Jacques Frappa, une vie de négociant

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Rencontrer Jacques Frappa, c’est ouvrir un livre plein de souvenirs, c’est voyager aux quatre coins du monde, c’est rire et réfléchir beaucoup car l’homme possède une humour franc et porte un regard plein d’intelligence sur son univers professionnel. Je vous emmène donc à la rencontre d’un négociant dont la vie s’ancre entre le Brésil, la France et le monde entier. Mais pour comprendre son parcours, il faut repartir dans les années 70…

Meet Jacques Frappa is like to open a book filled with many memories. It’s traveling around the world, it’s laughing and thinking a lot because the man has a frank humor and a look of intelligence on his professional world. So I invite to meet a merchant whose life is anchored between Brazil, France and the world. But to understand his career, you have to go back to the 70’s …

Jacques frappa, gama gem

Opale d’Ethiopie pour 20,40 carats. A 20,40 ct natural Ethiopian opal. Photo : ©MarieChabrol

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« J’achète des pierres pour les vendre. Mais aussi pour stimuler l’imagination des créateurs. J’aime pouvoir proposer des matières qui vont raconter des histoires et en faire naître ! »

« I buy stones to sell, but also to stimulate the imagination of creators. I like to be able to offer materials that will tell stories and give birth to them ! »

Jacques Frappa

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Jacques frappa, gama gem

Saphirs « rose cut » naturels et non traités en provenance du Sri Lanka. Rose cut natural and untreated Ceylon sapphires.  Photo : ©MarieChabrol

1973, Jacques est un jeune adulte qui a besoin d’aventures. C’est comme cela qu’il décide, grâce à des relations familiales, de partir au Brésil. Un premier passage par Rio puis après quelques mois, il arrive et s’installe à Salvador de Bahia. S’en suit une première année festive. Puis l’envie de s’établir le rattrape. Et il ouvre entre la fin 74 et le début 75 un bar restaurant le « Berro d’Agua ». Il ira même jusqu’à posséder une boite de nuit. La vie nocturne s’avère être pleine de surprises et c’est par ce biais qu’il va redécouvrir les pierres gemmes et continuer sa vie avec elles…

1973, Jacques is a young adult who needs adventures. That’s how he decides through family relationships to go to Brazil. A first passage through Rio then after a few months, he arrives and settles in Salvador de Bahia. It follows a festive first year. Then the desire to settle catches up with him. And it opens between the late 74 and early 75 a bar restaurant « Berro d’Agua ». He will even own a nightclub. The nightlife turns out to be full of surprises and this is how he will rediscover the gemstones and continue his life with them …

Jacques frappa, gama gem

Appairage de béryls vert facettés sur les faces des bruts, 80 carats. Two important green beryls, facetted following the rough stones, 80 carats. Photo : ©MarieChabrol

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« Pourquoi les pierres ? Ma mère avait toujours eu de très beaux bijoux et de très belles pierres. Je me souviens de ses saphirs par exemple. Je n’avais jamais imaginé devenir négociant. Personne de ma famille ne faisait ce métier. C’est l’histoire d’une rencontre. »

« Why the stones? My mother had always had very beautiful jewels and very beautiful stones, I remember her sapphires, for example. I had never imagined becoming a merchant, no one in my family was doing this job. It is a story of a meeting. « 

Jacques Frappa

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Jacques frappa, gama gem

Saphirs bruts roulés en provenance du Sri Lanka et de Madagascar. Rough polished sapphires from Ceylon and Madagascar. Photo : ©MarieChabrol

Un soir, il fait la connaissance de M. Alain Pigot, un négociant français qui connait bien le Brésil et qui s’intéresse à des pierres qui n’ont pas encore vraiment percées en Europe mais qui sont bien connues localement : les émeraudes de Carnaïba. Ce gisement s’est fait connaitre à partir de 1965 et la ville a vu sa population croitre de 200 à 15,000 âmes en quelques mois. Nous sommes au début des années 80 et Jacques vient de trouver une passion qui ne le quittera jamais : les gemmes. Il s’associe à Alain et ils investissent leur économies respectives pour commencer à acquérir des pierres brutes afin de les faire tailler. A l’époque, ce secteur du Brésil est un véritable lieu de chasse pour les quelques négociants présents pais surtout pour les garimpeiros qui ont afflué de partout à la recherche des précieuses pépites vertes. Mais le gisement s’épuise. Par contre, ils vont être parmi les premiers sur la mine de Socoto. La phlogopite qui caractérise le lieu est riche en béryls et la présence de mica se retrouve souvent en petites inclusions dans ces pierres, signant en partie cette provenance particulière. 1983, c’est la ruée dans l’Etat de Bahia.

