Trois expositions pour enrichir sa culture autour des pierres

Alors que se profilent pour la plupart d’entre vous les vacances d’été, et ce que vous soyez du mois de juillet ou plutôt du mois d’aout, il ne s’agit pas d’oublier pour autant sa culture bijou ou caillou. Je ne sais pas si l’été sera chaud mais ce qui est sur, c’est qu’il pleuve ou qu’il chauffe, il sera possible de se réfugier dans les musées pour allier l’utile à l’agréable. Aussi, je vous propose trois expositions à découvrir dès cet été et qui se prolongeront avec l’automne qui va arriver bien plus vite qu’on ne le pense!

While the summer holidays are looming for most of you, and whether you prefer the month of July or rather the month of August, it is not a question of forgetting its jewel or gemstone culture. I don’t know if the summer will be hot but what is certain is that it rains or it heats up, it will be possible to take refuge in museums to combine culture with pleasure. Also, I suggest three exhibitions to discover this summer and which will continue with the fall which will arrive much faster than you think!

1- « Pierres gravées » (« Engraved gems« ) – L’école des Arts Joailliers (Paris)

Différents camés et intailles visibles dans l’exposition. (1) Attribué à Dioscoride, début du Ier siècle ap. J.-C. L’empereur Auguste. Intaille en rubis. Collection Guy Ladrière. (2) Egypte, IIe siècle av. J.-C. Cléopâtre Ire. Camée en sardonyx sur une bague moderne en or. Collection Guy Ladrière. (3) Italie, fin du XVe siècle. Chasse au sanglier, d’après l’antique. Camée en sardonyx monté en enseigne. Collection Guy Ladrière. Photos : l’École des Arts Joailliers

Various cameos and intaglios visible in the exhibition. (1) Attributed to Dioscorides, early 1st century AD. AD Emperor Augustus. Ruby intaglio. Guy Ladriere collection. (2) Egypt, 2nd century BC. AD Cleopatra I. Sardonyx cameo on a modern gold ring. Guy Ladriere collection. (3) Italy, late 15th century. Wild boar hunt, according to the antique. Sardonyx cameo mounted as a sign. Guy Ladriere collection. Photos : L’École School of the jewelry arts

Depuis le 12 mai et jusqu’au 1er octobre 2022, l’École des Arts Joailliers avec le soutien de Van Cleef & Arpels célèbre l’art de la glyptique au travers d’une exposition en entrée libre sur réservation. Qu’il soit en relief – on parle alors de camées – ou en creux – il s’agit alors d’intaille – l’art des pierres gravées fascine autant qu’il questionne. Aimé ou détesté, le camée est un élément indissociable de l’histoire de la parure depuis des millénaires. L’exposition de la collection privée de Guy Ladrière (marchand d’art spécialiste des arts premiers et de l’art médiéval) est l’occasion de découvrir plus de 200 pièces dont des intailles grecques et néoclassiques, des camées antiques et médiévaux, des petites sculptures d’époque impériale, des bagues signets mérovingiennes ou encore des anneaux épiscopaux encore jamais présentés au grand public. D’un point de vue plus personnel, cette très jolie exposition m’a réconcilié avec les camées et m’a permis de mieux les appréhender. Cet événement se complète d’un très beau livre publié en coédition par L’École des Arts Joaillier et la maison d’éditions Mare&Martin. Écrit par Philippe Malgouyres (historien de l’art et conservateur en chef du patrimoine au Département des Objets d’Art du musée du Louvre depuis 1997), ce très bel ouvrage de 304 pages est proposé au prix de 49 euros. Il est disponible sur le site de l’exposition, rue Danielle Casanova, et dans toutes les bonnes librairies.

From May 12 to October 1, 2022, the École des Arts Joailliers with the support of Van Cleef & Arpels celebrates the art of glyptics through an exhibition with free entry upon reservation. Whether in relief – we then speak of cameos – or hollow – it is then a question of intaglio – the art of engraved stones fascinates as much as it questions. Loved or hated, the cameo has been an inseparable part of the history of finery for millennia. The exhibition of the private collection of Guy Ladrière (art dealer specializing in tribal and medieval art) is an opportunity to discover more than 200 pieces including Greek and neoclassical intaglios, ancient and medieval cameos, small sculptures from the imperial period, Merovingian signet rings or episcopal rings never before presented to the general public. From a more personal point of view, this very attractive exhibition reconciled me with cameos and allowed me to better understand them. This event is complemented by a very beautiful book published in co-edition by L’École des Arts Joaillier and the publishing house Mare&Martin. Written by Philippe Malgouyres (art historian and chief curator of heritage in the Department of Works of Art at the Louvre Museum since 1997), this very beautiful 304-page book is offered at the price of 49 euros. It is available at the exhibition site, rue Danielle Casanova, and in all good bookstores.

