera et dira plus tard : « Durant la visite des ateliers, j’ai pu manipuler des pièces. J’ai examiné la qualité de la fabrication mais aussi savoir qui avait fabriqué les pièces. Rien n’y figurait à l’exception du poinçon de la marque. J’ai su alors que je ne voulais pas devenir un orfèvre anonyme.« 

Dès 1965, grâce à son professeur Richard Thomas, elle est recrutée pour enseigner le travail du métal, la bijouterie et les arts appliqués par l’University of Northern Iowa de Cedar Falls. Elle y découvre l’art textile et fera ses premières expérimentations sur ce médium. Son fil conducteur : la couleur. Puis elle prend la tête du département métal et bijoux dès 1968. Cela ne l’empêchera pas jusqu’en 1981 de donner des cours dans d’autres structures, son poste ne devenant un temps plein qu’à cette date. L’apprentissage de l’electroforming puis l’installation dès 1973 d’un poste de plaquage au cuivre lui ouvre un champs de recherches inégalé. C’est le début d’un chapitre important de sa vie et une véritable transition artistique pour Choo. Expositions et concours lui permettent de se faire connaitre de plus en plus. En 1974, une première pièce est acquise par le MET pour la Textile Study Room dont le conservateur de l’époque est Jean Mailey. Mais à la fin des années 70, elle bifurque vers l’orfèvrerie. Dès 1981, c’est son médium de travail à temps plein. Sa dernière réalisation textile sera pour John Deere, patron de l’entreprise éponyme encore en activité.

Le livre, remarquablement documenté, compte 384 pages et 450 illustrations. Il vous permettra de découvrir le destin de cette artiste internationalement reconnu dont le travail s’est aussi approché de la bijouterie. Mais surtout, vous vous immergerez dans les productions de ses étudiants dont beaucoup sont connus pour leur réalisations. Citons par exemple dans le domaine du bijou : Chieko Arai, Lonna Keller ou encore Jon Ryan dont j’aime particulièrement le travail. Ce livre est un ajout nécessaire à vos bibliothèques.

4- « Les Cartiers » (🇫🇷) – Francesca Cartier-Brickell – Les Arenes Eds. – A partir de 26,90 euros

Impossible de boucler cette première chronique sur les livres reçus ces derniers temps sans évoquer la publication en français du livre de Francesca Cartier Brickell – Les Cartiers – dans lequel elle revient sur l’histoire de sa famille et la maison éponyme depuis sa création jusqu’à sa vente en 1974. L’édition anglaise dont je vous ai parlé à de nombreuses reprises, ici ou sur Instagram, était déjà fabuleuse. J’avais adoré ! Mais l’édition française a quelque chose de plus car la maison est française et qu’il était nécessaire qu’il paraisse dans cette langue. Aussi, si vous ne l’avez pas encore et que vous cherchez un cadeau pour un amoureux des bijoux ou un étudiant, ne vous posez pas trop de questions et foncez. Nul doute que vous ferez forcément plaisir !

A bientôt !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.