Fabergé, une éternelle légende russe

RSS
Follow by Email
Facebook
Twitter
LinkedIn

Le 15 décembre dernier, à Istra (Russie), au Musée du monastère de la Nouvelle Jérusalem, ouvrait une exposition consacrée à l’histoire de la maison Fabergé. Si la Russie a déjà proposé de nombreux événements autour du maître de l’émail, il s’agit – cette fois-ci – d’une rétrospective principalement historique dont le but est de clarifier, pour les visiteurs et les passionnés de cette maison, le fonctionnement exact depuis sa création en 1842 jusqu’à sa fermeture en 1918. Une histoire aussi riche que mouvementée à découvrir jusqu’au 24 mars 2019.

The last 15th of December, in Istra (Russia) at the Museum of the Monastery of New Jerusalem, an exhibition dedicated to the history of the Fabergé house have been opening. If Russia has already proposed many events around the master of the enamel, this is a mainly historical retrospective mainly whose purpose is to clarify, for visitors and enthusiasts of this house, the exact operation since its creation in 1842 until its closure in 1918. A story that is as rich as it is eventful. You can discover it until March 24, 2019.

fabergé, nouvelle jérusalem, istra

Tiare de l’impératrice. Or, diamants. La maison Fabergé, atelier de Perkhin, Saint-Pétersbourg, 1880. Musée Fabergé, Baden-Baden. Tiara of the Empress. Gold, diamonds. The Fabergé House, Perkhin’s Workshop, St. Petersburg, 1880. Fabergé Museum, Baden-Baden. Photo : Musée de la Nouvelle Jérusalem


« … Quand je compare des entreprises comme Tiffany, Boucheron ou Cartier à la mienne, il apparait qu’ils possèdent plus de pièces de joaillerie que je ne peux en produire… Aussi, ils peuvent produire un collier dont le prix de vente sera de 1,5 millions de roubles… Mais, ce sont des négociants pas des créateurs de bijoux. Une pièce ne m’intéresse pas si sa valeur dépend seulement du nombre de diamants ou de perles que l’on trouve dessus… »

“… When comparing such companies as Tiffany, Boucheron and Cartier to my business, it turns out that they have more jewellery pieces than I do… They can offer a necklace for sale cost 1500000 rubles… But they are traders, not jewellery designers. I am not interested in a workpiece if its value lies solely in a number of mounted diamonds and pearls…”

Carl Fabergé


fabergé, nouvelle jérusalem, istra

Ensemble de lièvres. La maison Fabergé. Russie, Moscou, 1894. Musée Fabergé, Baden-Baden. Set of hares. The Fabergé house. Russia, Moscow, 1894. Fabergé Museum, Baden-Baden. Photo : Musée de la Nouvelle Jérusalem

1- 80 ans d’une histoire méconnue / Quite 80 years of an unknown history

Pour beaucoup de gens, l’histoire de la maison Fabergé se limite aux célèbres œufs édités par l’atelier pour la famille impériale de Russie. Mais, en réalité, l’histoire commence au milieu du XIXe siècle avec Gustav Fabergé lorsque celui-ci installe en 1842 son atelier de joaillerie à Saint-Petersbourg. Installé dans la rue Bolshaya Morskaya, il va assez vite connaitre un certain succès et ce pour deux raisons essentielles : l’atelier est situé dans l’un des quartiers les plus luxueux de la ville et les productions de G. Fabergé suivent parfaitement la mode, s’adaptant ainsi aux goûts pointus de la société aristocratique russe.

