Lemercier, lapidaire tout terrain

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Niché dans une cour du IXe arrondissement se trouve l’un des plus anciens ateliers lapidaires parisiens. La maison Lemercier qui a vu le jour à la fin du XIXe siècle, en 1893 avec Paul Edmond Lemercier, travaille toujours pour les plus grandes maisons de joaillerie, qu’elles soient françaises ou internationales. Avec une spécialité : la taille et l’ajustage sur œuvres des pierres qui entrent dans la composition des bijoux les plus prestigieux.
Nestled in a 9e district courtyard is one of the oldest Parisian lapidary workshops. The Lemercier house, which was founded at the end of the 19th century, in 1893 with Paul-Edmond Lemercier, still works for the biggest French and international high-end jewelry houses. With a specialty : the cut and the adjustment on works of the stones which enter in the composition of the most prestigious jewels.

Derrière les grandes façades du 9e arrondissement de Paris se cachent souvent des pépites. A force de nous suivre dans nos pérégrinations joaillières, vous allez presque connaitre aussi bien que nous cet arrondissement où l’industrie de la joaillerie a posé, voila longtemps, ses valises, ses hommes, ses femmes, ses machines et son savoir-faire. Une grande porte cochère, puis un jardinet discret où s’entremêlent vélos et géraniums. Nous grimpons quatre à quatre les marches de l’immeuble où nous avons rendez-vous avec Damien Lemercier, directeur de l’entreprise éponyme depuis que son père la lui a transmis début 2018.

Behind the large facades of the 9th arrondissement of Paris are often hidden treasures. By dint of following us in our jewelry journeys, you will almost know as well as us this district where the jewelry industry has put down for a long time its men, women, machines and its know-how. A large carriage door, then a small garden where are intermingled bikes and geraniums. We climb four to four the steps of the building where we have an appointment with Damien Lemercier, director of the company of the same name since his father sent it to him early 2018.

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M. Damien Lemercier dans l’atelier en compagnie de l’un de ses lapidaires. M. Damien Lemercier with on of his gem-cutter. Photo : Michel Rubinel

Grand, souriant et bien dans son époque, Damien Lemercier est présent depuis de nombreuses années dans l’entreprise familiale : « Je suis arrivé il y a neuf ans maintenant. Je suis venu ici pour me former et apprendre. C’était mon choix. J’ai passé mon CAP à la BJOP (aujourd’hui HEJ, nda). Ma formation est exactement la même que celle que nous dispensons à nos apprenti(e)s actuel(le)s. On ne forme pas pour que les gens partent après, notre objectif est qu’ils restent le plus longtemps possible. » A la question de savoir si rejoindre l’entreprise de son père était un choix naturel, Damien reconnait que « ce n’était pas évident ». De prime abord intéressé par une formation en ingénierie ou en architecture, il recherche quelque chose qui mélange technique et coté artistique : « Avec les pierres je cumulais tout ça, j’avais le sentiment d’être autant dans l’apprentissage que dans la productivité. Je me suis donné six mois pour voir ce que ça donnait. Et je ne suis jamais parti ! » ajoute-t-il en riant.

Tall and smiling, Damien Lemercier has been present for many years in the family business : « I arrived nine years ago now. I came here to train and learn. It was my choice. I spent my gem-cutter NVQ at the BJOP (today HEJ, nda). My training is exactly the same as that we provide to our current apprentices. We do not train for people to leave after, our goal is that they stay many years with us and that they feel good here. » To the question of whether joining his father’s business was a natural choice, Damien acknowledges that « it was not easy. » At first sight interested in a training in engineering or architecture, he is looking for something that mixes technical and artistic side: « With the stones I cumulated all that, I felt as much in learning as in productivity. I gave myself six months to see what it was. And I never left ! » He adds, laughing.

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L’atelier regorge de matières aussi étonnantes qu’enthousiasmantes qui attendent d’être travaillées par les lapidaires de la maison. Ici, de l’agate blanche. In the workshop, we find many amazing and nice materials which just wait to be cut by the in-house gem-cutters. Here are white agate slides. Photo : Marie Chabrol

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Ici, plusieurs pierres qui attendent d’être retaillées. Some stones which to be cut. Photo : Marie Chabrol

L’entreprise Lemercier fait partie de ces entreprises françaises dont le savoir-faire s’est enrichi et renforcé décennie après décennie. Ainsi que l’explique très justement Damien en déclarant : « C’est ce qui m’a plu ici quand j’ai découvert de manière plus intime l’entreprise de mon père. Si nous n’avions fait que de la pierre à facettes, je ne suis pas sûr que je serai resté. Mais il y avait tellement de choses et l’entreprise a toujours été précurseur dans ses réalisations. Elle sait répondre aux commandes complexes et atypiques. Ici les challenges ne nous font pas peur, c’est d’ailleurs ce que l’on préfère. Je suis arrivé à une période où le métier vivait des changements dans les modes de fabrication. Quelques années après, nous avons investi en intégrant l’usinage pour des tailles complexes ou de répétition. Car ce métier, s’il ne peut se passer de la main humaine, fait néanmoins face à des évolutions technologiques assez stupéfiantes ! »

