Haute joaillerie, écologie, traçabilité : les défis De Beers

La nouvelle collection de haute joaillerie de la maison De Beers est un véritable hommage à l’essence même de la maison : le diamant. Avec ces nouvelles pièces, la maison s’inspire de paysages issus de pays importants pour l’extraction de cette précieuse ressource. Les créations s’inspirent donc des couleurs des fonds marins africains, du désert de Namibie, du delta de l’Okavango et de la cordillière arctique. Les pièces sont toutes fidèles à l’esprit De Beers, mélange d’or, de diamants incolores ou de couleurs, taillés ou bruts. La marque avait surpris la presse et ses clients lors de sa présentation de juillet 2017 avec un ensemble de pièces radicalement différentes et tellement enthousiasmantes. Je vous en parlais d’ailleurs ici même.

The new high jewelry collection from the De Beers house is a true tribute to the very essence of the house: diamonds. With these new pieces, the house is inspired by landscapes from countries that are important for the extraction of this precious resource. The creations are therefore inspired by the colors of the African seabed, the Namibian desert, the Okavango Delta and the Arctic Mountains. The pieces are all faithful to the De Beers spirit, a mixture of gold, colorless or colored diamonds, cut or rough. The brand surprised the press and its customers during its presentation in July 2017 with a set of radically different and so exciting pieces. I was telling you about it right here.

Le médaillon Motlatse Marvel. The Motlatse Marvel diamond medallion. Photo: De Beers

Le désert de Namibie. The Namib desert. Photo: De Beers

Là encore, la maison utilise les pierres brutes et les marie avec justesse dans des pièces colorées, équilibrées et désirables. Si ces pièces ne sont pas plus spectaculaires que les précédentes, elles témoignent d’un savoir-faire dans la sélection des pierres et d’une envie d’assoir le style De Beers : un certain classicisme mais une élégance intemporelle pour des bijoux qui restent sans que jamais une faute de goût ne s’opère. Un joli tour de force à une époque où la performance joaillière est de mise avec, souvent, des résultats décevants.

Here again, the house uses rough stones and combines them with precision in colorful, balanced and desirable rooms. If these pieces are not more spectacular than the previous ones, they testify to a know-how in the selection of stones and a desire to establish the De Beers style: a certain classicism but a timeless elegance for jewels that remain without ever having a fault in taste. A nice tour de force at a time when jewelery performance is the order of the day, often with disappointing results.

Le collier Okavango Grace. The Okavango Grace necklace. Photo: De Beers

Le delta de l’Okavango. The Okavango delta. Photo: De Beers

Mais, alors, justement, parlons donc des mines qui produisent une grande partie des pierres De Beers. Le sujet du sourcing est important et il est certainement le « hop point » des années qui s’ouvrent devant nous. Jamais le mot traçabilité n’a été autant utilisé ni revendiqué. La De Beers n’est pas parfaite mais elle fait des efforts considérables pour améliorer son approvisionnement. Désormais, toutes les pierres incolores entre 0,2 et 3 carats sont sourcées dans des mines De Beers. Le reste provient d’autres sources, toutes hors conflits, et le groupe a d’ailleurs annoncé vouloir garantir la traçabilité de la totalité de ses pierres pour 2030. Pour peu que l’on veuille chercher des renseignements, on les trouve. Le groupe publie les localisations de ses mines et le régime fiscal/de gestion qui les caractérise ses lieux d’extraction. Au Canada, par exemple, la compagnie exploite le pipe de Gacho Kué et va s’appliquer à fermer puis à revaloriser les sites de Snap Lake et de Victor. En Afrique du Sud, les mines De Beers s’apprêtent à fermer leurs portes : Venetia devrait s’arrêter en 2021 quand Voorspoed, ouverte en 1906, stoppe ses activités dans les mois qui viennent. Je ne peux que vous inviter à lire et à explorer le site du groupe car vous y trouverez de très nombreuses informations. Posez aussi des questions! Oui, l’industrie du diamant à un travail fou devant elle pour s’améliorer mais des actions existent déjà. Et les saluer est nécessaire. Bien entendu, je regarderai du coté de ces réhabilitations pour savoir si les annonces correspondent à la réalité.

But, then, precisely, let’s talk about the mines which produce a large part of De Beers stones. The sourcing subject is important and it is certainly the « hop point » of the years which are opening before us. Never has the word traceability been so used or claimed. De Beers is not perfect, but it goes to great lengths to improve its supply. Now all colorless stones between 0.2 and 3 carats are sourced in De Beers mines. The rest comes from other sources, all out of conflict, and the group has also announced that it wants to guarantee the traceability of all of its stones for 2030. As long as we want to look for information, we find it. The group publishes the location of its mines and the tax / management regime that characterizes its extraction sites. In Canada, for example, the company operates the Gacho Kué pipe and will endeavor to close and then upgrade the Snap Lake and Victor sites. In South Africa, the De Beers mines are about to close: Venetia is expected to shut down in 2021 when Voorspoed, opened in 1906, ceases operations in the coming months. I can only invite you to read and explore the group’s site because you will find a lot of information there. Ask questions too! Yes, the diamond industry has a lot of work ahead of it to improve, but actions already exist. And greeting them is necessary. Of course, I will look at the side of these rehabilitations to know if the announcements correspond to reality.