One evening, he met Mr. Alain Pigot, a French merchant who knows well Brazil and who is interested in stones that have not yet really breakthroughs in Europe but are well known locally : the emeralds of Carnaïba . This deposit became known from 1965 and the city saw its population grow from 200 to 15,000 souls in a few months. We are at the beginning of the 80s and Jacques has just found a passion that will never leave him : the gems. He partners with Alain and they invest their respective savings to start acquiring rough stones to have them cut. At the time, this area of ​​Brazil is a real hunting ground for the few merchants present especially for garimpeiros who flocked from everywhere in search of precious green crystals. But the deposit is running out. However, they will be among the firsts on the Socoto mine. The phlogopite which characterizes the place is rich in beryls and the presence of mica is often found in small inclusions in these stones, partly signing this particular provenance. 1983 is the rush in the state of Bahia.

Jacques frappa, gama gem

Photo des exploitations à Carnaibe,  années 80. The Carnaïba emerald mine, 80s. Photo : Jacques Frappa

Le village est devenu une ville et des mineurs s’installent un peu partout. Ce terrain est riche et les pierres, certes souvent petites, sortent en grandes quantités. C’est le moment où jamais de prospecter et d’acheter. Jacques explique alors que ces émeraudes sont souvent des pierres plus commerciales. Il y a peu de grosses pierres même si elles existent et les vendeurs tentent, à l’époque, de les vendre comme de la colombienne. Plusieurs verts existent : « Alface » décrivant un vert salade quand « Sumo » s’utilise pour un vert plus profond et saturé. Les années 80 voient aussi l’arrivée des traitements à la résine. A l’époque, il faut acheter les pierres brutes qui sont proposées dans l’eau, car le gras de l’huile ou de la résine réagit et se voit en surface. Le danger est présent aussi. Et « l’attaque de la diligence » une réalité quotidienne… Après quelques années à acheter et à vendre sur le territoire brésilien, Jacques décide de revenir vers son pays d’origine : la France. A ce moment, l’aventure va continuer, pour lui, en solo. Début 1990, il commence à prospecter dans l’Hexagone !

The village has become a city and miners are settling everywhere. This land is rich and stones, although often small, come out in large quantities. This is the time to prospect and buy. Jacques explains that these emeralds are often more commercial stones. There are few big stones even if they exist and sellers are trying, at the time, to sell them as Colombian. Several greens exist : « Alface » describing a green salad when « Sumo » is used for a deeper and saturated green. The 1980s also saw the arrival of resin treatments. At the time, it is necessary to buy the raw stones which are proposed in the water, because the fat of the oil or the resin reacts and sees itself on the surface. The danger is present too. And « the attack of diligence » a daily reality … After some years to buy and sell on the Brazilian territory, Jacques decides to return to his country of origin : France. At this moment, the adventure will continue, for him, as solo. At the beginning of 1990, he began prospecting in France !

Jacques frappa, gama gem

Opales du Mexique pour 14,31 carats. Mexican opals for 14,31 carats. Photo : ©MarieChabrol

Les débuts de l’émeraude brésilienne en France ne sont pas évidents. Les créateurs et les départements pierres des maisons sont habitués à la chaleur de l’émeraude de Colombie. Il faut dire que le marketing autour de cette pierre est très présent, parfois même agressif, ne laissant pas ou peu de place aux autres provenances. Pourtant, Jacques va réussir à convaincre ses premiers clients avec ces pierres plus atypiques. Il va aussi progressivement s’ouvrir aux autres matières et explorer d’autres territoires. Les tourmalines du Brésil vont devenir l’une de ses spécialités, sa connaissance du pays et la langue lui permettant de se fournir sur des gisements tout neufs ! Puis l’Asie va devenir un terrain de jeu merveilleux pour cet amoureux des gemmes. Depuis une dizaine d’années, il s’autorise des matières plus atypiques avec des pierres et des tailles souvent étonnantes qu’il garde dans sa collection et propose à des créateurs en recherche de choses différentes.