The Lemercier company is one of those French companies whose know-how has been enriched and strengthened decade after decade. As Damien quite rightly explains : « That’s what I liked about here when I discovered my father’s business in a more intimate way. If we had only made faceted stone, I’m not sure that I will have stayed. But there were so many things and the company has always been a forerunner in its achievements. It knows how to answer to complex and atypical orders. Here the challenges do not scare us, we like that besides. I arrived at a time when the industry was experiencing changes in manufacturing methods. A few years later, we invested by integrating machining for complex or repetitive cut. Because this job, if it can not do without the human hand, is nevertheless facing rather amazing technological evolutions ! » 

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Une taille spéciale en cours de réalisation, c’est la spécialité de la maison Lemercier. Here is a fancy cut on fire, this is the specialty of the Lemercier house. Photo : Marie Chabrol

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Fixation d’une pierre avant sa taille sur mesure. Fixing a stone before the cut. Photo : Marie Chabrol

Si l’entreprise peut se permettre de travailler sur des toutes petites pierres facettées, à partir de 8/10e, elle a très vite compris que la pierre ornementale (lapis-lazuli, agate, malachite…etc.) allait reprendre une place importante sur le marché et qu’il fallait être prêt à répondre aux demandes des clients de la maison. D’ailleurs ni Marc, ni Damien Lemercier n’ont eu tort à ce sujet. Les cinq dernières années nous ont permis d’admirer des pièces de haute joaillerie où les pierres anciennement dites « dures » sont désormais parfaitement assorties aux gemmes facettées les plus rares : tourmalines de type Paraïba, grenats tsavorites, émeraudes, rubis et meme diamants se mélangent audacieusement et apportent un contraste et une fraîcheur bienvenus dans les collections. Ainsi « nous avons initié très tôt des partenariats et des collaborations étroites avec des usines lapidaires basées hors de France, en Allemagne par exemple, où nous avons poussé le développement de techniques et de machines-outils. Nous avons imaginé des projets toujours plus complexes, plus techniques. En initiant une forme de département R&D au sein de Lemercier, nous avons pu proposer à nos clients des choses inédites dans la haute joaillerie. Nous avons aussi pu répondre à une demande de répétition des maisons pour des séries et ainsi fournir une matière suivie tant dans les formes et que les couleurs. C’est l’une des grandes forces de notre maison qui a certes su garder sa trame artisanale mais qui aujourd’hui peut répondre à des demandes provenant des chefs de produit dont la plupart sont souvent ingénieurs de formations » ajoute Damien Lemercier, qui complète : « j’aime l’idée que l’on associe l’entreprise Lemercier à son niveau de qualité et d’exigence. »

If the company can afford to work on very small faceted stones, from 8/10, it quickly realized that the ornamental stone (lapis lazuli, agate, malachite … etc.) would take again an important place on the market and that it was necessary to be ready to answer the requests of the house’s customers. Besides, neither Marc nor Damien Lemercier were wrong about it. The last five years have allowed us to admire pieces of high-end jewelry where the stones formerly called « hard » are now perfectly matched to the rarest faceted gems: Tourmalines Paraiba-type, tsavorite garnets, emeralds, rubies and even diamonds are mixed boldly and bring a welcome contrast and freshness to the collections. Thus « we initiated very early partnerships and close collaborations with lapidary factories based outside France, in Germany for example, where we pushed the development of techniques and tools. We have imagined ever more complex and more technical projects. By initiating a form of in-house R&D department, we have been able to offer our clients new things in high-end jewelry. We have also been able to answer for mass-production and thus provide a material followed in both forms and colors. This is one of the great strengths of our house that has kept its handcraft but today can meet requests from product managers, most of whom are often training engineers » adds Damien Lemercier, which completes : « I like the idea that we associate the Lemercier Company with its level of quality and requirement. »

De très nombreuses matières pour répondre à toutes les demandes. So many materials to answer to every requests. Photo : Marie Chabrol

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Ici, des feutres pour le polissage des pierres. Here are some tools for stone-polishing. Photo : Marie Chabrol

