Le trésor de Naples

A partir du 19 mars, le musée Maillol à Paris vous convie de venir admirer une collection qui mérite le qualificatif d’exceptionnelle car elle voyage pour la première fois hors de l’Italie. C’est dire si cette exposition sera très certainement courue. En effet, c’est la première fois que les joyaux de San Gennaro quittent Naples où ils sont conservés.

Affiche

San Gennaro, ou Saint-Janvier, est le saint patron de la ville de Naples. Il est mort en martyr à la suite des persécutions contre les chrétiens ordonnées par l’empereur Dioclétien qui régna entre 284 et 305 après Jésus-Christ. Fait étonnant, on raconte que le sang du martyr contenu dans deux ampoules, et désormais coagulé, se liquéfie plusieurs fois par an et que beaucoup de Napolitains considèrent les échecs de ce phénomène comme de sombres présages. Mais laissons la légende de coté.

L’histoire insolite de ce trésor trouve son origine entre 1526 et 1527, alors que la ville de Naples est touchée par la guerre et la peste noire. On raconte alors que les Napolitains supplient San Gennaro de leur venir en aide. Et le 13 janvier 1527, un contrat signé devant un notaire est établi entre le peuple de Naples et le saint, lequel est mort depuis plus de 1200 ans.

Ce contrat stipule que le saint devra protéger le ville et ses habitants des fléaux tels que les épidémies et les éruptions du Vésuve. En contrepartie, les Napolitains lui construiront une chapelle au sein de la cathédrale de la ville afin de l’honorer et lui constitueront un trésor. En 1601, on installe à Naples la Deputazione della real cappella del tesoro di San Gennaro. La “Députation”, institution laïque, est l’une des plus étonnantes et singulières organisations actives sur le territoire italien. Gardienne de la chapelle du saint, elle est constituée de douze membres, dix issus de la noblesse et deux issus du peuple. Et depuis quatre siècles, elle garantie l’inaliénabilité du trésor de San Gennaro constitué d’objets d’art d’une grande valeur, les reliques du saint, l’entretien de la chapelle. Elle veille en plus à la transmission de la tradition concernant l’histoire, le culte et le patrimoine du saint-patron de Naples.

Ainsi, ce qui rend ce trésor – qui est l’une des plus grande collection de joaillerie du monde – particulièrement étonnant, c’est son appartenance, non pas à de vieilles familles régnantes, à l’État italien ou à l’Église, mais au peuple tout entier de Naples.

Calice

Calice en or, argent, diamants, rubis et émeraudes, réalisé par l’orfèvre Michele Lofrano en 1761. Don du roi Ferdinand IV. Conservé au Musée du trésor de San Gennaro. Photo : Mattéo D’Eletto.

Ciboire

Ciboire en or, corail et malachite, réalisé en 1931 par Giovanni Ascione. Don d’Umberto II de Savoie. Conservé au Musée du trésor de San Gennaro. Photo : Mattéo D’Eletto.

Collier de San Gennaro

Le collier de San Gennaro est l’une des pièces les plus étonnantes de la collection. Sa création débute en 1679 quand la Députation décide de la fabrication d’un collier pour garnir le buste du saint. On utiliserait alors des bijoux donnés à San Gennaro et conservés dans la collection. La conception de la pièce est confiée à l’orfèvre Michele Dato. En 1732, on ajoute une ciappa, une sorte de fermoir, constituée de plusieurs émeraudes et diamants et placée au centre du collier. L’histoire lui ajoute de nombreux autres éléments et en 1833 c’est une broche qui vient compléter les deux rangs existants. La réalisation fut confiée à Mariano Imparato, orfèvre de confiance de la Députation. Conservé au Musée du trésor de San Gennaro. Photo : Mattéo D’Eletto.

Croix d'autelCroix d’autel, réalisée par un orfèvre napolitain inconnu vers 1707 selon les archives de la Députation. Elle est en argent, corail et filigrane doré. Don de Giovan Franscesco et Anna Lucrezia Spera. Conservée au Musée du trésor de San Gennaro. Photo : Mattéo D’Eletto.

Croix épiscopaleCroix épiscopale, réalisée vers 1878, en or, diamants et émeraudes. Don de Umberto Ier et de Marguerite de Savoie. Conservée au Musée du trésor de San Gennaro. Photo : Mattéo D’Eletto.

Mitre de San Gennaro

Mitre de San Gennaro, réalisée en 1713 par l’orfèvre Mattéo Treglia. Elle est réalisée en argent doré et constituée de 3326 diamants, 168 rubis, 198 émeraudes et 2 grenats. Pour la réalisation de cette pièce M. Treglia demande l’aide du Borglo degli Orefici, le quartier napolitain des orfèvres. Plusieurs pierres raviront les gemmologues : un grand rubis de Ceylan surnommé “Lave du Vésuve”, un diamant taille poire qui est historiquement l’un des premiers diamants taillés à 58 facettes et une collection superbe d’émeraudes. Conservée au Musée du trésor de San Gennaro. Photo : Mattéo D’Eletto.

L’exposition se tiendra à Paris jusqu’au 20 juillet 2014, je ne saurai que trop vous conseiller d’y aller. Mais un bon conseil, réservez bien vos billets à l’avance !

A bientôt  !

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