Les pépites de la prochaine vente Aguttes

Le printemps vient officiellement de démarrer et, avec lui, on sent l’excitation des belles ventes aux enchères qui vont s’annoncer et s’égrener jusque fin mai. Dieu que j’aime cette saison où les merveilles se dévoilent et où les bijoux semblent se réveiller d’un long hiver. Pour ouvrir cette saison, je démarre avec la maison Aguttes qui va proposer sous peu, jeudi 31 mars, une vacation à la hauteur de cette saison qui débute. Avec 184 lots très différents les uns des autres, c’est un catalogue comme je les aime. Avec des surprises, avec des pièces d’exception, avec des bijoux atypiques, avec des pièces à histoires, avec des poinçons méconnus du grand public. Aussi quand le département bijoux m’a proposé de faire une sélection, je n’ai pas hésité. Et je me suis lancée dans cet exercice que j’adore, à savoir vous présenter les bijoux qui m’ont le plus séduit pour vous donner, je l’espère, l’envie de faire monter les enchères!

Spring has officially started and, with it, we feel the excitement of the beautiful auctions that will be announced and will go on until the end of May. God I love this season where wonders are revealed and where jewelry seems to wake up from a long winter. To open this season, I am starting with the Aguttes house, which will soon be offering, on 31st March, a sale worthy of this season which is beginning. With 184 very different lots from each other, it’s a catalog as I like them. With surprises, with exceptional pieces, with atypical jewelry, with story pieces, with hallmarks unknown to the general public. So when the jewelry department offered me to make a selection, I didn’t hesitate. And I embarked on this exercise that I love, namely to present to you the jewels that seduced me the most to give you, I hope, the desire to raise the stakes!

Lot 1 : bracelet en or jaune et diamant. Deux clips amovibles. Un troisième devait exister à la création du bracelet. Ils permettent de rendre les gravures discrètes à savoir  » René », une couronne comtale et « Bertrand ». Estimation entre 2000 et 3000 euros.

Lot 1: yellow gold and diamond bracelet. Two removable clips. A third must have existed when the bracelet was created. They make it possible to make the engravings discreet, namely « René », a count’s crown and « Bertrand ». Estimate between 2000 and 3000 euros. Photos : Aguttes

J’ai une passion pour les bijoux qui racontent des histoires de familles même s’il est compliqué de les déchiffrer si personne ne vous explique les tenants et les aboutissants de la conception d’un bijou. Ici, sur ce bracelet devaient figurer trois broches. Il n’en reste que deux. Trois fleurs donc, en or et diamants, conçues pour se positionner sur les trois gravures : deux prénoms René et Bertrand ainsi qu’une couronne comtale reconnaissable aux neuf perles qui l’habillent. Comme c’est un bijou de femme, on peut imaginer pleins de choses. Est-ce qu’il s’agit de deux fils? De son mari et de son fils? D’un titre comtale acquis par mariage? Comme on ne saura certainement jamais, j’ai envie de m’attarder sur la délicatesse de la fabrication. Le bracelet est aussi sobre que beau. Quand aux deux broches, elles sont remarquablement réalisées et dans un très bel état. La pièce a peut-être été peu portée. Les diamants taille ancienne font penser à des pierres de famille que l’on aurait remonté. Alors, si vous aimez les énigmes joaillières, ce bracelet a beaucoup d’histoires à raconter.

I have a passion for jewelry that tells stories of families even if it is difficult to decipher them if no one explains the ins and outs of designing a piece of jewelry. Here, on this bracelet were to appear three brooches. There are only two left. Three flowers therefore, in gold and diamonds, designed to be positioned on the three engravings: two first names René and Bertrand as well as a count’s crown recognizable by the nine pearls that adorn it. As it is a woman’s jewel, we can imagine many things. Is it two son? Of her husband and her son? Of a count’s title acquired by marriage? As we will certainly never know, I want to dwell on the delicacy of the production. The bracelet is as sober as it is beautiful. As for the two brooches, they are remarkably made and in very good condition. The piece may have been little worn. The old-cut diamonds are reminiscent of family stones that have been reassembled. So if you like jewelry puzzles, this bracelet has a lot of stories to tell.

Lot 17 : ensemble lierre en or et argent, puis platine et argent, le tout serti de diamants taille ancienne et taille rose. Travail du XIXe siècle mais des modifications courant XXe. Estimation entre 4000 et 6000 euros.

