Des livres bijoux

Mar 4, 2024

Ces dernières semaines, j’ai reçu de nombreux livres à lire. L’hiver et l’envie de ne pas mettre le nez dehors m’ont aidé à écluser une vaste liste de lecture d’autant que je m’étais inscrite à une chaine de lecture ajoutant ainsi des livres venant d’un peu partout dans le monde. Une belle expérience qu’il faudra que je renouvelle. Parmi les nombreux ouvrages à découvrir, j’en ai retenu quatre qui m’ont vraiment plu, me permettant d’apprendre et d’enrichir ma culture en joaillerie. Car, je suis convaincue que l’on apprend tout au long de sa vie. Aussi, je vous propose ces livres (liens en affiliation), qui je l’espère vous plairont autant qu’à moi !

1- « Jakob Bengel, Oberstein: From Art Industry to Jewellery Design » – Arnoldsche – A partir de 36 euros

En Allemagne, on situe traditionnellement la fabrication des bijoux à Pforzheim ou à Hanau qui fut un véritable centre névralgique pour la joaillerie allemande. Idar-Oberstein est plutôt vue à juste titre comme la ville des tailleurs de pierres et c’est historiquement le cas. Pourtant, il y a eu des fabricants importants installés dans cette jolie petite ville située à proximité de la frontière française.

C’est le cas de la maison Jakob Bengel dont la fabrique de chaines fondée en 1873 a d’abord travaillé pour l’industrie horlogère. Dans les années 1920, il introduit la Galalithe (une résine phénolique à base de caséine de lait) et l’associe à du métal chromé pour produire des bijoux dans le style Art déco et Bauhaus. La deuxième guerre mondiale n’aidant pas, son entreprise est réquisitionnée pour l’effort de guerre en 1939 puis oubliée. Pourtant, dans ce qui fut la maison de son beau-fils , un trésor demeurait : bijoux invendus, carnets de croquis, livres de commandes et outils.

En 2001, Mme Christel Braun, propriétaire des lieux et de la marque, mais surtout arrière petite-fille de Jakob Bengel initie une fondation et un musée. Le livre vous emmène à la découverte d’une histoire industrielle oubliée et d’un lieu à découvrir absolument. Et en attendant de vous rendre en Allemagne, le livre vous permettra de découvrir les magnifiques bijoux de cette maison et de vous imprégner de son histoire.

2- « The Tiffany & Co. Archives, photographed by Henry Leutwyler » – Steidl – A partir de 85 euros

Ce livre sorti fin 2023 donne à admirer un panorama de pièces conservées dans les archives de la maison Tiffany & Co. Ne cherchez pas du texte, il n’y en a quasiment pas et c’est certainement là que réside l’inconvénient majoritaire de cet ouvrage. Néanmoins, malgré l’absence de mise en contexte des pièces, ce coffee table book permet de découvrir de nombreuses archives de la maisons de joaillerie la plus célèbre des États-Unis. Lesquelles sont parfaitement photographiées par Henry Leutwyler

« The Tiffany Archives » est un beau livre au sens premier du terme, qu’on feuillette quand on a du temps. Ce n’est pas un livre académique néanmoins les descriptions des pièces sont parfaitement réalisées et vous permettront d’en apprendre plus sur les matériaux et les styles de la maison au cours des époques. A offrir à un amoureux de la joaillerie plutôt qu’à un néophyte.

3- « Dead Souls: Desire and Memory in the Jewelry of Keith Lewis » – Arnoldsche – A partir de 38 euros

Vous commencez à bien me connaitre si vous fréquentez ces lieux et vous devez vous doutez que je suis joie depuis que je lis et relis frénétiquement la monographie écrite conjointement par Damian Skinner et Keith Lewis au sujet du travail de ce dernier. Mais savez-vous exactement de qui il s’agit ?

Joaillier contemporain américain reconnu, Keith Lewis réside dans l’état de Washington. Enseignant durant plus de trente ans auprès de la Central Washington University à Ellensburg, Washington, il a formé des générations d’étudiants au travail du métal et à la bijouterie. Son travail explore l’identité homosexuelle et commémore ses amis décédés du SIDA. Ses colliers et ses broches érotiques inspirés des fresques suggestives de Pompéi ont fait sa célébrité.Technicien, Keith Lewis n’est pas un autodidacte. Bijoutier, il s’est formé à la Kent State University dont il sort diplômé en bijouterie en 1993.

Il a été inclus dans d’innombrables expositions nationales et internationales, dont Schmuck 2012-2021, organisée par Die Neue Sammlung, Pinakothek der Moderne, Munich, Allemagne ; SCHMUCK 2020, IHM, Munich ; Exposition internationale d’art de la joaillerie de Pékin , Institut de technologie de la mode de Pékin, Parc d’innovation de l’industrie de la mode de Zhongguancun (BIFT PARK) (2017) ou encore Tag, c’est toi ! une exposition itinérante nationale organisée par Kiff Slemmons et co-parrainée par Gallery Loupe et The Jewelry Library (2020-2022).

Le travail de Lewis est présent dans de nombreuses collections privées et publiques, notamment au Victoria & Albert Museum de Londres, où une broche est dans les collections permanentes, au Metropolitan Museum of Art et le Museum of Arts and Design de New York, à la Galerie Renwick, au Musée des Beaux-Arts de Houston, au Musée d’art du comté de Los Angeles, au Musée d’art de Tacoma et auprès de Die Neue Sammlung, Pinakothek der Moderne, Munich, Allemagne. Un livre à avoir absolument !

4- « Au commencement était le trait, Cartier dessins Art Déco 1910-1930 » – IAJA – 115 euros

Olivier Bachet a récidivé et c’est certainement l’une des meilleures nouvelles en matière de livre dédié aux bijoux que l’on pouvait recevoir. Après nous avoir fait rêvé avec Alain Cartier avec leur remarquable et remarquée monographie dédiée aux objets de la maison Cartier, Olivier Bachet signe avec ce nouvel ouvrage un livre magnifique mettant en avant une des spécialités de la joaillerie et de la maison : le dessin.

Depuis plusieurs années maintenant, l’engouement pour cette étape de la réalisation d’un bijou est une chose actée. Expositions récurrentes à la Piscine, au Salon du Dessin ou à L’École des Arts Joailliers ont permis à un large public de s’approprier un peu cet art. Et pour ceux qui l’ignorent, il existe également des collectionneurs de dessins de joaillerie comme Frank Stefan Stern dont vous aviez pu lire ;’interview ici-même.

Olivier Bachet ne nous déçoit pas avec ce livre de 370 pages riche d’une multitude d’illustration toutes plus belles les unes que les autres. Mais un livre ne s’admire pas seulement, il se lit. Ici, vous découvrirez l’histoire de Maurice Rauline, pape du style guirlande, celle de Charles Jacqeau qui intègre la maison en 1909 ou encore celles de Gaston Vignal, Alexandre Diringer ou Alexandre Grenaille. Autant de noms indissociables qui ont, dans l’ombre, fait le succès des créations de la maison aux célèbres boites rouges et or.

Je jure que vous ne serez pas déçu par cet ouvrage et je peux même vous dire que c’est une référence en la matière pour qui aime les productions de la maison Cartier et pour qui admire la dextérité et l’imagination des dessinateurs joailliers. Courez vous le procurer, vous ne le regretterez pas !

A bientôt !

ABOUT ME

marie chabrol

Hello my name Is Marie. Speaker, consultant & teacher, I write with passion about the world of jewelry.

my ideal library

This is my ideal library. All these books are part of my own library and I always read them with great pleasure.