Avec Max Mazlo, la CAO vous veut du bien

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S’il y a une expression qui a tendance à crisper de nombreux joailliers, sertisseurs et polisseurs, c’est bien le terme  CAO qui signifie « Création assistée par ordinateur ». Cette technique est apparue dans le secteur de la joaillerie au tout début des années 2000 mais c’est depuis une dizaine d’années qu’elle est utilisée intensivement dans les ateliers et les bureaux de créations. Mais pourquoi une telle crispation autour d’une méthode à priori intéressante ? Tout simplement à cause, souvent, du manque de formation pratique des infographistes qui ont rejoint notre secteur sans avoir pratiqué à l’établi la fabrication des bijoux. Car, ce qui est beau sur un écran ne l’est pas toujours quand vient le temps du grattage et de l’assemblage.

C’est dans cette optique que je suis allée à la rencontre de Max Mazlo, joaillier et surtout infographiste freelance dans le 9e arrondissement de Paris pour comprendre comment la CAO peut être une aide et comment elle doit se pratiquer pour que les choses fonctionnent parfaitement.

If there is one expression that have a certain tendency to cringe many jewelers, gem-setters and polishers, it is the term CAD that mean respectively « Computer Aided Design ». This technique is appeared in the jewelry sector in the early 2000s, but have been used intensively in workshops and creative offices for the last ten years or so. But why such a tension around an interesting method ? Simply because, often, lack of practical training of graphic designers who have joined our sector. Because what is beautiful on a screen is not always good when it comes scratching and assembling.

It is with this in mind that I went to meet Max Mazlo, jeweler and especially freelance graphic designer in the 9th arrondissement of Paris to understand how CAD can be a help and how it should be practiced due to everything works perfectly.

max mazlo

Max Mazlo

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Pendentif en or, jade, émail et perle gold. Collection privée. Gold pendant featuring jade, enamel et gold pearl. Private collection. Photo : Max Mazlo

Avant de s’installer à son compte, Max a d’abord suivi une formation pratique dans la joaillerie et travaillé de nombreuses années avec son père : Robert Mazlo. En 1997, il rejoint le lycée Nicolas Flamel, à l’époque cette école est un haut lieu de formation pour la bijouterie et la joaillerie. Aujourd’hui, l’école n’existe plus en tant que telle mais a fusionné avec l’Ecole Boulle qui a vu, ainsi, la création d’un département de formation en joaillerie. Il passe d’abord son CAP puis un BMA. Il s’essaye aussi au sertissage durant une petit année. Non pas pour devenir sertisseur mais pour mieux comprendre comment cela fonctionne et les impératifs techniques que doit respecter un joaillier lors de la fabrication de sa pièce. C’est également durant ses études qu’il approche de manière partielle le travail sur l’ordinateur car celui-ci fait une timide apparition dans les écoles. Nous ne sommes qu’au début d’un mouvement qui va bouleverser durablement le secteur.

Before settling on his own, Max first took a practical training in jewelry and worked for many years with his father : Robert Mazlo. In 1997, he joined the high school Nicolas Flamel, at the time this school is a high place of training for jewelry. Today, the school no longer exists as such but has merged with Ecole Boulle, which has seen the creation of a jewelry training department. He first passes his NVQ and then a jewelry art diploma. He also tries setting during a small year. Not to become a gem-setter but to better understand how it works and the technical imperatives that a jeweler must respect when making his piece. It is also during his studies that he partially approaches the work on the computer because it is a shy appearance in schools. We are only at the beginning of a movement that will permanently upset the sector.

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Bague en argent et vitrail de Chartres. Collection Privée. Silver ring with Chartres glass. Private collection. Photo : Max Mazlo

Après Flamel, il intègre l’AFEDAP pour développer ses envies de création et s’extraire un peu de la technique. A la suite de cela, il entre alors chez son père où il restera presque quatre ans de 2004 à 2008. Il caractérise alors cette période comme « un moment dédié principalement à la créativité« . Si la technique est importante chez les Mazlo, elle ne doit pas se départir de l’invention et de l’imagination. Une pièce doit être correctement exécutée mais elle se doit de raconter des choses et des histoires. Il va alors faire de nombreuses expérimentations : pierres gemmes, vitrail de Chartres… etc. Durant toutes ces années, il continue de travailler sur les logiciels de CAO, il suit des formations, se renseigne sur les nouveaux procédés et continue de s’améliorer dans sa pratique de ces nouveaux outils qui, lorsqu’il quitte l’atelier familial, sont désormais parfaitement implantés dans le processus de fabrication en joaillerie. En 2008, il intègre pour quelques mois un atelier de haute joaillerie pour faire du développement CAO en interne puis il décide de se lancer à son compte au tout début de l’année 2009. Dans la foulée, il devient également formateur pour Rhino 3D, un important fournisseur de logiciels à destination de l’industrie joaillière. C’est ainsi que née MaxM, son entreprise dédiée à la conception et à l’impression 3D.