Lot 17: ivy set in gold and silver, then platinum and silver, all set with old-cut and rose-cut diamonds. Work of the 19th century but modifications during the 20th century. Estimate between 4000 and 6000 euros.

A la création de cette pièce, je suppose qu’il devait s’agir d’un devant de corsage. Ou d’une corbeille de mariage. Si cet ensemble a subit quelques modifications, il n’en demeure pas moins superbe. Si je parle de corbeille de mariage potentielle, c’est parce que le lierre est un symbole tout choisi dans cette circonstance. Symbole de l’attachement, de l’amitié, de la fidélité, voir même de l’ancrage dans une vie quotidienne longue, le lierre est depuis longtemps un motif privilégié des joailliers. Motif signature de la maison Boucheron, on ne peut ignorer aussi les pièces du XIXe siècle signées Oscar Massin ou Paul Frey. Le lierre fut aussi une inspiration régulière dans les bijoux Art nouveau. Si cet ensemble ne présente pas de poinçon, la fabrication est soignée et maitrisée. On sent la main d’un bel atelier. Regardez la position et l’épanouissement des feuilles, les chatons « soleil » qui mettent en valeur les diamants solitaires comme autant de gouttes de rosée… La beauté d’un bijou tient à peu de chose.

When this piece was created, I suppose it must have been a « devant de corsage« . Or a wedding basket. If this set has undergone some modifications, it is nonetheless superb. If I speak of a potential wedding basket, it is because the ivy is a very chosen symbol in this circumstance. A symbol of attachment, friendship, fidelity, even anchoring in a long daily life, ivy has long been a favored motif for jewelers. A signature motif of the Boucheron house, one cannot ignore the 19th century pieces by Oscar Massin or Paul Frey. Ivy was also a regular inspiration in Art Nouveau jewelry. If this set does not present a maker’s mark, the manufacture is neat and mastered. We feel the hand of a beautiful workshop. Look at the position and the blossoming of the leaves, the « sun » bezels that highlight the solitaire diamonds like so many drops of dew… The beauty of a piece of jewelery depends on very little.

Lot 18 : bracelet en or jaune, perles fines, améthystes, émail. Travail français du XIXe siècle. Estimation entre 1200 et 1500 euros

Lot 18: yellow gold bracelet, fine pearls, amethysts, enamel. French work from the 19th century. Valuation between 1200 and 1500 euros

Cette pièce française du XIXe siècle arbore des couleurs bien spécifiques. Si l’association du vert, du violet et du blanc fait irrémédiablement penser aux suffragettes anglaises, les motifs et les couleurs de ce bracelet renvoient également à la passiflore dont la symbolique (donnée par les jésuites) est associée à la passion du Christ. Les mouvements pour le droit de vote des femmes débutent au milieu du XIXe siècle mais ils vont aller en s’amplifiant entre la fin du même siècle et le début du XXe. L’apparition de ces trois couleurs date en réalité des années 1870 où on commence à voir des bijoux arborant ces teintes si contrastées sous les ères Napoléon III et victorienne. En 2008, la maison Sotheby’s vendait d’ailleurs un devant de corsage imposant avec ces couleurs. Et ce n’était pas encore un symbole pour le droit de vote mais peut-être pouvait-on y voir l’expression d’un féminisme assumé. Car le violet est depuis longtemps le symbole des féministes. Et pourtant c’est loin d’être un couleur anodine car elle fut associée à la royauté, au clergé, puis au deuil ou à la pénitence. En somme, une couleur de soumission à une société patriarcale. Une couleur d’homme. On comprend alors mieux l’adoption de celle-ci par ces femmes qui permettront l’évolution cruciale de nos droits. Pour ma part, je vous propose d’y voir la symbolique que vous voulez: religieuse ou féministe, même si j’ai plutôt envie, de mon côte, de préférer la deuxième.

