Rencontre avec M. Aurélien Delaunay, Directeur du LFG

RSS
Follow by Email
Facebook
Twitter
LinkedIn

Chers lecteurs francophones, vous trouverez ci-dessous, la traduction de mon article « Clarity of purpose », publié originellement dans l’édition de Mai 19 du Rapaport Magazine. La version américaine est accessible via ce lien.

Dear English readers, this story was originally published under the title « Clarity of purpose » in the Rapaport Magazine May 2019 issue. This translation is mine. You can read the original article through this link. Enjoy !

*****

M. Aurélien Delaunay. Photo : LFG

Le LFG, plus ancien laboratoire gemmologique au monde, s’est positionné contre la certification des diamants synthétiques. Son directeur, M. Aurélien Délaunay, nous explique pourquoi.

Le Laboratoire Français de Gemmologie (LFG) LFG) est le plus ancien au monde. Fondé en 1929, il a vu le jour avec l’arrivée des perles de culture sur le marché ; ce qui a incité plus de 300 marchands de perles du 9ème arrondissement de Paris à réclamer un moyen de les différencier des perles naturelles. Géré par le gouvernement français de 1936 à 2010, date à laquelle il a été vendu à l’Union française de bijouterie (UFBJOP), qui en est aujourd’hui l’actionnaire majoritaire. M. Aurélien Delaunay en est actuellement le Directeur.

1- Quelle est la spécificité du Laboratoire Français de Gemmologie ?

La force du laboratoire est d’être multidisciplinaire. L’une de nos spécificités est le lien privilégié que nous entretenons avec l’université de Nantes, connue mondialement pour son département de recherche en gemmologie et minéralogie. Le professeur Emmanuel Fritsch est d’ailleurs notre consultant scientifique. Avec lui, nous initions des programmes de recherches, particulièrement autour des diamants.

Nous sommes le seul laboratoire qui refuse de grader les diamants synthétiques. Nous proposons nos services à une clientèle extrêmement variée allant des grandes maisons de la place Vendôme aux maisons de vente aux enchères et aux musées. Nous sommes particulièrement fiers d’avoir pu avertir de la découverte et de la présence de diamants bruns de synthèse de type CVD. Nous avons également publié de nombreux articles avec Emmanuel Fritsch sur les diamants caméléons. Notre dernière découverte était un diamant naturel de type IIa / IaB. Nous collaborons avec différentes revues scientifiques telles que Gems & Gemology, Journal of Gemmology et la Revue Française de Gemmologie.

2- Pourquoi avez-vous décidé de ne pas grader les diamants synthétiques ?

C’est une décision conjointe de la profession et l’UFBJOP de ne pas grader les diamants synthétiques, contrairement à d’autres laboratoires internationaux. Ces pierres ne doivent pas nécessairement être évaluées à la même échelle que les pierres naturelles, car elles imitent le diamant et doivent le rester.

Cette décision est unanime dans la profession, sauf pour ceux qui souhaitent promouvoir ce matériel qui, je le rappelle, est développé en laboratoire. Mais il ne faut pas oublier que l’augmentation des diamants synthétiques sur le marché fera baisser leur prix. En outre, les diamants naturels seront toujours recherchés pour ce qu’ils sont, une ressource naturelle rare et précieuse. La question du classement des synthétiques correspond à un point de vue logique des choses : si ils sont gradés, cela doit aussi être fait pour d’autres pierres synthétiques. Or, ce n’est pas le cas. En outre, ne pas grader ces pierres aide à les différencier et à les isoler.

3- Comment vous positionnez-vous face à l’augmentation des diamants synthétiques non-déclarés sur le marché ?

Nous analysons régulièrement les diamants synthétiques, mais nous ne pouvons pas dire que leur proportion a augmenté dans notre volume d’analyses. Nous avons vu beaucoup de choses entre 2012 et 2013, mais avec la prise de conscience de l’industrie du diamant et le développement d’outils d’analyse, les choses se sont stabilisées. L’amélioration de l’approvisionnement de nos clients a clairement contribué à cette diminution. En outre, nous pouvons avoir 0% de pierres synthétiques dans un lot, ou jusqu’à 20% lorsque celui-ci n’est pas correctement sourcé. Mais notre moyenne annuelle est inférieure à 1% de synthèse en lots de mêlée. On peut néanmoins dire que les problèmes viennent encore d’Inde, où la présence de diamants synthétiques dans les lots est largement connue.

4- Dans quels domaines diriez-vous que les acteurs de l’industrie joaillière ont besoin de formations ?

La présence de diamants synthétiques sur le marché est un problème majeur. Il y a beaucoup de travail à faire sur la terminologie autour de la description des gemmes et des différents traitements. En France, nous avons la chance d’avoir une loi, le décret n ° 2002-65, qui clarifie les choses. Mais ce n’est pas le cas partout.

5- Quels sont les challenges qui attendent l’industrie joaillière ?

Pour nous, la provenance des pierres précieuses reste une question importante pour nos clients. Parmi les défis de l’industrie, on trouve des traitements indétectables tels que le chauffage à basse température, l’irradiation de la tourmaline et le chauffage des aigues-marines ou des citrines.

Nos clients veulent une transparence totale. Les laboratoires seront de plus en plus important dans ce processus de transparence. Ils vont devoir analyser de très petites pierres précieuses, en lots ou serties dans des bijoux, mais également tous les autres matériaux qui leur seront soumis.

6- Quels sont vos projets pour 2019 ?

Aujourd’hui, nous espérons nous faire mieux connaître des particuliers souhaitant obtenir des informations claires sur leurs bijoux. Et nous voulons aussi nous exporter à l’international. Nous avons exposé à GemGenève en mai 19, où nous avons proposé des analyses sur site.

Nous allons accroitre le rythme de nos conférences, avec une fréquence de quatre par an, en invitant des conférenciers internationaux tels que Rui Galopim de Carvalho (conférencier, éditeur et fondateur de l’école Portugal Gemas) ou Eloise Gaillou (conservatrice du Musée de minéralogie de Mines ParisTech). ◼

A bientôt !

See you soon !

RSS
Follow by Email
Facebook
Twitter
LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.