En terme de propositions, la maison peut répondre à peu près à toutes les demandes : facettes, cabochons, gravure sur pierres mais également sculpture. « Nous achetons du brut pour travailler. Ce peut être des pierres ornementales mais également des bruts d’exception pour des tailles à facettes ou complexes. Cette spécificité est nécessaire pour la réalisation de pièces particulières : améthystes, agates, cristal de roche, aigues-marines, turquoises…etc. Nous partons de la matière brute pour coller à la commande de notre client. Mais nous effectuons également des travaux de retaille à partir de pierres qui sont fournies par nos clients. » C’est cette manière de concevoir leur activité de lapidaire qui lui permet de travailler avec les plus grandes marques de joaillerie. « Voila deux ans, nous avons intégré un centre d’usinage en interne car cette technologie fait indéniablement partie de l’avenir du métier. C’est notre investissement le plus important de ces dernières années. C’était un vrai risque financier, humain et technique. Mais il a suscité l’intérêt de nos clients et ils ont répondu présents. On peut, grâce à cela, proposer des ajustages très complexes qu’il serait difficile de faire à la main. On peut ainsi ébaucher en machine puis terminer à la main. »

In terms of proposals, the house can meet almost all requests : facets, cabochons, engraving on stones but also sculpture. « We buy rough stones to work. It can be ornamental stones but also exceptional roughs for faceted or complex cut.. This is necessary to realize particular pieces : amethysts, agates, rock crystal, aquamarines, turquoises… etc. According to the requests, we leave either from raw material to stick to the order of our customer. » It is this way of thinking about their lapidary activity that allows them to work with the most important jewelry brands. « Two years ago, we created an in-house machining center because this technology is undeniably part of the future of the business. This is our most important investment in recent years. It was a real financial, human and technical risk. But it aroused the interest of our customers and they answered present. We can, thanks to that, propose adjustments on very complex works that would be difficult to do by hand. It can be first machined and finished by hand. »

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La maison Lemercier est force de propositions, aussi elle est capable de proposer des matières très différentes à ses clients. The Lemercier house is a creative force and is able to advice very different materials to its customers. Photo : Marie Chabrol

Aussi la maison a toujours travaillé pour les plus grands noms de la joaillerie. Et ce depuis sa création. Et pourtant la maison transmise de père en fils , « il y a eu Pierre-Edmond, Paul, Marc et maintenant moi-même » explique Damien Lemercier, n’a que peu d’archives. Elle conserve cependant un petit trésor avec un carnet de croquis provenant de l’arrière grand-père où celui-ci dessinait toutes les pièces qui passaient dans son atelier. On note que la demande de l’époque concernait quasi uniquement du calibré avec des rubis, des saphirs et des émeraudes : « j’aime particulièrement un petit clip représentant une voiture, signe que cette nouvelle forme de circulation, était absolument révolutionnaire. » Un clin d’oeil touchant à une époque où l’on rêve, nous, de faire sortir les voitures des villes !

Also, since its creation, the house has always worked for the biggest names in jewelry. And yet the house handed down from father to son, « there was Pierre-Edmond, Paul, Marc and now myself » says Damien Lemercier, has few archives. However, it keeps a small treasure with a sketchbook from the great grandfather where he drew all the pieces that passed in his workshop. We note that the demand of the time was almost only calibrated with rubies, sapphires and emeralds : « I particularly like a small clip representing a car, a sign that this new form of traffic, was absolutely revolutionary. » A wink that touches on a time when we dream of bringing cars out of cities !

Ce croquis représente une petite voiture sur lequel il a fallu ajuster 16 rubis. Vers 1908. This drawing is figuring a tiny car brooch on which 16 rubies were necessary. Circa 1908. Photo : Marie Chabrol

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Une longue histoire de famille qui remonte à 1893. A long familly-history which have began in 1893. Photo : Marie Chabrol

Aujourd’hui, l’entreprise Lemercier compte une quinzaine de personnes partagée entre administratif et atelier. Alors que Damien Lemercier a repris les rênes de la maison depuis presque deux ans, son père – Marc – vient d’officialiser son départ pour la fin de l’année 2019. « La transmission s’est faite en douceur et très progressivement. Il s’est habitué à déléguer et j’ai pris au fur et à mesure plus de responsabilité. Il est très heureux de partir à la retraite mais je ne doute pas un instant qu’il continuera à venir saluer très régulièrement son équipe ; sa famille professionnelle devrais-je même dire » complète celui qui est désormais dépositaire du destin de l’entreprise.

Today, the Lemercier company has about fifteen people divided between administrative and workshop. While Damien Lemercier has taken over the reins of the house for almost two years, his father – Marc – has just formalized his departure for the end of 2019. « The transmission was smooth and very gradually. He got used to delegating and I took more and more responsibility. He is happy to retire, but I have no doubt that he will continue to come and greet his team very regularly ; his professional family should I even say » completes the one who is now custodian of the destiny of the company.