This 19th century French piece features very specific colours. If the combination of green, purple and white is irremediably reminiscent of English suffragettes, the patterns and colors of this bracelet also refer to passionflower, the symbolism of which (given by the Jesuits) is associated with the passion of Christ. Movements for women’s suffrage began in the middle of the 19th century, but they grew between the end of the same century and the beginning of the 20th century. The appearance of these three colors actually dates from the 1870s, when we began to see jewelry sporting these contrasting colors during the Napoleon III and Victorian era. In 2008, Sotheby’s also sold an imposing bodice front with these colors. And it was not yet a symbol for the right to vote but perhaps one could see in it the expression of an assumed feminism. Because purple has long been the symbol of feminists. And yet it is far from being an innocuous color because it was associated with royalty, the clergy, then with mourning or penance. In short, a color of submission to a patriarchal society. A man’s color. We then understand better the adoption of it by these women who will allow the crucial evolution of our rights. For my part, I suggest that you see in it the symbolism you want: religious or feminist, even if I rather want, on my side, to prefer the second.

Lot 20: ensemble trefle en or jaune, améthystes et perles fines. Travail français époque Napoléon III. Estimation entre 2000 et 2500 euros. Lot 21: broche en or jaune, diamants taille ancienne et taille rose, améthyste. Estimation entre 2000 et 3000 euros.

Lot 20: clover set in yellow gold, amethysts and fine pearls. French work Napoleon III period. Valuation between 2000 and 2500 euros. Lot 21: brooch in yellow gold, old-cut and rose-cut diamonds, amethyst. Valuation between 2000 and 3000 euros.

Est-ce que, comme moi, vous aimez le Napoléon III? En régle générale, j’aime beaucoup les bijoux de cette époque. Ils sont opulents, chargés, avec des couleurs souvent contrastées, parfois violentes et fortes. C’est la période du noir, du rouge sang, du pourpre, de l’écaille de tortue, de l’ébéne, des émaux aux teintes saturées. Car les artisans et les artistes de cette époque ont puisé dans les époques antérieures et ont mélangé joyeusement toutes ces inspirations pour initier un style bien particulier. Les joailliers ne sont pas en reste. Sous l’impulsion de l’Empereur et de son épouse Eugénie, les ateliers fabriquent et honorent des commandes parfois délirantes. L’Impératrice fait la mode et il est de bon ton de la suivre et de l’imiter. L’améthyste fait partie des matières qui deviennent prisée par les élégantes. Mais le trêfle dans tout ça? L’histoire raconte que Eugénie de Montijo s’est émerveillée devant cette plante lors d’une promenade en compagnie de Napoléon à Compiègne. Nous sommes en 1852. Quelques jours après, Napoléon fera l’acquisition d’une broche tréfle en or, diamants et émeraudes chez Fossin (aujourd’hui maison Chaumet). L’année suivante, il l’épouse. Jusqu’à la fin de sa vie, elle arborera ce bijou que l’on nomme « le tréfle de Compiègne » et qui deviendra un symbole de cette histoire d’amour. Ici la fabrication est très soignée et la forme des améthystes est vraiment étonante pour l’époque. C’est certaiment ce qui rend cette parure aussi précieuse que marquante. Quand à la deuxième proposition, bien que différente, elle témoigne aussi d’une fabrication soignée et d’une opulence largement assumée.

Do you, like me, like Napoleon III? As a general rule, I really like jewelry from this era. They are opulent, loaded, with often contrasting colors, sometimes violent and strong. This is the period of black, blood red, purple, tortoiseshell, ebony, enamels in saturated hues. Because the craftsmen and artists of this era drew on previous eras and joyfully mixed all these inspirations to initiate a very particular style. Jewelers are not left out. Under the impetus of the Emperor and his wife Eugénie, the workshops produced and honored sometimes delirious orders. The Empress is fashionable and it is fashionable to follow and imitate her. Amethyst is one of the materials that become popular with elegant women. But the clover in all this? The story goes that Eugénie de Montijo marveled at this plant during a walk with Napoleon in Compiègne. We are in 1852. A few days later, Napoleon will acquire a clover brooch in gold, diamonds and emeralds at Fossin (today Chaumet). The following year, he married her. Until the end of her life, she will wear this jewel called « the clover of Compiègne » and which will become a symbol of this love story. Here the manufacture is very neat and the shape of the amethysts is really surprising for the time. This is certainly what makes this adornment as precious as it is striking. As for the second proposal, although different, it also testifies to careful manufacturing and a widely assumed opulence.

