La vente Lyon and Turnbull, Édimbourg, le 11 février

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La maison de ventes aux enchères écossaise Lyon & Turnbull proposera une importante vente Jewellery and Silver, le 11 février prochain à Édimbourg. Lors de cet événement, presque 600 lots seront dispersés. Parmi les pièces, quelques bijoux anciens XVIIIe, XIXe et début XXe siècles. Des pièces classiques mais aussi des pièces atypiques qui méritent un focus et une présentation plus détaillée.

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Lot 1 : collier en or représentant une main tenant une couronne de laurier avec un cœur suspendu. Bijou de sentiment du XIXe siècle – époque victorienne – est en or, diamants taille rose et grenat. Estimation entre 1800 et 2200 £. Photo : Lyon & Turnbull

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Lot 3 : broche en or, diamants, émeraudes et émail symbolisant le Royal Flying Corps. Cette broche du début du XXe siècle fut celle de l’épouse d’un officier de ce corps de l’armée britannique. Estimation entre 300 et 500 £. Photo : Lyon & Turnbull

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Lot 21 : deux bagues de deuil en or jaune, diamant et émail. La pièce au diamant est gravée « Robt Stone Obt 6 Jany 1829 Ae78″. Ces pièces d’époque George IV sont estimées entre 400 et 600 £. Photo : Lyon & Turnbull

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Lot 46 : bague en or du XIXe siècle sertie d’une agate gravée représentant les armoiries et la devise de la famille MacIntosh. Estimation entre 300 et 400 £. Photo : Lyon & Turnbull

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Lot 47 : pendentif maçonnique en or et argent pouvant être porté par un grand maître du rite écossais. Non marqué. Estimé entre 200 et 300 £. Photo : Lyon & Turnbull

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Lot 51 : ensemble de broches de confréries en or, diamant et émail, américaine, début XXe. Estimation entre 200 et 300 £. Photo : Lyon & Turnbull

À bientôt !

« Les Intemporels », la haute joaillerie selon la maison Chanel

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La semaine de la mode à Paris se termine et plusieurs maisons de joaillerie ont profité de ce bel événement pour présenter leurs nouvelles collections.

C’est le cas de la maison Chanel qui a présenté un ensemble de pièces autour de quatre axes de création. Baptisée « Les Intemporels », la collection se décline en différents chapitres : Lion, Comète, Camélia et Ruban, lesquels sont représentatifs de l’univers de Gabrielle Chanel. Je trouve les pièces très réussies et dans la suite logique de la déjà très belle collection Café Society. Mais je retiens plus particulièrement le chapitre Ruban qui m’a plus particulièrement marqué. Or blanc, nacre, diamants, saphirs de la meilleure qualité ou encore spinelles composent ce nouvel opus de la célèbre maison.

Bague lion onyx

Bague Constellation du Lion en or blanc 750 ‰, sertie d’un diamant taille brillant de 1,5 carat, 142 diamants taille brillant pour un poids total de 1.9 carat et onyx sculpté. Photo : CHANEL Haute Joaillerie

bo spirales

Boucles d’oreilles Spirale en or blanc 750 ‰, serties de 158 diamants taille brillant pour un poids total de 3,4 carats et 12 perles de culture du Japon. Photo : CHANEL Haute Joaillerie

bracelet camelia

Bracelet Camélia Gansé en or blanc 750 ‰, serti de 3 diamants taille marquise, 248 diamants taille brillant pour un poids total de 3,1 carats, 35 perles de culture du japon et 297 spinelles taille brillant pour un poids total de 2,9 carats. Photo : CHANEL Haute Joaillerie

collier camelia

Collier Camélia Exquis en or blanc 750 ‰, serti de 1081 diamants taille brillant pour un poids total de 23 carats et 330 perles de culture du Japon. Photo : CHANEL Haute Joaillerie

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Bague Ruban en or blanc 750 ‰, sertie d’un saphir rose taille coussin de 8 carats et 174 diamants taille brillant pour un poids total de 1,8 carat. Photo : CHANEL Haute Joaillerie

bo ruban prestige

Boucles d’oreilles Ruban en or blanc 750 ‰, serties de 18 diamants taille baguette pour un poids total de 3 carats et 320 diamants taille brillant pour un poids total de 6,3 carats. Photo : CHANEL Haute Joaillerie

bague ruban saphir

Bague Ruban en or blanc 750 ‰, sertie d’un saphir taille poire de 4,7 carats, 111 diamants taille brillant pour un poids total de 1,5 carat et 6 diamants taille baguette. Photo : CHANEL Haute Joaillerie

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Montre Ruban en or blanc 750 ‰, sertie de 292 diamants taille brillant pour un poids total de 4,4 carats et nacre sculptée. Photo : CHANEL Haute Joaillerie

À bientôt !