2- « Secrets de la Terre » – Musée des Confluences (Lyon)

Quelques spécimens présentés dans l’exposition du Musée des Confluences de Lyon. (1) Cérusite, minerai secondaire de plomb, Namibie, Oshikoto, Tsumeb. (2) Macle de spinelle, Viêtnam, Yên Bái, Luc Yên. (3) Cuivre natif, États-Unis, Michigan. (4) Bauxite, minerai d’aluminium Guinée, chaîne du Niandan – Banier. (5) Pyrite, Pérou. Photos : Musée des Confluences – François Vigouroux

Some specimens presented in the exhibition at the Musée des Confluences in Lyon. (1) Cerussite, secondary lead ore, Namibia, Oshikoto, Tsumeb. (2) Spinel Macle, Vietnam, Yên Bái, Luc Yên. (3) Native copper, USA, Michigan. (4) Bauxite, Guinea aluminum ore, Niandan – Banier chain. (5) Pyrite, Peru. Photos: Confluence Museum – François Vigouroux

Avec près de 10,000 spécimens, la collection de minéraux du Musée des Confluences est l’une des plus plus grandes collections publiques de minéraux, roches et gemmes de France. Constituée dès le XIXe siècle, elle s’enrichit de manière importante avec l’apport de différents minéralogistes dont Alexis Chermette qui lègue la totalité de sa collection en 1996. Avec l’exposition « Secrets de la Terre », le musée de Lyon souhaite mettre en évidence ce très bel ensemble en expliquant le rôle des minéraux dans toutes les facettes de notre vie quotidienne. Que ce soit pour fabriquer des outils, des objets divers ou nos immeubles, les pierres, les roches, les gemmes, les métaux sont absolument partout autour de nous. S’il est intéressant de questionner leur exploitation, il est nécessaire de s’interroger sur leur raréfaction et sur les solutions qui existent pour les préserver et imaginer des solutions de remplacement. L’exposition propose dont un cheminement allant de la formation des minéraux, à leurs propriétés particulières, puis à leur exploitation et à l’utilisation de ceux-ci dans des objets usuels. Parallèlement à cette présentation, le musée s’emploie à présenter deux ensembles qui font la renommée de sa collection : les azurites de Chessy qui ont été trouvées à seulement 25 km de Lyon et surtout les 1500 fluorites du fonds Chermette. Vous avez jusqu’au 22 octobre 2022 pour aller découvrir cette exposition et ce serait bien dommage de la manquer!

With nearly 10,000 specimens, the Musée des Confluences mineral collection is one of the largest public collections of minerals, rocks and gems in France. Established in the 19th century, it was significantly enriched with the contribution of various mineralogists, including Alexis Chermette, who bequeathed his entire collection in 1996. With the « Secrets of the Earth » exhibition, the Lyon museum wishes to highlight this beautiful ensemble by explaining the role of minerals in all facets of our daily lives. Whether it is to make tools, various objects or our buildings, stones, rocks, gems, metals are absolutely everywhere around us. If it is interesting to question their exploitation, it is necessary to question their scarcity and the solutions that exist to preserve them and imagine replacement solutions. The exhibition therefore proposes a journey from the formation of minerals, to their particular properties, then to their exploitation and their use in everyday objects. At the same time as this presentation, the museum is working to present two sets that have made its collection famous: the azurites from Chessy, which were found just 25 km from Lyon, and above all the 1,500 fluorites from the Chermette collection. You have until October 22, 2022 to discover this exhibition and it would be a shame to miss it!

3- « René Just Haüy » – Collection de Minéraux de Sorbonne Université (Paris)

Avez-vous noté que l’année 2022 est « l’année de la minéralogie » ? Non ? Aussi, dans ce contexte, de nombreux musées proposent des événements mettant en avant cette thématique. A Paris, la collection de Minéraux de Sorbonne Université vient d’inaugurer une exposition dédiée au père de la cristallographie : M. René-Just Haüy. Elle est visible jusqu’au 31 décembre 2022. L’exposition s’attache à vous raconter sa vie, son éducation et sa découverte de la minéralogie à la fin du XVIIIe siècle alors qu’il a près de 35 ans. Les gemmologues le connaissent bien car, après le clivage de la calcite, il propose la théorie de la « molécule intégrante » qui lui permettra de d’expliquer les différentes formes de cristallisation des minéraux. Et de ces formes découlent des propriétés optiques qui permettent de les identifier en gemmologie classique. L’exposition est riche en objets et en documents graphiques permettant de replacer Haüy dans son époque et les contradictions scientifiques de celle-ci. Alors pour le découvrir ou le redécouvrir, rendez-vous place Jussieu, l’exposition vaut le détour et la collection de minéraux aussi car c’est indéniablement l’une des plus belles de Paris avec celles conservées au MNHN et à l’Ecole des Mines.

Have you noticed that the year 2022 is « the year of mineralogy »? Nope ? Also, in this context, many museums offer events highlighting this theme. In Paris, the Sorbonne University Minerals collection has just inaugurated an exhibition dedicated to the father of crystallography : Mr. René-Just Haüy. It is visible until December 31, 2022. The exhibition aims to tell you about his life, his education and his discovery of mineralogy at the end of the 18th century when he was almost 35 years old. Gemologists know him well because, after the cleavage of calcite, he proposes the theory of the « integrating molecule » which will allow him to explain the different forms of crystallization of minerals. And from these shapes derive optical properties that allow them to be identified in classical gemology. The exhibition is rich in objects and graphic documents allowing Haüy to be placed back in his time and its scientific contradictions. So to discover or rediscover him, go to the Jussieu square, the exhibition is worth the detour and the collection of minerals too because it is undeniably one of the most beautiful in Paris with those kept at the MNHN and the School of Mines.

A bientôt!

See you soon!

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