Lot 39: bracelet en or et argent, travail du XIXe siècle, diamants, saphirs, émeraudes, perles fines. Estimation entre 3000 et 5000 euros

Lot 39: gold and silver bracelet, 19th century work, diamonds, sapphires, emeralds, fine pearls. Estimate between 3000 and 5000 euros

S’il y a bien un savoir-faire qui caractérise la France, c’est bien la haute joaillerie. Aucun pays au monde, à l’exception de la France, ne parle de joaillerie. Ailleurs, c’est toujours de la bijouterie (jewelry) à laquelle on attribue des qualificatifs qui vont différencier les styles : « couture » pour le fantaisie, « high-end » pour la haute bijouterie joaillerie, « precious » pour la belle bijouterie souvent avec des diamants, « studio » pour celle initiée par des designers reconnus… Aussi cette pièce ornée de paons est symptomatique des très belles productions des ateliers français au XIXe siècle. Depuis 1867 et la fameuse plume créée par Mellerio, ce motif symbolisant l’immortalité, se décline à profusion dans les productions joaillières. Les couleurs de ce bracelet convoquent forcément l’imaginaire existant autour de cet oiseau dont les plumes fascinent les hommes depuis des siècles et des siècles. La souplesse de ce bijou est remarquable, l’arrière de la pièce témoigne d’un atelier de grande qualité. Avez-vous admiré la régularité des mises à jour? Croyez-moi sur paroles, c’est une réalisation exemplaire. En conclusion, une pièce qu’on ne peut pas laisser passer.

If there is one know-how that characterizes France, it is high end jewelry. No country in the world, with the exception of France, talks about « joaillerie ». Elsewhere, it is always jewelry to which we attribute qualifiers that will differentiate the styles: « couture » for fantasy, « high-end » for high jewelry, « precious » for fine jewelry often with diamonds, « studio » for those initiated by recognized designers… Also this piece adorned with peacocks is symptomatic of the very fine productions of French workshops in the 19th century. Since 1867 and the famous feather created by Mellerio, this motif symbolizing immortality, is available in profusion in jewelry productions. The colors of this bracelet inevitably summon the imagination existing around this bird whose feathers have fascinated men for centuries and centuries. The flexibility of this jewel is remarkable, the back of the piece testifies to a high quality workshop. Did you admire the regularity of this jewel’s back? Take my word for it, it’s an exemplary achievement. In conclusion, a piece that cannot be missed.

Lot 58: épingle à jabot vers 1925 symbolisant un sapin. Platine, or, diamants, émeraudes et émail. Estimation entre 2000 et 2500 euros.

Lot 58: jabot pin circa 1925 symbolizing a fir tree. Platinum, gold, diamonds, emeralds and enamel. Estimate between 2000 and 2500 euros.

Passion plantes en pots? Alors ce bijou ne peut que vous plaire. Durant la période art déco, ces épingles représentant des plantes, arbres et des arbustes en pots connaissent un succès fou et c’est normal. La redécouverte du japon et l’imaginaire asiatique peuplent les créations des grands joailliers. Parmi les références, le bonsaï. Les premiers arbres nains sont présentés en France lors des expositions universelles de 1878, puis de 1889. Le premier livre en français traitant de ce sujet date de 1902. Et ces arbres refont sensation à Londres à l’exposition nippo-anglaise de 1910. Cette Asie rêvée, voir même fantasmée, se décline alors partout. Et les bonsaï trouvent forcément une place de choix. Et ce bijou est simplement magnifique. Et quand ce ne sont pas des bonsaï, ce sont des arbres en pots inspirés de ceux qui peuplent les jardins anglais et français, inspirés aussi par le printemps sur la riviera. Ces arbres que l’on maintient dans les jardins d’hiver et que l’on habille de pots en rotin ou émaillés de toutes les couleurs. Des oiseaux, alors, peuvent alors y trouver une petite place…

Passion for potted plants? Then this jewel can only please you. During the art deco period, these pins representing plants, trees and shrub in pots were wildly successful and that’s normal. The rediscovery of Japan and the Asian imagination populate the creations of key jewelers. Among the references, bonsai. The first dwarf trees were presented in France during the universal exhibitions of 1878, then of 1889. The first book in French dealing with this subject dates from 1902. And these trees caused a sensation again in London at the Japanese-English exhibition of 1910. This Dreamed Asia, even fantasized, is then available everywhere. And bonsai inevitably find a place of choice. And this jewel is simply magnificent. And when they are not bonsai, they are potted trees inspired by those that populate English and French gardens, also inspired by spring on the Riviera. These trees that are kept in winter gardens and that are dressed in rattan or enamelled pots of all colors. Birds, then, can then find a small place there…

Lot 60: broche en or, diamants et jadeite par Suzanne Belperron. Vers 1937. Estimation entre 4800 et 5000 euros.