Détail d’une broche dans les archives de la maison sur laquelle il a fallu tailler quinze rubis et neuf émeraudes. A drawing from a brooch on which fifteen rubies and nine emeralds were cut. Photo : Marie Chabrol

Etape de taille d’un onyx dans l’atelier. Cutting an onyx in the workshop. Photo : Marie Chabrol

Et justement, qui dit destin d’une entreprise artisanale de cette envergure, dit aussi recrutements. Un sujet sensible dans les métiers manuels qui peinent parfois à recruter. « L’entreprise s’est spécialisée dans les demandes complexes, c’est aussi sur cette spécificité que nous nous appuyons pour recruter. Nous avons ici des profils qui aiment la difficulté et le challenge permanent. Notre politique de recrutement passe donc d’abord par la formation et la transmission. On essaye de former un jeune tous les trois ans environ. » D’ailleurs, la maison reconnait ne pas avoir de trop grosses difficultés à trouver des jeunes gens motivés par ce métier si particulier. Non, le point faible dans le recrutement est sa localisation explique Damien Lemercier : « Paris est une ville certes formidable mais aujourd’hui plus de 80% de nos effectifs sont à plus d’une heure aller-retour de la capitale. Ils sont souvent basés loin en banlieue, par choix. La plupart de nos lapidaires aiment le calme et la nature. C’est certainement dû au métier qui exige une grande concentration. Et ce luxe est quasi impossible à trouver à Paris compte tenu des prix dans la capitale. Mais du coup, faire venir des gens extérieurs à la vie parisienne et à ses inconvénients est toujours compliqué. Parallèlement, cet éloignement géographique de nos salariés fait parti de nos défis en terme de management. » Un argument pleinement actuel à l’heure où la ville, qui perd désormais des habitants, doit se réinventer pour continuer à séduire.

And precisely, that says destiny of a craft company is saying about recruitments. A sensitive subject in the manual trades who sometimes struggle to recruit.  » The company is specialized in complex requests, it is also on this specificity that we support ourselves to recruit. We have here people that like the difficulty and the permanent challenge. Our recruitment policy therefore starts with training and transmission. We try to train a young person every three years or so. » Moreover, the house recognizes that it is not too difficult to find young people motivated by this particular job. No, the weak point in recruitment is its location explains Damien Lemercier: « Paris is a great and inspiring city but today more than 80% of our workforce are more than an hour return from the capital. They are often based far away in the suburbs, by choice. Most of our lapidaries love calm and nature. This is certainly due to the job that requires great concentration. And this is impossible to find into Paris. So, bringing people outside Parisian life and its disadvantages is always complicated. At the same time, this geographical distance of our employees is part of our management challenges. » A fully current argument at a time when the city is losing inhabitants.

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Dans l’atelier. Préparation des dopps, ces batons en bois qui permettent de fixer les pierres. In the workshop. Here are the dopp, wood sticks used to fix gemstones. Photo : Michel Rubinel

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Dans l’atelier, des matières par centaines attendent sagement. Ici, du bois fossilisé. In the workshop, so many material patiently wait. Here is petrified wood. Photo : Marie Chabrol

La maison Lemercier fait partie de ces entreprises françaises remarquables. Elle excelle dans l’art lapidaire et contribue à la réalisation de pièces de hautes volées. Dont nombres peuvent être admirées semaine de la mode après semaine de la mode. Que nous réservera-t-elle dans les années à venir ? Certainement des pièces incroyables. L’avenir semble s’annoncer sous les meilleurs auspices, nul doute que dans ce petit coin caché du 9e arrondissement, les lapidaires à l’oeuvre sauront répondre positivement aux défis les plus improbables. Et nous avons déjà hâte d’admirer les futures réalisations !

Lemercier is one of those remarkable French companies. It excels in lapidary art and contributes to the production of top-quality pieces. Many can be admired fashion week after fashion week. What will it reserve for us in the coming years ? Certainly incredible pieces. The future seems coming under the best auspices, no doubt that in this hidden corner of the 9th arrondissement, lapidaries will answer positively to the most unlikely challenges. And we are already looking forward to seeing future achievements !

À bientôt !

See you soon !

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4 commentaires Ajoutez le votre

  1. Bruno dit :

    Très belles photos
    Très intéressant
    Merci

    1. Marie Chabrol dit :

      Mille mercis !!!

  2. Lemercier Francis dit :

    C’est avec fierté que je fais ce commentaire. Admiratif de la continuité de cette entreprise créée par Paul Lemercier décédé trot tôt en 1915, mais sa veuve a continuée de faire vivre la maison jusqu’à ce que son fils Pierre puisse reprendre les rênes, puis Marc et enfin Damien, en espérant que cela continuera longtemps, et toujours dans l’amour et la perfection du travail.

    1. Marie Chabrol dit :

      Merci de votre message, ce fut un vrai plaisir de réaliser ce portrait de l’entreprise avec Damien 🙂

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