Henri Picq ou la naissance du Tutti Frutti

Henri Picq fait parti de ces joailliers qui ont marqué l’histoire de notre métier. Mais comme beaucoup, son nom n’est pas vraiment connu par le public si ce n’est par une poignée de connaisseurs. En fait, ce sont ses bijoux qui parlent le mieux de lui et surtout une maison à laquelle son nom et son savoir-faire resteront toujours liés : la maison Cartier.

ivn00_00sg1382z_pPoinçon de la maison Henri Picq. Photo : Lebée, D. © Inventaire général, ADAGP, 2000

La maison Picq démarre son histoire à la fin XIXe siècle. Les archives nous indiquent une date d’insculpation (création du poinçon) au 26 mai 1888. Assez rapidement, Henri Picq va se faire un nom. Il devient l’un des principaux fournisseurs de la maison Cartier entre 1900 et 1920 car il est spécialisé dans le travail du platine. On retrouve donc couramment son poinçon sur des objets et des bijoux signés de la maison Cartier, mais pas seulement. Il fabriquera aussi des pièces pour les maisons Lacloche ou encore Ostertag.

Son nom apparait parfois dans la presse de l’époque. Aussi apprend-t-on dans Le Journal du 19 mars 1907 qu’il a été victime d’un cambriolage et que son atelier était situé 20 rue du quatre-septembre dans le 3e arrondissement de Paris.

J’ai eu envie de m’intéresser dans cet article à son travail personnel. Non pas que le travail réalisé pour les grandes maison soit inintéressant, mais il est assez connu. Particulièrement les pièces réalisées dans le fameux style Tutti Frutti : ces bijoux en platine, diamants, rubis, émeraudes et saphirs sont typiques des années Art Déco. Picq réalisera nombres de pièces de ce genre pour Cartier mais aussi pour sa propre clientèle. Retour sur quelques pièces de sa création.

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Broche « Nœud » en platine, diamants, émeraudes et saphirs. Vers 1915. Photo : À la vieille Russie

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Paire de boucles d’oreilles en platine et diamants, vers 1920. Photo : À la vieille Russie

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Bague en platine, diamants et émeraude. Vers 1925. La pierre pèse 22,58 carats et est certifiée par la SSEF comme colombienne, naturelle mais traité par huilage traditionnel. Elle fut vendue à Genève en 2011 pour presque 900.000 $. Photo : Christie’s

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Broche Yacht en platine et or, diamants et citrine. Vers 1920. Photo : 1stdibs

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Bracelet Tutti Frutti en platine, diamants, émeraudes, saphirs et rubis. Vers 1915. Photo : Sandra Cronan

Vous l’aurez compris, cette signature mérite de l’intérêt de votre part. De temps en temps, ce nom passe dans les ventes aux enchères et chez les galeristes. Ce sera le cas dans la prochaine vente Sotheby’s du 18 mars 2015.

À bientôt !

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