Lot 60: gold, diamond and jadeite brooch by Suzanne Belperron. Around 1937. Estimate between 4800 and 5000 euros.

Que serait une belle vente Aguttes sans la présence de Suzanne Belperron? Un manque évident! D’où mon intérêt pour cette broche en or et jadeite sculptée représentant des nénuphars. Les pièces en jade de la célèbre créatrice de bijoux ne sont pas si courantes dans les ventes où nous sommes plus habitués à ses compositions tout en volumes et pierres gemmes singulières. Ce bijou qui sort de l’ordinaire raconte néanmoins la sobriété luxueuse de celle qui a laissé une empreinte majeure dans le bijou moderne. Le style moderniste de cette broche est partout ici dans ce bijou où s’exprime encore l’influence de l’Art déco. Amateur d’un belle pièce signée, ce bijou ne peut que vous plaire!

What would a great Aguttes sale be without the presence of Suzanne Belperron? An obvious lack! Hence my interest in this carved gold and jadeite brooch representing water lilies. The jade pieces of the famous jewelry designer are not so common in sales where we are more accustomed to her compositions full of volumes and singular gemstones. This jewel, which is out of the ordinary, nevertheless tells of the luxurious sobriety of the one that has left a major imprint in modern jewellery. The modernist style of this brooch is everywhere here in this jewel where the influence of Art Deco is still expressed. Amateur of a beautiful signed piece, this jewel can only please you!

Lot 102: broche René Boivin en or, diamants et péridot. Poinçon de maître partiellement lisible Roger Davière. Vers 1970. Estimation entre 12,000 et 15,000 euros

Lot 102: René Boivin brooch in gold, diamonds and peridot. Partially legible maker’s mark Roger Davière. Around 1970. Estimate between 12,000 and 15,000 euros

D’une pièce Belperron à René Boivin, il n’y a qu’un pas puisque c’est dans cette maison que la créatrice à fait ses premières armes. La maison Boivin fait figure de feu d’artifice permanent dans la haute joaillerie. Quelles que soient les époques, leurs créations ne ressemblent jamais à celle des autres maisons. Elles sont uniques par les formes, les volumes, les couleurs, et les signatures fabuleuses qui ont peuplé l’histoire de la maison. Ce clip ne fait pas exception à la règle. Il est opulent, imposant, coloré, joyeux, magnifique, désirable. C’est du Boivin dans toute sa définition. Et pour cette pièce, c’est une réalisation basée sur un dessin de Juliette Moutard qui fut une des dessinatrices prolifiques de la maison. Les grands discours ne sont pas necessaires pour cette maison, alors ne réflechissez pas trop et foncez. Les bijoux de ce type ne se présentent pas souvent sous le feu des enchères.

From a Belperron piece to René Boivin, there is only one step since it is in this house that the designer cut her teeth. The Boivin house is a permanent firework display in fine jewelry. Whatever the era, their creations never resemble those of other houses. They are unique in the shapes, volumes, colors, and fabulous signatures that have populated the history of the house. This clip is no exception to the rule. It is opulent, imposing, colorful, joyful, magnificent, desirable. It’s Boivin in all its definition. And for this piece, it is an achievement based on a drawing by Juliette Moutard who was one of the prolific designers of the house. Big speeches aren’t necessary for this house, so don’t think too much and go for it. Jewelry of this type does not often come under the auction fire.

Lot 118: boucles d’oreilles en or et aluminium signées JAR. Estimation entre 4000 et 6000 euros.

Lot 118: gold and aluminum earrings signed JAR. Estimate between 4000 and 6000 euros.