For many people, the history of the Fabergé house is limited to the famous eggs produced by the workshop for the Russian imperial family. But, in reality, the story begins in the middle of the nineteenth century with Gustav Fabergé when he installed in 1842 his jewelry workshop in St. Petersburg. Located in the Bolshaya Morskaya street, it will soon have some success and this for two main reasons : the workshop is located in one of the most luxurious areas of the city and the productions of G. Fabergé perfectly follow the fashion, thus adapting to the sharp tastes of Russian aristocratic society.

fabergé, nouvelle jérusalem, istra

Broche. La maison Fabergé, atelier de Guryanov. Russie, Saint-Pétersbourg, 1899-1904. Or, grenats. Musée Fabergé, Baden-Baden. Brooch. The Fabergé house, Guryanov’s workshop. Russia, St. Petersburg, 1899-1904. Gold garnets. Fabergé Museum, Baden-Baden. Photo : Musée de la Nouvelle Jérusalem

En 1864, Peter-Carl Fabergé rejoint l’entreprise de son père puis en prendra la direction dès 1872. C’est avec lui que l’atelier va connaitre un très important développement. A partir de 1882, les récompenses pleuvent sur l’atelier qui deviendra, premièrement, « Fournisseur du Tsar » puis « Expert de sa Majesté Impérial » et « Bijoutier de la cour du Roi de Suède et de Norvège ». Dès 1911, il devient enfin « Joaillier de la Cour Impériale de Russie ». 1887 voit l’ouverture d’un atelier à Moscou puis les inaugurations s’enchainent progressivement : Odessa (1900), Londres (1903) et Kiev (1905). En 1900, il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur par le gouvernement français.

In 1864, Peter-Carl Fabergé joined the company of his father and then took over in 1872. It is with him that the workshop will know a very important development. From 1882, the rewards rained down on the workshop that became, first, « Supplier to the Court of His Imperial Majesty » then « Appraiser of His Imperial Majesty » and « Goldsmith of the Court of the King of Sweden and Norway ». In 1911, he finally became « Jeweler of the Imperial Court of Russia ». 1887 sees the opening of a workshop in Moscow and then inaugurations are gradually linked : Odessa (1900), London (1903) and Kiev (1905). In 1900, he was made Knight of the Legion of Honour by the French government.

fabergé, nouvelle jérusalem, istra

Œuf de Pâques impérial « Constellation du Tsarévitch ». La maison Fabergé, atelier de Vigstrem. Russie, Petrograd, 1917. Poinçons: H.W. Or, diamants, strass, verre, jade. Musée Fabergé, Baden-Baden. Imperial Easter egg « Constellation of the Tsarevich ». The Fabergé house, Vigstrem workshop. Russia, Petrograd, 1917. Hallmarks: H.W. Gold, diamonds, rhinestones, glass, jade. Fabergé Museum, Baden-Baden. Photo : Musée de la Nouvelle Jérusalem

Cette histoire familiale se terminera en 1918 avec la Révolution Russe et l’assassinat politique de la famille impériale par les Bolchéviques. Durant toute son existence, l’atelier aura vu passer nombre de membres de la famille Fabergé à l’image des méconnus : Agathon Fabergé, Eugène Fabergé (St-Petersbourg), Agathon Carl Theodor Fabergé (St-Petersbourg), Alexander Julius Fabergé (Moscou) et Nicholas Fabergé (Londres).

This family history will end in 1918 with the Russian Revolution and the political assassination of the imperial family by the Bolsheviks. Throughout its life, the workshop has seen many members of the Fabergé family like : Agathon Fabergé, Eugène Fabergé (St. Petersburg), Agathon Carl Theodor Fabergé (St. Petersburg), Alexander Julius Fabergé ( Moscow) and Nicholas Fabergé (London).

fabergé, nouvelle jérusalem, istra

Un étui à cigarettes. Atelier Ruckert, Russie, Moscou. 1899-1908. Argent, émail cloisonné. Musée Fabergé, Baden-Baden. A cigarette case. Ruckert Workshop, Russia, Moscow. 1899-1908. Silver, cloisonné enamel. Fabergé Museum, Baden-Baden. Photo : Musée de la Nouvelle Jérusalem