The beginnings of the Brazilian emerald in France are not easy. The creators and stone departments of the houses are accustomed to the warmth of the Colombian emerald. It must be said that marketing around this stone is very present, sometimes even aggressive, leaving little or no opportunity for other sources. However, Jacques will succeed in convincing his first clients with these more atypical stones. It will also gradually open to other materials and explore other territories. The tourmalines of Brazil will become one of his specialties, his knowledge of the country and the language allowing him to provide himself on new deposits ! Then Asia will become a wonderful playground for this lover of gems. For the past ten years, he has allowed himself to buy more atypical materials with stones and sizes that are often astonishing, which he keeps in his collection and offers to creators in search of different things.

Jacques frappa, gama gem

Quartz bicolores de type améthystes. Some bicolor quartz / amethysts. Photo : ©MarieChabrol

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« J’aime chercher. Plus la recherche est difficile et compliquée, plus cela me plait. J’aime me creuser la tête, trouver de nouveaux fournisseurs, nouer des relations pour arriver à dénicher la pierre qui va faire pétiller les yeux de mon client. »

« I like to search, the more difficult and complicated the search is, the more I like it. I like to dig my head, find new suppliers, build relationships to find the stone that will make my client’s eyes sparkle. »

Jacques Frappa

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Jacques frappa, gama gem

Dans la main de Jacques, un nodule d’opale du Mexique, 30,45 carats. In the Jacques’ hand, a 30,45 carat Mexican opal. Photo : ©MarieChabrol

A la question de savoir si une pierre le fait plus vibrer qu’une autre, il répond sans hésiter que le rubis possède définitivement quelque chose de différent. De toutes les pierres, c’est une des seules qui se doit d’être absolument parfaite. Sa couleur rouge ne lui laissant pas le choix. Vendre des pierres gemmes n’est pas un métier facile, il faut connaitre les matières, les prix, savoir ce qui plait et faire – parfois – des paris risqués. Le risque fait parti intégrante de ce métier mais il ne peut être pris que si l’on connait parfaitement les pierres et l’industrie sur le bout des doigts.

To the question of whether one stone makes it vibrate more than another, he answers without hesitation that the ruby ​​definitely has something different. Of all the stones, it is the one that must be absolutely perfect. Its red color does not leave him the choice. Selling gemstones is not an easy job, you have to know the materials, prices, know what pleases and do – sometimes – risky bets. Risk is an integral part of this business but it can only be taken if you know perfectly the stones and the industry on the fingertips.

Jacques frappa, gama gem

Formidable bonbon que ce grenat spessartite taille cabochon. Wonderful cabochon cut spessartite garnet. Photo : ©MarieChabrol

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« J’aime du rubis son rouge feu, éclatant. J’aime que cette couleur soit puissante, qu’elle évoque la braise. Le rubis ne supporte pas d’être moyen. »

« I like the red of the ruby, as a bright fire. I like this powerful color, it evokes to me embers.The ruby ​​can not stand to be poor. »

Jacques Frappa

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Jacques frappa, gama gem

Grenats tsavorites en rose cut. Rose cut tsavorite garnets. Photo : ©MarieChabrol

Aujourd’hui, l’avenir frappe à la porte de la maison Gama Gem. La fille de Jacques – Claudine – est un peu plus présente dans l’entreprise. Lui-même souhaitant former une personne pour pouvoir continuer l’aventure de cette entreprise dont le destin s’est joué un soir, dans les années 80, autour d’un verre sur la terrasse d’un restaurant à Salvador de Bahia.

Today, the future is knocking on the door of Gama Gem House. The daughter of Jacques – Claudine – is a little more present in the company. Himself wishing to train a person to continue the adventure of this company whose fate was played one evening in the 80s, around a drink on the terrace of a restaurant in Salvador de Bahia.

À bientôt !

See you soon !

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Pour en savoir plus sur cette maison discrète, celle-ci vient d’inaugurer son site internet. Une belle mine d’informations à enregistrer dans vos favoris : gamagem.com 

To know more about this house, you can check their new website. A perfect place to find and read nice informations : gamagem.com 

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