Parler longuement de JAR ne servirait pas à grand chose tant les pièces du joaillier suscitent une folie lorsqu’elles se présentent aux enchères. Son silence et sa discréation sont devenues son mode de communication. JAR n’existe que par ses créations. Connu depuis longtemps pour ses fabrications grandioses, il a cherché à les alléger pour les rendre portables. Et il a rapidement utilisé l’argent, l’aluminium puis le titane pour remplacer l’or et le platine, bien trop lourd. Les pièces en aluminium coloré sont apparues dans les années 2000. En 2002, une exposition qui va marquer les esprits de tous présente 400 bijoux signés du créateur. Nous sommes à Somerset House à Londres. Pour remercier les 145 clients préteurs, il leur fait parvenir des boucles d’oreilles « Pensée » en aluminium coloré. Il en fera fabriquer 1000 autres pour les visiteurs de l’exposition qui voudraient en acheter une dans la boutique du musée. En quelques jours, elles deviennent introuvables. Témoignant de l’engouement pour cette énigme joaillière qu’est Joël Arthur Rosenthal. Alors, ne tardez pas trop, voilà qu’une paire se présente et je ne doute pas de sa vitesse à s’envoler vers un nouveau propriétaire. Peut-être vous qui me lisez.

Talking at length about JAR would not be of much use as the jeweler’s pieces spark a frenzy when it comes up for auction. His silence and discretion have become his mode of communication. JAR only exists through its creations. Known for a long time for his grandiose fabrications, he sought to lighten them to make them portable. And quickly used silver, aluminum and then titanium to replace gold and platinum, which were far too heavy. Colored aluminum pieces appeared in the 2000s. In 2002, an exhibition that will mark everyone’s mind presents 400 jewels signed by the designer. We are at Somerset House in London. To thank the 145 praetor customers, he sends them « Pansy » earrings in colored aluminum. He will have 1000 others made for visitors to the exhibition who would like to buy one in the museum shop. In a few days, they become untraceable. Testifying to the enthusiasm for this jeweler enigma that is Joël Arthur Rosenthal. So, don’t wait too long, here comes a pair and I don’t doubt its speed to fly to a new owner. Perhaps you who read me.

Lot 159: broche en or et platine, diamants, émeraude et corail. Travail français de la maison Georland. Estimation entre 7500 et 8000 euros.

Lot 159: brooch in gold and platinum, diamonds, emerald and coral. French work from Georland. Estimate between 7500 and 8000 euros.

Je cloture cette sélection avec cette broche. Un oiseau, typique de ces broches animalières des années 60. J’aime tout ici, les matières, le mouvements, le travail de texture de l’or. Et le poinçon. Pas de grandes maisons derrière cette pièce, mais un atelier d’une discrétion hors-paire dont le savoir-faire fut reconnu par les plus grandes marques de la Place Vendôme pour ne citer qu’elles. Fondé en 1954 par Henri Marteau, l’atelier Georland était caché à quelques mêtres du carré d’or de la joaillerie française. Dans les années 80, il fabriquait quasi exclusivement pour la maison Fred. Un atelier, resté famillial, jusqu’à sa fermeture au milieu des années 2010. Inconnu du grand public avant une sortie d’ombre en 2011, les joailliers internes ont aussi réalisés des bijoux pour une clientèle privée élégante et rafinée. En témoigne cet oiseau. Georland, pour moi, c’est un peu une madeleine aussi. J’ai aimé travailler pour eux en sous-traitance et j’ai toujours adoré les pièces qu’ils confiaient à l’atelier où j’étais, alors, apprentie. De cette époque révolue de ces grands ateliers familliaux, il reste des pièces de joaillierie superbes, parfois et souvent iconiques. Cet oiseau va s’envoler mais je le mettrais bien dans ma boite à bijoux. Pas vous?

I close this selection with this brooch. A bird, typical of these animal brooches from the 60s. I like everything here, the materials, the movements, the work on the gold texture. And the punch. No big houses behind this piece, but an exceptionally discreet workshop whose know-how has been recognized by the biggest brands in Place Vendôme, to name but a few. Founded in 1954 by Henri Marteau, the Georland workshop was hidden a few meters from the golden square of French jewelry. In the 1980s, he manufactured almost exclusively for Fred. A workshop that remained family-run until its closure in the mid-2010s. Unknown to the general public before it left the shadows in 2011, the in-house jewelers also made jewelry for an elegant and refined private clientele. Witness this bird. Georland, for me, is a bit of a madeleine too. I enjoyed working for them as a subcontractor and I always loved the pieces they entrusted to the workshop where I was then an apprentice. From this bygone era of these large family workshops remain superb pieces of jewelry, sometimes and often iconic. This bird will fly away but I would put it in my jewelry box. Not you?

A bientôt !

See you soon !

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