Carl Fabergé s’était rendu compte que ni ses fils ni lui n’avaient d’avenir en Russie. En 1918, le bijoutier partit à l’étranger avec sa famille et mourut en 1920 en Suisse. Nicolas Fabergé a vécu et travaillé dans la succursale londonienne de la Maison Fabergé. Ses fils – Eugène et Alexander émigrèrent à Paris en 1923 où ils fondèrent «Fabergé & Cie». Agathon est le dernier des fils de Carl Fabergé à fuir de l’Union soviétique en Finlande en décembre 1927. Il travaillait comme commissaire au Gokhran (Dépôt de l’État des Métaux précieux du Commissariat du Peuple pour les Finances) et évaluateur depuis 1922. Il vivra de la vente d’une partie de sa riche collection de timbres.

Carl Fabergé realised that neither his sons nor himself had a future in Russia. In 1918, the jeweller went abroad with his family and died in 1920 in Switzerland. Nicolas Fabergé lived and worked in London branch office of the House of Fabergé. His sons – Eugène and Alexander emigrated to Paris in 1923 where they founded “Fabergé & Cie”. Agathon was the last of the Carl Fabergé’s sons to flee from the Soviet Union to Finland in December 1927, he had worked as a commissioner of Gokhran and appraiser since 1922. He was living off the sale of part of his richest stamp collection.

fabergé, nouvelle jérusalem, istra

Kovsh avec un aigle impérial. Atelier de Lyubavin. Russie, Saint-Pétersbourg, Russie, 1899 – 1904. Argent, dorure, émail cloisonné. Musée Fabergé, Baden-Baden. Kovsh with an imperial eagle. Lyubavin workshop. Russia, St. Petersburg, Russia, 1899 – 1904. Silver, gilding, cloisonné enamel. Fabergé Museum, Baden-Baden. Photo : Musée de la Nouvelle Jérusalem

2- Des chefs d’ateliers qui ont fait la renommée de la maison / Workshop leaders who have made this house really famous

Les archives de la maison nous permettent de bien connaitre les différents chefs d’ateliers qui ont émaillé l’histoire de la maison. Regardons donc comment les deux principales succursales de Saint-Pétersbourg et Moscou ont fonctionné.

The archives of the house allow us to know the various workshop leaders who have enamelled the history of the house. So let’s look at how the two main branches of St. Petersburg and Moscow worked.

L’atelier et le magasin principal ainsi que le bureau se trouvaient dans la maison de Carl Fabergé, construite en 1900 dans la rue Bolchaïa Morskaïa. À cette époque, la société fabriquait plus de 1000 articles différents chaque année et employait environ 500 orfèvres, bijoutiers, peintres en émail et sculpteurs sur pierre.

The main jewelry production, the head store and the office were in the Carl Fabergé’s own house, built in 1900 on Bolshaya Morskaya Street. By that time, the firm was manufacturing more than 1000 various items annually, which were made by about 500 goldsmiths, jewellers, enamel painting artists and stone carvers.

fabergé, nouvelle jérusalem, istra

Un service de vodka de vingt-cinq articles : deux pichets, douze bases en argent, dix tasses en cristal et un plateau. La maison Fabergé. Russie, Moscou, 1895. Argent, dorure, cristal. Musée Fabergé, Baden-Baden. A vodka service of twenty-five items: two pitchers, twelve silver bases, ten crystal cups and a tray. The Fabergé house. Russia, Moscow, 1895. Silver, gilding, crystal. Fabergé Museum, Baden-Baden. Photo : Musée de la Nouvelle Jérusalem

Les plus beaux objets en or conçus par Fabergé ont été créés dans l’atelier de Michael Perkhin et ensuite chez Henrik Wigström. Les objets exceptionels en diamant ont été produits dans les ateliers d’August Holmström et d’August Hollming. L’atelier de Julius Rappoport a été le premier à se spécialiser dans l’argenterie.

