Carrière #9 – Claire-Laurence Mestrallet, directrice du département joaillerie chez Adam’s Auctioneers

Je suis très heureuse de vous proposer un nouveau portrait dans la catégorie « Carrière ». Aujourd’hui, je vous invite donc à rencontrer Claire-Laurence qui travaille à Dublin, en Irlande, et qui vous raconte comment elle est arrivée dans ce pays et comment la joaillerie a pris une place si importante dans sa vie ! L’occasion aussi de découvrir quelques jolies pièces qu’elle proposera  en vente le 9 mai prochain.

Today, I’m really happy inviting you to meet Claire-Laurence who works in Dublin (Irland). She explains you why she has decided to work here and why jewelry is one of the most important thing in her life ! It’s also the opportunity to discover some lovely jewels she will offer the May 9. 

1- Pouvez-vous vous présentez rapidement ? Can you introduce yourself ?

Je m’appelle Claire-Laurence Mestrallet, je suis âgée de 34 ans et je suis française. Après avoir passé dix années de ma vie de Genève, j’ai déménagé à Dublin à la suite d’une belle opportunité professionnelle et je suis arrivée ici il y a un peu plus d’un an.

My name is Claire-Laurence Mestrallet. I am 34 years old and of French nationality. After spending 10 years in Geneva, I moved to Dublin to pursue a work opportunity and I have been here for a little over a year now.

Lot 16 : broche en or et tourmaline, signée H. Stern, vers 1970. Estimation entre 1000 et 1500 €. Old gold and tourmaline H. Stern brooch, circa 1970. Valuation between € 1-1.5k. Photo : Adam’s

2- Quel métier vouliez-vous exercer lorsque vous étiez enfant ? When you were a child, what were you plans for future ?

Quand j’étais très jeune, je voulais être photographe animalier. Adolescente, j’ai voulu devenir photographe de mode… Finalement, la photographie est aujourd’hui un de mes hobby.

When I was very young, I wanted to be an ‘animal photographer’. This developed into a dream of becoming a fashion photographer when I was a teenager…and photography remains a nice hobby of mine.

3- Et finalement quel est votre poste actuel ? And, finally, what is your current job ?

Je travaille désormais à Dublin pour la maison de ventes Adam’s Auctioneers. Je suis la directrice de leur département joaillerie.

I’ve moved to Dublin to work for Adam’s Auctioneers. I am head of their jewellery department.

4- Quelles études avez-vous suivi ? What is your background ? 

Quand j’avais treize ans, j’ai été envoyée en pensionnat en Angleterre. J’ai passé mon brevet et mon baccalauréat international au St Clare College d’Oxford. Puis je suis partie un an en Allemagne pour parfaire ma connaissance de cette langue au Goethe Institute. Enfin, je suis entrée à l’EFAP (école francaise d’attachés de presse). J’ai passée une année à Paris puis deux années à New-York où j’ai obtenu mon Bachelor en Communication spécialisé Arts et Histoire de l’art.

I was sent to boarding school in the UK when I was 13 years old. I did my GCSE’s there then my international baccalaureate at St Clare’s college in Oxford. After a gap year in Munich to improve my German at Goethe Institute, I enrolled at l’EFAP (Press Officer School). I studied at l’EFAP Paris for a year and spent two years at L’EFAP New York where I graduated and got my Bachelor in Communication Arts and Art History.

Lot 17 : bracelet en or, diamants et turquoise, vers 1970. Estimation entre 2,500 et 3,500 €. Gold bracelet featuring diamonds and turquoise cabochons, circa 1970. Valuation between € 2,5-3,5k. Photo : Adam’s

5- Et plus spécifiquement, quel est votre parcours de formation en relation avec le domaine de la joaillerie et de la gemmologie ? Can you explain us what is especially your background in jewelry and gemology ?

Quand j’étais à New York, j’étais stagiaire dans un magazine spécialisé art de vivre et art qui s’appelait Whitewall. Celui-ci démarrait tout juste et j’ai donc participé à son lancement. Un jour, j’ai interviewé un cadre important de Christie’s pour le magazine et je suis restée en contact avec cette personne.  Je me suis enquise d’une possibilité de stage chez eux et c’est comme cela que j’ai mis un pied dans le secteur des ventes aux enchères. J’ai commencé par quatre mois dans le département relations presse suivies de cinq mois dans celui dédié à l’événementiel. A la fin de mon stage et une semaine avant d’être diplômée, ils m’ont proposé un travail. Je suis alors devenue l’assistante personnelle de la personne qui gérait le département joaillerie à Genève. J’ai fait mes valise et je me suis installée en Suisse deux semaines plus tard. J’ai adoré ce travail et le fait d’avoir accès à des pièces incroyables. Je me suis alors découverte une nouvelle passion. Finalement, je me suis inscrite au GIA et j’ai passé mon diplôme par correspondance pour devenir gemmologue.

