The Jewellery quarter de Birmingham

Depuis le mois de juin 2014, une exposition a débuté à Birmingham et elle a pour objectif de vous faire mieux connaitre le Jewellery quarter de cette ville. En effet, peu de gens savent que la ville fut un haut de la fabrication joaillière anglaise au XIXe. Mais avant de vous parler un peu plus en détails de cet événement, quelques précisons historiques s’imposent.

  • 1- Le Jewellery quarter Museum et l’histoire de ce quartier

 La présence d’orfèvres est attestée dans ce quartier dès le XVIe siècle, mais l’explosion du développement de ce quartier arrive au XVIIIe pour prendre tout son sens au XIXe siècle. La ville est un véritable centre industriel, et de nombreux fabricants vont s’installer afin de créer pin’s, boutons de manchettes, et divers petits objets en métal dont des jouets. Le quartier se fait aussi connaitre pour ses ateliers qui vont pouvoir fournir des prestations spécifiques aux fabricants, tel la dorure sur métal. À la fin du XVIIIe, on recense 26 bijoutiers dans le secteur, tout métiers confondus et tout niveaux de fabrications aussi, du fantaisie à la joaillerie plus classique.

Au début du XIXe, on note la présence exacte de 12 ateliers de fabrication de bijouterie qui emploient presque 400 personnes. On parle bien, ici, d’ateliers employant des matières plus précieuses que le recensement de la fin du XVIIIe.

On estime qu’au cours du XIXe siècle et jusqu’au début du XXe, c’est plus de 30.000 personnes qui travaillent dans le quartier, et que les ateliers produisent environ 40 % des bijoux vendus en Angleterre. Parallèlement à cela, il semble que le quartier fut l’un des centres de garantie les plus importants dans le monde, où l’on note l’installation d’un bureau des marques dès 1773. On parle de 12 millions de pièces garanties dans l’année. Si ce chiffre me laisse perplexe, il n’est pas non plus improbable.

Jq_mapPlan du quartier de le joaillerie de Birmingham. Photo : Wikipédia

Parmi les dates importantes du quartier, on note entre autres :

  • 1825 : naissance de The Birmingham and Staffordshire Gas Light Company, elle fournira dès 1832 des bouteilles de gaz qui permettront en 1840, d’affirmer que tous les bijoutiers peuvent alimenter les chalumeaux.
  • 1845 : une délégation de joailliers se rend à Buckingham Palace afin de rencontrer la reine Victoria et son époux. Ils offriront un ensemble de bijoux destiné à montrer le savoir-faire des manufactures du quartier. Les pièces furent fabriquées par Thomas Aston. À cette époque, cette délégation affirmera que 5000 familles dépendent de la bonne santé économique du quartier.
  • Mi-XIXe : le quartier représente le secteur économique le plus lucratif pour la ville.
  • Dès 1855 : La Parkesine, qui est la première « résine » inventé par l’homme, le fut dans ce quartier. Elle est fabriquée par M. Parkes à partir de fibres de coton dissoutes dans de l’acide nitrique et sulfurique puis mélangées à des huiles végétales. Hautement inflammable, elle sera finalement oubliée.
  • 1890 : création de la School of Jewellery and Silversmithing 
  • 1914 : Plus de 30.000 personnes travaillent dans le quartier
  • À partir de 1920 : déclin du quartier

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Éléments fabriqués en Parkesine entre 1855 et 1891. Photo : © Science Museum / Science & Society Picture Library

Au cours du XXe siècle, plusieurs initiatives tacheront de relancer le quartier, mais rien  n’y fera. En 1965, 8000 personnes travaillent dans les rues du quartier, puis on n’en dénombre plus que 4000 en 1985. Dans les années 90, le quartier connait un fort programme de rénovation urbaine.

Quand la compagnie Smith & Pepper ferme en 1981, elle laisse sur place archives et surtout matériels et machines. Neuf ans plus tard, c’est un musée qui s’ouvre au public et qui propose aux visiteurs de s’immerger dans l’histoire de ce haut lieu de la fabrication joaillière anglaise.

mjqworkshops20100091 mjqworkshops201000791Photos présentant l’intérieur du musée. On peut ainsi y découvrir les anciennes machines qu’utilisaient les ouvriers. Photo :Birmingham Museums and Art Gallery

  • 2- L’exposition

Le but de l’exposition – qui se tient jusqu’en juin 2015 – est de cibler sur l’histoire du quartier durant la première guerre mondiale. Comme nous le disions plus haut, avant la guerre le quartier emploie plus de 30.000 personnes. Mais à la fin de la guerre, plus de 200 cents maisons auront fermé leurs portes et de nombreux employés seront au chômage.

Le but du musée est de vous montrer comment le quartier s’est néanmoins adapté à ces bouleversements. Au travers de nombreux documents d’archives, il vous propose d’explorer la production de plusieurs manufactures de l’époque. Enfin, il vous emmène à la rencontre des femmes qui ont – comme en France – pris le relais avec le départ des hommes pour le front.

Si vous allez en Angleterre dans les semaines / mois à venir, je ne peux que vous encourager à aller visiter cette exposition.

Museum of the Jewellery Quarter

75-80 Vyse Street, Hockley, Birmingham, B18 6HA
0121 348 8140

À bientôt

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