The best gold items designed by Fabergé were created in Michael Perkhin’s workshop and in Henrik Wigström’s afterwards. The outstanding diamond objects were produced in August Holmström’s and August Hollming’s workshops. The workshop of Julius Rappoport was the first one to specialise in silverware.

La succursale moscovite de la maison Fabergé (usine et magasin) fonctionna de 1887 à 1918. L’usine de Moscou était principalement connue pour sa production d’articles en argent, notamment de vaisselle. Certains designers de la branche moscovite méritent d’être mentionnés, tels que Ivanov, Clodt Ier, Clodt II, Balashev, Borisov, Lieberg, Abradushkin, Andrianov et l’un des principaux maîtres-ouvriers Alexander Julius Fabergé, le fils cadet de Peter Carl Fabergé, devenu chef de la maison. Il y avait aussi des sculpteurs, tels que Sokolov, Shishkina et Cheshuin, Kulesha et le graveur Konstantinov. Sazikov et Chepurnov ont, eux, géré la fabrique.

The Moscow branch of the House of Fabergé (factory and store) operated from 1887 till 1918. The Moscow factory was mostly famous for its production of silver items, including dishware. Some designers of the Moscow branch are worth mentioning, such as Ivanov, Clodt I, Clodt II, Balashev, Borisov, Lieberg, Abradushkin, Andrianov and also one of the main workmasters Alexander Julius Fabergé, Peter Carl Fabergé’s younger son, who later became the head of the House. There were sculptors as well, such as Sokolov, Shishkina and Cheshuin, Kulesha and the engraver Konstantinov. Sazikov and Chepurnov managed the factory.

fabergé, nouvelle jérusalem, istra

Coffret du Cabinet de Sa Majesté Impériale. La maison Kehli. Russie, Saint- Pétersbourg, jusqu’en 1898. Or, diamants, émail sur fond guilloché. Musée Fabergé, Baden-Baden. Box from His Imperial Majesty’s Cabinet. The Kehli house. Russia, St. Petersburg, until 1898. Gold, diamonds, enamel on a guilloche background. Fabergé Museum, Baden-Baden. Photo : Musée la Nouvelle Jérusalem

3- Reconnaitre une pièce signée Fabergé / How to recognize a Fabergé piece ?

Pour avoir déjà admiré de remarquables faux Fabergé, dont un petit œuf parfaitement convaincant, je n’aurai pas la prétention de répondre entièrement à cette question. L’exposition de la Nouvelle Jérusalem non plus. Cela dit, elle donne quelques pistes de reflexion intéressantes au sujet des objets produits par cette célèbre maison. Ainsi, vous pouvez retenir que :

For having already admired remarkable fake Fabergé, including a small egg perfectly convincing, I will not pretend to answer entirely to this question. The exhibition of New Jerusalem either. That said, This gives some interesting facts on the objects produced by this famous house. So, you can remember that :

  • Les écrins d’origine portant l’inscription « Kiev » appartiennent à des pièces fabriquées entre 1905 et 1910.
  • The original cases bearing the word “Киев” (Kiev) belonged to workpieces manufactured from 1905 to 1910.
  • Une pièce Fabergé peut, possiblement, être considérée comme authentique si elle porte le poinçon datant entre 1908-1927 et qu’elle a un écrin inscrit « Moscou – Saint-Pétersbourg » sous le blason impérial.
  • A Fabergé workpiece should be considered forged if it bears a hallmark of 1908-1927 and has a case with the stamp “Москва – С.-Петербург” (Moscow – St. Petersburg) under the Imperial coat of arms.
  • Une pièce Fabergé peut être possiblement considérée authentique si elle possède les poinçons des années 1873-1927 et qu’elle possède un écrin estampillé « G. Fabergé ».
  • A Fabergé workpiece should be considered forged if it bears hallmarks of 1873-1927 and has a case with the inscription “G. Fabergé”.
  • Une pièce Fabergé peut être possiblement considérée authentique si elle possède un poinçon antérieur à 1899 et qu’elle possède un écrin où figure un des mots suivants : Odessa, Londre, Kiev ou Petrograd (Saint-Petersbourg).
  • A Fabergé workpiece should be considered forged if it bears hallmarks of earlier than 1899 and has a case with the stamp containing one of the following words “Одесса” (Odessa), “Лондон” (London), “Киев” (Kiev) or “Петроград” (Petrograd).