While in New York, I interned in a contemporary art and lifestyle magazine called Whitewall which was in its beginning stages and I helped launch. One day I interviewed a high figure at Christie’s for the magazine, who I later reached out to and enquired about doing an internship in Christie’s. That’s how I entered the auction world. I interned in their PR department for four months then 5 months in their events department. At the end of my internship and a week before I graduated, they offered me my first real job as a PA for the Head of jewellery in Geneva so I packed my bags and moved to Switzerland two weeks later. I loved being in the jewellery department and having access to all of the amazing pieces there I discovered a new passion. I enrolled at the GIA while working for Christie’s and studied long-distance to become a certified gemmologist.

6- Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et comment vous-êtes arrivées au poste qui est aujourd’hui le votre ? Can you explain us your career and how you have reached your current job ? 

J’ai d’abord travaillé deux ans et demi chez Christie’s en tant qu’assistante personnelle du directeur du département joaillerie puis je suis partie du secteur des ventes aux enchères vers celui du commerce. Je suis entrée dans une maison familiale depuis trois générations spécialisée dans les diamants, les pierres de couleur et la joaillerie ancienne. Mes missions étaient de gérer le stock et de préparer les salons professionnels. Après deux ans, mon poste a évolué vers la vente. J’ai eu alors la possibilité de constituer mon propre réseau d’acheteur. J’avais 25-26 ans et je faisais beaucoup de bagues de fiançailles pour mes amis et leurs amis. C’était très sympa ! Après quatre ans et demi, je suis partie et je suis devenue « expert joaillerie » chez Bonhams où j’ai travaillé entre Londres et Genève pendant un an et demi. J’ai alors vécu un peu à Londres puis je suis revenue en Suisse. Je voyageais beaucoup dans les bureaux de la maison pour mener des évaluations en vue de constituer les catalogues. Finalement, j’ai pris la direction du département joaillerie chez Adam’s à Dublin.

I worked for two and a half years at Christie’s in Geneva as PA for the Head of jewellery. I then left the auction world to work in the jewellery trade. I worked for a three-generation family business that specialised in diamonds, coloured stones and period jewellery. My main role there was managing their stock, preparing jewellery fairs etc…After a couple of years my role extended to sales and I started building my own client network. I was in my mid-20s and made a lot of engagement rings for my friends and friends of friends…that was a lot of fun! After four and half years working for this company, I left and was offered the position of jewellery specialist at Bonhams where I worked between London and Geneva for a year and a half. I was based in London for six months and then based in Geneva, travelling to representative offices all over Europe for jewellery valuations days. I am now heading the jewellery department at Adam’s Auctioneers.

7- Vous travaillez dans une maison de ventes aux enchères. Pouvez-vous nous raconter votre entreprise et son fonctionnement ? So, you are working now in auctions. Can you describe us your company ?

Mon entreprise, Adam’s auctioneers, existe depuis 1887. C’est la plus vieille maison de ventes d’Irlande mais aussi celle qui fait référence dans le pays. Nos départements principaux concernent l’art irlandais, les montres et la joaillerie, les meubles de style et les documents historiques irlandais. Nous avons aussi parfois des ventes privées. Nous sommes uniquement basés en Irlande mais nous avons un réseau international d’acheteurs et de vendeurs.

Notre record de vente en joaillerie concerne une rivière de diamants signée Cartier (années 30) qui était estimée entre 70,000 et 90,000 $. Elle s’est finalement vendue pour 210,000 $ en mai 2015. Mais notre plus grande fierté fut une peinture d’un peintre local, Jack B. Yeats, qui s’est vue adjugée pour plus de 1,2 millions d’euros en 2011. Ce fut le plus haut prix jamais atteint pour une peinture d’un peintre irlandais en Irlande !

Adam’s auctioneers was established in 1887. As well as being the oldest auctions house, it is the leading auction house in Ireland. Our main departments are Irish Fine Art, Fine Jewellery & Watches, Period Interiors, Irish Historical Documents & Artefacts, and we hold occasional Private House Sales. We’re only based in Ireland but we have an extensive international network of sellers and buyers.