Le pendentif Okavango Grace. The Okavango Grace medallion. Photo: De Beers

La bague Okavango Grace. The Okavango Grave ring. Photo: De Beers

La bague Landers Radiance. The Landers Radiance ring. Photo: De Beers

Concernant la nature, nul doute que l’extraction diamantifère, comme celle de toutes les matières premières, pose de très gros problèmes. Les dommages environnementaux et sur les populations locales sont importants et largement visibles. Quand à la remise en état et à la réhabilitation des sites, elles est parfois inexistantes et le fut pendant de longues années. Autre dommage et non des moindres, la localisation d’un éventuel site minier demande parfois à devoir bouger des populations, des villages ou des troupeaux, parfois importants. Ce type de chose se fait désormais de moins en moins mais ce type de pratique a existé et continue encore de perdurer. Alors que la nouvelle collection rend un bel hommage à cette nature qui peut se voir abimer par l’industrie minière, comment De Beers s’implique-t’elle sur ce point précis? En 2010, le groupe inaugure en Afrique du Sud, The Diamond Route, un espace de 250000 hectares qui développe tourisme et conservation écologique. Ce site s’étend de l’extrême ouest du pays sur le site de la côte diamantifère du Namaqualand à côté du parc national de Namaqualand, se déplace vers l’est jusqu’à Kimberley, qui comprend le site du Big Hole de Kimberley, la réserve de Benfontein, la réserve naturelle de Dronfield et la réserve naturelle de Rooipoort, et jusqu’à la réserve Tswalu Kalahari, puis jusqu’aux jardins de Brenthurst à Johannesburg, et la réserve naturelle d’Ezemvelo près de Pretoria, et enfin jusqu’à la réserve naturelle Venetia Limpopo près de Musina. Pour chaque hectare impacté par l’extraction, le groupe protège six hectares de la prospection minière. La encore, tout n’est pas parfait – la famille Oppenheimer s’est désengagée du projet par exemple – mais cet engagement permet d’envisager une industrie minière moins impactante. En 2018, le groupe a d’ailleurs investi 1,8 millions d’euros pour déplacer 200 éléphants vers le Mozambique. Cette population était trop importante pour le Venetia Limpopo Nature Reserve. Les animaux ont donc été déplacés vers le Zinave National Park in Mozambique qui pouvait les accueillir et les protéger.

Regarding nature, there is no doubt that diamond mining, like that of all raw materials, poses very big problems. The damage to the environment and to local populations is significant and widely visible. As for the reclamation and rehabilitation of sites, they are sometimes non-existent and were for many years. Another damage and not the least, the location of a possible mining site sometimes requires having to move populations, villages or herds, sometimes large. This type of thing is done less and less now, but this type of practice has existed and continues to continue. While the new collection pays a fine tribute to this nature which can be damaged by the mining industry, how is De Beers involved on this specific point? In 2010, the group inaugurated in South Africa, The Diamond Route, a space of 250,000 hectares which develops tourism and ecological conservation. This site stretches from the far west of the country to the Namaqualand Diamond Coast site next to Namaqualand National Park, moves east to Kimberley, which includes the Kimberley Big Hole site, Benfontein Reserve, Dronfield Nature Reserve and Rooipoort Nature Reserve, and up to Tswalu Kalahari Reserve, then to Brenthurst Gardens in Johannesburg, and Ezemvelo Nature Reserve near Pretoria, and finally to ‘at the Venetia Limpopo nature reserve near Musina. For each hectare impacted by extraction, the group protects six hectares from mining prospecting. Here again, not everything is perfect – the Oppenheimer family withdrew from the project, for example – but this commitment makes it possible to envisage a less impactful mining industry. In 2018, the group also invested 1.8 million euros to move 200 elephants to Mozambique. This population was too large for the Venetia Limpopo Nature Reserve. The animals were therefore moved to the Zinave National Park in Mozambique which could accommodate and protect them.

La Cordillière Arctique. The Arctic mountains. Photo: De Beers

Les boucles d’oreilles Okavango Grace. The Okavango Grace earrings. Photo: De Beers

Le sujet de la protection de l’environnement, de nos ressources et celui de la traçabilité en général sont des éléments désormais incontournables de notre industrie. Ils sont aussi indissociables du marketing, et du storytelling, qui entoure notre métier. En célébrant cette nature si belle, la maison De Beers fait aussi transparaitre, en filigrane, ses premières actions pour que le secteur joaillier devienne moins impactant. La route est encore très longue, il faudra beaucoup de travail mais également un éveil des consciences des consommateurs. Dans le domaine de l’extraction en lien avec la joaillerie, aucune autre compagnie n’a développé autant d’initiatives. Je trouvais également intéressant de regarder la réalité des chiffres et la quantité/qualité des actions entreprises que l’on pouvait mettre en corrélation avec le propos de cette nouvelle collection dont l’inspiration est résolument la nature et les paysages des régions diamantifères. S’améliorer est désormais une obligation, encourager les actions positives une nécessité mais surtout il faut sensibiliser pour que les consommateurs soient toujours plus renseignés et engagés dans leurs démarches personnelles d’acquisition, qu’elles portent sur de la joaillerie ou, au contraire, sur des pièces uniques et exceptionnelles.

The subject of the protection of the environment, our resources and that of traceability in general are now essential elements of our industry. They are also inseparable from the marketing and storytelling that surrounds our business. By celebrating this beautiful nature, the De Beers house is also showing, in the background, its first actions so that the jewelry sector becomes less impactful. The road is still very long, it will take a lot of work but also an awakening of consumer awareness. In the field of mining related to jewelry, no other company has developed so many initiatives. I also found it interesting to look at the reality of the figures and the quantity/quality of the actions undertaken that could be correlated with the purpose of this new collection whose inspiration is resolutely the nature and the landscapes of the diamondiferous regions. Improvement is now an obligation, encouraging positive actions a necessity, but above all, we must raise awareness so that consumers are always more informed and engaged in their personal acquisition procedures, whether they relate to jewelry or, on the contrary, on unique and exceptional pieces.

La bague Landers Radiance. The Landers Radiance ring. Photo: De Beers

A bientôt!

See you soon!

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