fabergé, nouvelle jérusalem, istra

Broche Papillon. 1895-1896. Russie, La maison Fabergé. Musée Fabergé, Baden-Baden. Butterfly brooch. 1895-1896. Russia, The Fabergé House. Fabergé Museum, Baden-Baden. Photo : Musée de la Nouvelle Jérusalem

L’exposition offre ainsi au regard des visiteurs quelques 400 objets appartenant aux collections du musée Fabergé de Baden-Baden (Allemagne), du musée de l’Ermitage, de la réserve muséale d’État de Peterhof, du musée d’histoire historique, du musée d’art russe décoratif, appliqué et folklorique et du musée national russe. Bien sur, vous y découvrirez également des objets issus de collections privées.

The exhibition offers to visitors some 400 objects from the collections of the Fabergé Museum in Baden-Baden (Germany), the Hermitage Museum, the Peterhof State Museum Reserve and the Museum of Historical History. the Museum of Decorative, Applied and Folk Russian Art and the Russian National Museum. Of course, you will also discover objects from private collections.

Cet événement n’a pas forcément pour objectif de présenter les objets les plus onéreux ni les plus spectaculaires ; mais bien de couvrir toute la richesse des productions des ateliers de la maison. Cela dit vous pourrez y admirer « L’œuf impérial de Pâques » fabriqué à partir de bouleau de Carélie (1917). Il s’agit de la dernière pièce réalisée et présentée à la famille royale par Fabergé. En outre, il sera possible d’admirer l’œuf de Pâques de la “Constellation » du tsarévitch Alexei, destiné à être présenté à l’impératrice Alexandra Feodorovna à Pâques 1917. Mais également la broche «Butterfly» (1896), présenté par l’empereur Nicolas II à l’actrice Maria Ermolova.

This event is not necessarily intended to present the most expensive objects or the most spectacular ; but to cover all the richness of the productions of the in-house workshops. That said you can admire « The Easter Egg » made from Karelian birch (1917). This is the last piece made and presented to the royal family by Fabergé. In addition, it will be possible to admire the egg of the « Imperial Blue Tsarevich Constellation Egg », ​​intended to be presented to the Empress Alexandra Feodorovna at Easter 1917. But also the brooch « Butterfly » (1896), presented by Emperor Nicholas II to the actress Maria Ermolova.

fabergé, nouvelle jérusalem, istra

Œuf impérial de Pâques avec support et clé à enroulement dans l’étui original avec les armoiries impériales. La maison Fabergé, atelier de Vigstrem. Russie, Petrograd, 1917. Bouleau de Carélie, or, saphir (clé d’une surprise : or, argent, diamants, émail, acier). Musée Fabergé, Baden-Baden. Imperial Easter egg with stand and roll-up key in original case with imperial coat of arms. The Fabergé house, Vigstrem workshop. Russia, Petrograd, 1917. Karelian birch, gold, sapphire (key to a surprise: gold, silver, diamonds, enamel, steel). Fabergé Museum, Baden-Baden. Photo : Musée de la Nouvelle Jérusalem

Aussi, si vous prévoyez de vous rendre en Russie avant fin mars 2019, ne manquez cette exposition située à 60km de Moscou. Ce bel événement nécessite obligatoirement un détour !

Also, if you plan to visit Russia before the end of March 2019, do not miss this exhibition located 60 km from Moscow. This beautiful event requires a detour !

A bientôt !

See you soon !

RSS
Follow by Email
Facebook
Twitter
LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.