Our sale record in the jewellery department was an important diamond riviere by Cartier from the 1930s, estimated between €70,000-90,000 which sold for hammer €210,000 in May 2015. Our biggest record at Adam’s was a painting by the renowned Irish painter Jack B. Yeats, which sold for €1,250,000 in 2011. This was the highest price for an Irish artist or painting sold in Ireland.

Lot 56 : collier en or et pierres gemmes (grenats, topazes, zircons, spinelles, saphirs), début XXe. Estimation entre 3,600 et 4,600 €. Gem-set gold necklace (Garnets, topazes, zircons, spinels, saphirs), early 20th century. Valuation between € 3,6-4,6k. Photo : Adam’s

8- Comment s’organise une journée / semaine type de travail ? How is your day / week planning ?

Mes journées sont rarement les mêmes et c’est exactement ce que j’aime. Bien sur, il y a une routine pour la préparation de chaque vente. Mais ici, mon travail rassemble trois à quatre fonctions qui seraient bien distincte dans une plus importante maison. Je m’occupe des évaluations pour nos clients locaux. Je voyage le plus souvent en Irlande, en Angleterre, en France et dans les plus grandes villes européennes pour estimer les pièces et voir avec les vendeurs pour éventuellement inclure leurs bijoux dans nos ventes à venir.

Une fois que ma vente est close, je commence le catalogage avec, parfois, des recherches historiques pour les lots les plus étonnants. Puis, vient le temps de la photographie avec notre photographe interne, la finalisation du catalogue et l’envoi à l’impression.

Quand celui-ci est parti chez l’imprimeur, le marketing prend le relais. Je pars à Londres rencontrer des acheteurs potentiels et leurs présenter nos plus beaux lots, je prépare les communiqués de presse pour le presse irlandaise ainsi que des encarts publicitaires pour la presse locale. La vente de mai qui arrive sera ma quatrième chez Adam’s et j’ai beaucoup d’idées pour les événements à venir… en effet quand la vente est finie, une nouvelle s’annonce ! Rien ne s’arrête vraiment et c’est bien là que réside la beauté des ventes aux enchères. Comme mon directeur me dit souvent « la douleur n’a pas de souvenir ». C’est complètement vrai, car le jour suivant, on a oublié la précédente et on travaille déjà sur celle qui arrive.

My days are rarely the same, which is something I do love. There is however a routine for each auction sale. My job pretty much covers 3 to 4 roles in bigger auction houses. I carry out jewellery valuations for our Irish clients, I travel mostly in Ireland, to the UK, France and other main European cities to value items and prepare sale proposals with the view of including them in my upcoming sales.

Once my sale is closed, I catalogue each item, do further cataloguing research for some top lots, work on the photography with our in-house photographer, lot the sale, prepare the layout etc…

Once the catalogue has gone to print, I work on all marketing aspects. I travel to London to show the highlights to potential buyers, prepare press releases for the Irish press, prepare ads for the local press…The May sale will be my fourth sale at Adam’s, so there’s plenty of new ideas which will be introduced with time…and once a sale is over, off to the next one! It never stops, that’s the beauty of auctions. As my director often tells me at the end of my auction ‘pain has no memory’, which is 100% true because the following day, you’re on to the next sale.

9- La joaillerie est un monde peu connue du grand public même si les choses changent progressivement. Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous motive à travailler dans ce secteur et ce que vous préférez dans l’exercice de votre profession ? Jewelry industry is often unknown for general public even if our world is changing. Can you explain us where you find your motivation and what you prefer to do in your job ?

C’est peut-être un peu cliché, mais je suis passionnée par la joaillerie et c’est justement l’amour des bijoux qui me motive quotidiennement. Il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre et chaque jour est intéressant. On ne s’ennuie jamais ! J’aime voyager et j’aime aussi être au contact de mes clients . C’est tout cela qui me motive et me donne toujours plus envie de continuer. J’aime aussi le fait de travailler dans une plus petite maison de vente car c’est aussi un défi quotidien de trouver des nouveaux clients et des lots remarquables. Du coup, je suis vraiment contente quand les pièces confiées sont vendues et quand je peux dire à nos clients que Adam’s était la bonne solution pour eux.

