L’Art du Piqué italien s’expose chez J. Kugel à Paris

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A partir du 12 septembre jusqu’au 8 décembre 2018, la célèbre et réputée galerie parisienne J. Kugel exposera un ensemble rare de pièces en écaille, nacre et or datant des années 1720 à 1760 dont la table de Sarao, prêtée pour la première fois par le Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Retour sur une technique bien particulière qui a su charmer les puissants d’Europe.

From September 12 to December 8, 2018, the famous and refined J. Kugel Gallery will exhibit a rare set of tortoise shell, mother-of-pearl and gold pieces dating from the 1720s to 1760s, including the Sarao table, lent for the first time by the Hermitage Museum in St. Petersburg. Back on a particular technique that has charmed the powerful European families.

J. Kugel, Complétement Piqué

Nicolas et Alexis Kugel. Photo : J. Kugel

L’Art du Piqué, car il s’agit bien d’un art avec un grand A, est une technique d’ornementation sur objets qui a caractérisé, entre autres, l’ébénisterie italienne et européenne à partir de la fin du XVIIe siècle. Mais cette technique a aussi été utilisée en joaillerie au cours du XIXe siècle. Bien connue des artisans qui travaillaient l’écaille de tortue et l’ivoire, cet art consistait à inclure des fils de laiton, d’argent ou d’or dans la matière préalablement chauffée puis à araser et repolir le tout. Pour un résultat particulièrement surprenant de beauté. On parlait d’ailleurs de Posé d’Or quand il s’agissait d’inclure des pièces plates et de Clouté d’Or quand il était question de petits clous pour ornementer les objets. En réalité, c’est souvent un mélange de ces trois techniques qu’il nous est donné de contempler sur les objets qui ont eu la chance de nous parvenir.

The Art of Pique, because it is indeed an art with a large A, is a technique of ornamentation on objects that has characterized, among others, the Italian and European cabinetmaking from the late seventeenth century . But this technique was also used in jewelry during the nineteenth century. Well known to craftsmen who worked with tortoiseshell and ivory, this art consisted of including brass, silver or gold threads in the previously heated material and then stoning and repolishing the whole. For a particularly surprising result of beauty. We also talked about Posé d’or when it came to include flat pieces and Clouté d’or when it came to small nails to ornament objects. In reality, it is often a mixture of these three techniques that we are allowed to contemplate on objects that have been lucky enough to reach us.

J. Kugel, Complétement Piqué

Aiguière de forme contournée à décor de lambrequins. Écaille piquée d’or et de nacre signée en haut de l’anse : GS FN. par Giuseppe Sarao, Naples, vers 1735-1745. Provenance : Baron Henri de Rothschild (1872-1947). Elaborately shaped ewer with pelmet motifs. Tortoiseshell piqué
with gold and mother-of-pearl. Signed above the handle : GS FN. Giuseppe Sarao, Naples, circa 1735-1745. Provenance : Baron Henri de Rothschild (1872-1947). Photo : J. Kugel

La technique se développe plus tardivement sur la joaillerie. On connait quelques admirables exemples sur des colliers, des bracelets et des boucles d’oreilles datant de l’époque victorienne.  C’est d’ailleurs en Angleterre que la technique se développe le plus en parallèle de l’utilisation des cheveux pour les bijoux de sentiments. Parmi les très belles pièces que j’ai gardé en mémoire se trouve la paire de boucles d’oreilles que je vous présente ci-dessous :

The technique develops later on jewelry. We know some wonderful examples on necklaces, bracelets and earrings dating from the Victorian era. It is also in England that the technique develops most in parallel with the use of hair for the jewelry. Among the beautiful pieces that I kept in memory is the pair of earrings that I present below :

Piqué

Paire de boucles d’oreilles en or et écaille représentant des amphores. Datant des années 1870, provenant de la Collection Barbara U. Simon, elle fut vendue chez Doyle en 2015 pour 2250 $. This 1870s Pique antique earrings in gold and tortoise shell was sold at Doyle in 2015 for 2250$. This one came back from the Barbara U. Simon estate. Photo : Doyle 

Mais revenons au contenu de l’exposition qui se tiendra à Paris. C’est presque une cinquantaine de pièces provenant pour un certain nombre de l’ancienne collection du baron Henri de Rothschild (1872-1947). Ces objets d’un extrême raffinement étaient la spécialité des artisans qui travaillaient l’écaille et étaient surnommés Tartarugari. Particulièrement appréciés par les familles de la haute aristocratie européenne, on connait quelques très belles pièces conservées aujourd’hui par la famille royale britannique et l’on sait que la Cour de Naples fut parmi les plus grands mécènes de ces artisans hautement spécialisés. Il faut également savoir que ces pièces n’avaient aucun usage domestique, ce n’était que des objets d’agrément qui permettaient de juger de la fortune de leurs propriétaires respectifs. 

But let’s go back to the content of the exhibition to be held in Paris. It is almost fifty pieces from a number of the former collection of Baron Henri de Rothschild (1872-1947). These objects of extreme refinement were the specialty of the artisans who worked the shell and were nicknamed Tartarugari. Particularly appreciated by the families of the high European aristocracy, we know some very beautiful pieces preserved today by the British royal family and we know that the Court of Naples was among the greatest sponsors of these highly specialized craftsmen. It should also be known that these pieces had no domestic use, they were only decorative objects which allowed to judge the fortune of their respective owners.

J. Kugel, Complétement Piqué

Grand coffret à décor de chinoiseries sur quatre pieds en forme de tortue. Écaille piquée d’or et de nacre. Signé sur le bord en or « Sarao fecit Napoli ». L’intérieur du couvercle est orné des armoiries de Charles de Bourbon, roi de Naples. Par Giuseppe Sarao, Naples, vers 1735-1740. Provenance : Sir Julian Goldsmid, Bart puis sa vente, Christie’s, Manson & Woods, Londres, 8-14 juin 1896, lot 1105. Large coffer with chinoiserie decor standing on four turtle-shaped legs. Tortoiseshell piqué with gold and mother-of-pearl. Signed in gold along the edge “Sarao fecit Napoli”. The inside of the cover is adorned with the arms of Charles de Bourbon, King of Naples. By Giuseppe Sarao, Naples, circa 1735-1740. Provenance : Sir Julian Goldsmid, Bart. Then its sale by Christie’s, Manson & Woods, London, 8-14 June 1896, lot 1105. Photo : J. Kugel

L’exposition parisienne mettra en avant le travail de l’un des plus célèbres ateliers de la cour de Naples : Gennaro et Giuseppe Sarao. Mais d’autres ateliers remarquables ont laissé leurs noms dans l’Histoire à l’image de Antonio de Laurentis (nommé orfèvre à la Cour de Naples en 1747), Nicolas de Turris or Nicolas Starace.

The Paris exhibition will highlight the work of one of the most famous workshops of the court of Naples : Gennaro and Giuseppe Sarao. But other remarkable workshops have left their names in History in the image of Antonio de Laurentis (appointed goldsmith at the Court of Naples in 1747), Nicolas de Turris or Nicolas Starace.

J. Kugel, Complétement Piqué

Photo : J. Kugel

Entrée libre du lundi au samedi de 10h30 à 19h. La Galerie J. Kugel est situé 25 quai Anatole France dans le 7e arrondissement de Paris.

Free admission from Monday to Saturday from 10:30 to 19h. Galerie J. Kugel is located at 25 Quai Anatole France in the 7th arrondissement of Paris.

Bonne visite et à bientôt !

Enjoy your visit, see you soon !

 

 

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