After Flamel, he joined the AFEDAP to expand his creative desires and extract a little bit to the technique. As a result, he then enters his father’s home where he will remain almost four years from 2004 to 2008. He then characterizes this period as « a moment dedicated mainly to creativity ». If the technique is important to Mazlo familly, it should not depart from invention and imagination. He will then do many experiments: gemstones, stained glass of Chartres … etc. A jewel must be properly made but it must tell things and stories. During all these years, he continues to work on CAD software, he follows trainings, learns about the new processes and continues to improve in his practice of these new tools which, when leaving the family workshop, are now well established in the jewelery manufacturing process. In 2008, he joined for a few months a high jewelry workshop to make CAD development internally then he decided to start his own at the beginning of 2009. In the process, he also became a trainer for Rhino 3D, an important software manufacturers for the jewelry industry. Thus born MaxM, his company dedicated to the 3D design and -printing.

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Pendentif en or blanc et jaune serti d’un entourage de diamants noirs et blancs, d’un péridot, d’une améthyste et d’une perle de Tahiti. Collection privée. White and yellow gold pendant featuring black diamonds, peridot, amethyst and Tahiti pearl. Private collection. Photo : Max Mazlo

« Le 3D combine défis et technicité. Mais en joaillerie, elle nécessite d’avoir une bonne base à l’établi pour la pratiquer correctement. Sans cela, on en arrive aux crispations que l’on connait : des pièces mal conçues, des ajustages qui ne fonctionnent pas, des retreints de fonte mal calculés, du temps que l’on ne devrait pas perdre. »

« 3D combines challenges and technicality, but in jewelry, it requires having a good base at the workbench to practice it properly, without which we come to the tensions that we know : poorly designed parts, adjustments that do not work, poorly calculated cast-offs, time that we should not lose. « 

Max Mazlo

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Bague en argent poli/brossé et vermeil micro martelé, sertie d’une améthyste. Série limitée à dix exemplaires. Silver and gilded silver ring feturing amethyst. Only ten rings. Photo : Max Mazlo

Parallèlement à son expertise en modélisation et son travail pour ses clients joailliers et designers, Max initie aussi un travail de création pour quelques clients privilégiés, en Europe mais aussi en Asie et plus particulièrement au Japon. Lui qui ne se décrit par comme un artiste mais bien comme un technicien trouve  dans cette pratique créative une manière différente de pratiquer son métier. Convaincu aussi que la 3D n’est pas toujours la solution parfaite, il n’hésite pas à travailler à la main quand la réalisation n’est possible que de cette manière. Son travail personnel mélange or, titane, diamants, jade… Il suit sa propre inspiration. A la question de savoir s’il se lancera un jour dans la conception d’une collection complète, il estime que c’est possible. Reste à trouver le fil conducteur de celle-ci mais aussi le temps car outre son entreprise, il est également enseignant à l’Académie des Métiers d’Art où il transmet la 3D avec sa manière, à lui, de bien faire les choses pour que celle-ci ne soit plus une source de crispation pour de nombreux artisans.

In addition to his expertise in modeling and his work for jewelry and design clients, Max also initiates creative work for some privileged clients, in Europe but also in Asia and more particularly in Japan. He who describes himself as an artist but as a technician finds in this creative practice a different way of practicing his profession. Convinced also that 3D is not always the perfect solution, he does not hesitate to work by hand when the realization is possible in this way. His personal work mixes gold, titanium, diamonds, jade … He follows his own inspiration. When asked if he will ever start designing a complete collection, he thinks it is possible. It remains to find inspiration but also the time because besides his company, he is also a teacher at the Academie des Metiers d’Art where he transmits 3D with his own way of doing things so that it no longer a source of tension for many artisans.

max mazlo

Bague en or, titane et diamant. Gold and titanium ring featuring diamond. Photo : Max Mazlo

Aujourd’hui, les techniques informatiques modernes sont bien présentes dans notre métier, elle continuent d’évoluer et les développeurs comme les bureaux de créations vont de plus en plus loin. En témoigne la dernière collection de la maison Boucheron qui a fait appel à la tomodensitométrie pour capter toutes les nuances des fleurs et végétaux qui composent « Nature Triomphante ». Désormais, vous le savez, la 3D ne vous veut que du bien. A la condition ultime qu’elle soit pratiquée par des professionnels de la joaillerie et également dans une utilisation raisonnable. Quoi qu’il en soit, vous savez aussi à qui vous adresser !

Today, modern computer techniques are very present in our business, they continue to evolve and developers as creative offices are going further and further. This is evidenced by the latest Boucheron collection that uses CT to capture all the nuances of flowers and plants that make up « Nature Triomphante ». From now on, you know, 3D wants you only good. The ultimate condition that it is practiced by jewelry professionals and also in a reasonable use. Anyway, you also know who to talk to !

À bientôt !

See you soon !

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Max Mazlo – MaxM

32 rue des Victoires, 75009 Paris

+33 (0) 1 77 18 31 76

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