Passion and love for jewellery is what motivates me to do this job. There’s always something new to learn every day which is great, it’s never boring! I love travelling, and I love being in contact with clients. Everything combined is what motivates me to work in this field. I also love working for a smaller auction house because it is more of a challenge to capture new clients and consignments. It is so satisfying when their jewellery sells very well and they feel Adam’s was the right option for them.

10- Et ce que vous aimez le moins ? And what is the most boring ?

C’est un monde très masculin et c’est parfois difficile d’être prise au sérieux. C’est aussi un travail qui demande de nombreuses heures supplémentaires et je ne pourrai pas faire cela si je n’étais pas passionnée par ce que je fais.

It is very much a masculine world and it can be difficult to fit in or to be taken seriously at times. It’s a job that needs constant extra hours at the office and I couldn’t do it if I wasn’t passionate about what I do.

11- Revenons à l’exercice de votre métier : quelles sont aujourd’hui les grandes tendances dans le secteur des ventes aux enchères ? Le métier ne devient-il pas plus compliquer à exercer dans le climat de sur certification actuel des pierres gemmes ? Can you talk about trends in auctions ? Isn’t it more difficult to work while people want always more certifications about gemstones ?

C’est presque une question piège pour moi car le marché irlandais est complètement différent du reste de l’Europe et particulièrement en terme de mode. Depuis que je suis arrivée, j’essaye d’apporter ponctuellement ce gout « européen » mais je dois aussi tenir compte des gouts de mes clients et du fait que les irlandais aiment les colliers de perles de culture ou les bagues paniers… lesquels sont très difficiles aujourd’hui à vendre à Londres. Ils ne prennent pas trop de risques avec la joaillerie. Par exemple, il est intéressant de voir qu’une bague diamant n’est pas forcement le choix initial pour une bague de fiançailles et que les pierres de couleurs sont très prisées ici. De manière générale, les irlandais sont connaisseurs en matière de bijoux et ils savent ce qu’ils veulent.

Au sujet des certificats, je pense que c’est un très bonne chose car ils permettent de rassurer le propriétaire et l’acheteur. J’ai malheureusement du annoncer de mauvaises nouvelles depuis que je suis en poste donc un certificat de qualité est toujours un plus ! Il y a quelques mois, une cliente est venue avec un saphir de plus de 10 carats, avec une prétendue origine birmane. En fait, cette origine ne s’accompagnait pas d’un certificat. La pierre avait été achetée il y a quinze ans et sa couleur était suffisamment saturée pour qu’elle puisse espérer une valeur importante de cette gemme sur le marché actuel. J’ai fait envoyé la pierre à Londres et la pierre s’est avérée être synthétique. J’avais eu des doutes en la voyant mais je voulais voir mon premier avis confirmé. Le passage par un laboratoire de qualité est donc une étape primordiale !

This is quite a tricky question for me because I find that the Irish market is completely different to the rest of Europe, fashion/style-wise as well. I’ve been bringing a lot of ‘continental’ taste to the Irish market but I’ve had to adapt to the fact that the Irish love their cultured pearls, their traditional cluster rings… which was actually harder to sell in London. They’re not generally risk takers when it comes to choosing their jewellery. It’s also interesting to see that when looking for an engagement ring, a diamond is not necessarily their prime choice now. Coloured stones have taken a big part of the jewellery market. However, more generally speaking, it is true that people are more ‘educated’ about jewellery and know what to buy.

Personally I do think that laboratory certificates are positive because it helps us attest what we are selling and helps the buyer to be reassured of what he/she is buying. I’ve had to give some bad news to clients since I have arrived in Ireland. One specific event was a few months ago, a client came to me with a blue sapphire weighing over 10cts, supposedly from Burma. In fact, it was sold to her as of “Burmese” origin but of course without any certificate. She had bought the stone over 15 years ago with no laboratory certification, and as the current coloured stone market is particularly strong, in theory her stone would be worth a lot more today…to cut a long story short, I had it checked by a reputable laboratory in London, and the stone was synthetic…Of course I had my doubts when I saw the stone but I do believe laboratories are a good tool to confirm what we’re seeing and selling, although not all laboratories are reputable…

Lot 89 : bracelet rétro en or et diamant, vers 1940. Estimation entre 2,700 et 3,700€. Retro gold bracelet set with diamonds, circa 1940. Valuation between € 2,7-3,7k. Photo : Adam’s

12-Les ventes aux enchères se sont « glamourisées » depuis quelques années. Comment cela se gère-t-il dans la sélection des pièces et la préparation des catalogues ? Auctions have become more glamourous sine the last years. How do you make your selection ?

Je suis d’accord au sujet du fait que les ventes sont devenues plus tendances et « glamour » mais ce n’est pas vraiment le cas en Irlande et c’est justement cette touche que j’essaye d’apporter. J’ai, par exemple, introduit des partenariats dans les catalogues de joaillerie et j’invite une personnalité (parfois de la mode mais pas toujours) à faire une sélection de ses pièces favorites. Cela nous permet de rendre les catalogues plus attrayant mais aussi de toucher une clientèle différente. J’essaye d’introduire des designers peu connus en Irlande comme Margherita Burgener et j’ai plusieurs autres idées pour les mois à venir. Enfin, je développe les médias sociaux car je pense que cela est crucial. Je tisse des liens avec des bloggers spécialisés dans la joaillerie et la mode. J’ai besoin que l’on parle de mes ventes en Irlande et ailleurs !

I agree that auctions have become more glamorous – but this is not the case in Ireland as yet and since I have arrived in Adam’s this is what I am trying to bring to the table. Something I have introduced in each of the jewellery catalogues is a feature of someone ‘well-known’ in Ireland within the ‘fashion/social’ world (but not always). I invite known individual to write an introduction in which they pick their favourite pieces in the sale. Not only are they offered an ad in the catalogue when suitable, which makes my catalogue ‘glossier’, but they pass on the word and help me promote the catalogue with their connections which are usually the people I want to reach…I have started introducing new designers to the Irish market such as Margherita Burgener and I intend to reach out to more new designers in the next few months. I also think social media plays an important part, and I do try to be in touch with jewellery and fashion bloggers as much as possible as I need people to talk about my sales and make them look glamorous to the Irish market.

13-Quelles sont vos signatures préférées ? What are your favorite makers and designers ?

Je suis amoureuse de Suzanne Belperron. Je trouve qu’elle a survolé son époque et toujours été en avance. Aucune de ses pièces ne me déçoit et je trouve qu’elle apporte toujours un plus à la femme qui la met en valeur. J’aime aussi énormément les pièces de la maison Taffin créées par James de Givenchy. Ses créations sont audacieuses et originales, j’aimerai les posséder toutes. Je suis aussi fan de la joaillerie « pop » de Suzanne Syz, tellement chic et unique ! Et, bien sur, j’apprécie les créations de Margherita Burgener qui sait jouer avec les couleurs et s’adapter avec toutes les tendances.

I absolutely love Suzanne Belperron. She really was a designer ahead of her time and there’s not a piece that I find old fashioned or which wouldn’t compliment a contemporary woman. I am also very fond of jewellery by Taffin designed by James de Givenchy. His pieces are bold and original – I would love to own them all. His designs never disappoint me. I also love ‘pop’ jewellery by Suzanne Syz. It’s pop, unique and so chic! And of course I love to work with Margherita Burgener who plays with colours and who is able to adapt her designs to each market she works with.

14-Un moment inoubliable à partager ici : une vente remarquable, une pierre que vous n’oublierez jamais…etc. ? Have you an unforgettable moment to share with us ?

Quand je travaillais dans la vente en Suisse, j’ai vendu un magnifique bracelet signé Bulgari. Serti des plus beaux rubis, saphirs, diamants blancs et jaunes… Le design était classique mais il était d’une élégance intemporelle. Remarquablement articulé, je ne pense pas que beaucoup d’artisans puissent aujourd’hui reproduire cela. Nous l’avons vendu pour presque 1 million d’euro et je ne l’oublierai jamais.

Chez Bonhams, nous avons vendu le spinelle Hope et je dois avouer que cette pièce était tellement particulière et rare que ce fut un honneur de participer à cette aventure. (La pierre fut vendue pour 1,4 millions de dollars, nda).

When I was working in the trade, we sold a beautiful bracelet by Bulgari set with top quality emeralds, rubies, sapphires, diamonds and yellow diamonds…The stones were top quality, the design was classic and extremely classy and it was highly articulated hence beautifully made…I can’t think of many people or manufactures able to make such piece today. That was sold for a little over €1m and it’s a bracelet I will never forget, I adored it.

When I worked for another auction house based in London, we sold the ‘Hope’ spinel and I must say that it was a really special piece, historically speaking and quality wise and I was very proud of being part of that adventure.

Lot 194 : bague Art déco en platine, diamants et zircon orange de 6,2 carats. Estimation entre 1800 et 2800€. Art Deco platinum ring set with diamonds and a 6,20 ct orange zircon. Valuation between € 1,8-2,8k. Photo : Adam’s

15- Comment voyez-vous l’évolution de votre métier ? Internet change-t-il forcément le fonctionnement des maisons de ventes et l’attitude des vendeurs/acheteurs ? How do you imagine the future ? Internet has now taken an important part in auctions… 

Pour une maison de ventes comme Adams, bien connue en Irlande et à l’étranger pour ses ventes d’art mais moins pour ses ventes de bijoux, internet est un outils formidable ! Les catalogues sont accessibles en lignes comme la possibilité d’enchérir et les médias sociaux permettent une visibilité que nous n’avions pas avant. Mes ventes dépendent de cela. Certaines de mes pièces, postées sur IG, ont été vues au bout du monde et achetées par ces mêmes personnes. Cela ne serait pas possible sans internet. Nous n’avons pas de représentants dans les autres pays mais nous pouvons grâce à cela atteindre des clients partout dans le monde. Cela nous impose aussi d’être encore plus professionnel sur notre façon de cataloguer car les clients qui achètent depuis l’étranger ne se déplacent pas pour voir la ou les pièces. Ils nous font confiance et comptent sur notre expertise. Je ne peux donc pas seulement au marché irlandais pour estimer la joaillerie que nous proposons et je dois rester très à l’écoute du marché mondial. Cependant, mes clients cherchent aussi la meilleure affaire possible, c’est donc un jeu d’équilibre.

For an auction house like Adam’s, well known in Ireland and well known internationally for their Important Irish art sales but not as much for the jewellery sales, the internet is an incredible tool – for viewing catalogues online, bidding online, furthermore social media is extremely important for promotion and visibility. My sales hugely depend on it. Some pieces I posted on my Instagram account have been viewed on the other side of the world and bought by the same viewers, and this would not have had happened without internet. The internet enables auction houses like us, who don’t have representative offices outside of the country to compete with international houses by reaching clients anywhere in the world. Having said that, we have to be extra professional as to how we catalogue and report on the condition of the jewellery as some buyers will trust us enough to buy without seeing a piece of jewellery and they rely on our expertise so we have to stay on top of our game. Auction values also vary because of the internet. I can’t rely only on the Irish market to value jewellery, I must stick to the ‘international’ market because I also rely on the international buyers as well as my Irish clients, and because of the internet, they will buy where they find the better deal.

16- Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui veulent rentrer dans ce secteur ? What could you advice to young people who want to work in this industry ?

Je dirais que quel que soit le domaine dans lequel on souhaite évoluer, il faut faire les choses avec amour, passion et travailler dur. Bien sur connaître des gens dans un secteur aide mais si ce n’est pas le cas, il ne faut pas être timide et frapper aux portes mêmes quant elles paraissent impressionnantes. Je n’ai jamais été « aidée » pour obtenir un stage ou un travail mais j’ai toujours fait preuve de volonté et persisté pour obtenir ce que je voulais faire.

Enfin, et c’est un point très important pour ceux qui veulent rentrer dans ce secteur, je dirai qu’il est crucial d’avoir un diplôme reconnu de gemmologue mais que le plus important reste aussi l’expérience. Il faut voir des pierres, beaucoup de pierres. Des diamants comme des pierres de couleurs. Plus vous en verrez et plus vous affinerez votre intuition. Pour la joaillerie ancienne, il faut lire autant de livres que vous le pouvez. J’aime l’art et j’aime la joaillerie ; quand je me rends dans une exposition, je prête toujours une attention particulière à la joaillerie reproduite sur les tableaux. Elle reste la meilleure source de formation à l’histoire du bijou.

I would tell the same thing to any young person, actually wanting to work in any field, that you can do anything if you love what you do and if above all, you work hard. I would tell them that it helps to know people in the field but you can also do without it as long as you are not shy to impose yourself and knock on the big doors. I’ve never gotten an internship or a job because someone forwarded my candidacy but I’ve always been persistent in chasing what I have wanted to achieve.

…Lastly but more specifically, for the ones who want to enter the industry, I would tell them that it is great to pass a gemmological diploma but what’s most important is experience. The more they will see and examine diamonds and coloured stones, the more experience they will acquire  and their flair will develop! As for antique and period jewellery, reading books is also where you learn the most. I love art and love jewellery and when I go to see an art exhibition, I always pay attention to the jewellery that’s illustrated on the paintings which educates me a lot on ‘jewellery history’.

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A bientôt !

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