Le métier #15 – Un diamant culotté

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Cette anecdote – qui finit bien – m’a été racontée par une amie. Laquelle a accepté que je la publie ici. Et je l’en remercie car, vous allez voir, cette histoire est franchement incroyable !

 L’histoire se passe il y a une bonne dizaine d’année maintenant. Je travaillais comme polisseuse dans un atelier assez important, c’est d’ailleurs toujours mon métier.

Cette bague nous avait posé des soucis dès le départ. L’équipe avait refait le dessin plusieurs fois. Ensuite ils avaient ajouté des pierres, puis ils en avaient retiré. Puis la fonte avait du être refaite au moins deux ou trois fois. On avait poli, serti, desserti, repoli, les deux joailliers qui travaillaient sur le projet ne supportait plus cette pièce. Enfin, il avait fallu trouver la pierre de centre, laquelle avait été ronde, puis marquise, puis ovale, avant de revenir à la version de base : un diamant rose rond de deux carats environ… Un bien jolie pierre je dois dire !

La bague, presque finie, arrive au polissage. Bien sur, avec les contretemps, c’était devenu très (mais très) urgent. Il était presque cinq heures du soir et on devait livrer à neuf heures le lendemain. Je commence à travailler dessus quand – en même temps – deux griffes du chaton central se dessoudent. À force d’apporter des modifications, certaines soudures étaient devenu très fragiles. Les griffes cassent donc, et la pierre saute ! Et je ne la vois pas tomber, et surtout je ne l’entends pas tomber.

Passé la panique des deux premières secondes, j’éteins la machine, je préviens mes collègues (nous étions quatre polisseuses) et j’appelle le chef d’atelier. Et nous commençons à chercher. Je nettoie ma machine, regarde dans le filtre, on passe le balai et au bout de plus de deux heures… toujours pas de pierre. Nous vérifions les poubelles, rien non plus.

Je préviens quand même mon ami que je ne pourrai pas aller diner avec lui et nous décidons alors de vérifier nos vêtements. La pudeur n’est pas ce qui étouffe le peuple des ateliers et nous voila toutes les quatre, en petite culotte, à secouer nos blouses et nos vêtements. Mais toujours pas de diamant.

Finalement, à presque vingt et une heures, notre patron nous dit de rentrer chez nous et qu’il va continuer à chercher. Un joailler et un sertisseur resteront sur place pour pouvoir honorer la livraison le lendemain. Je suis priée d’arriver plus tôt, vers sept heures. Une pierre, ça se retrouve forcément.

Mon ami me retrouve en bas de mon travail et je pars diner avec lui… à scooter. Puis vers vingt-trois heures, nous voila de retour chez moi. Le poli, c’est un peu sale comme métier et je décide de prendre une douche. J’enlève mon pantalon et le secoue. Et à ce moment-là, j’entends distinctement un bruit que je connais trop bien. Une pierre qui tombe sur le sol et rebondit. Je m’accroupis dans ma salle de bain, et là, sous mon meuble, je découvre cette fichue pierre ! Et devait être coincée dans mon revers de pantalon.

À presque minuit, j’appelle en urgence mon patron… qui ne répond pas. Je décide donc de me coucher. Vers quatre heures du matin, mon chef hystérique me rappelle : «Tu as la pierre, c’est vrai ? Mon dieu, tu viens de suite ! On ne bouge pas !».

J’étais tellement sonnée que je suis partie en pyjama au boulot. Je dépose la pierre à mon patron, qui m’envoie boire un café. La pierre n’est même pas abimée. Puis vers cinq heures trente, la bague est finalement prête à polir. Et me voila, toujours en pyjama, à finir cette pièce. Je rentre chez moi vers huit heures du matin pour dormir un peu avant de revenir en début d’après-midi… La bague est finie, elle partira pour les États-Unis dans la matinée.  Quelle frayeur et quelle histoire !

À bientôt !

La galerie Matières d’Art, Paris.

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Dans le troisième arrondissement de Paris, à deux pas du métro République, se niche un lieu étonnant et haut en couleurs. Un lieu à l’image de sa propriétaire – Sylvaine – qui m’a très gentiment reçut et raconté ce bel endroit qu’est la galerie Matières d’Art. Rencontre !

IMG_7317Meubles anciens, pièces d’art, tableaux ou encore minéraux occupent l’espace de la galerie. Photo : Le Gemmologue

Avant de tenir cette galerie, Sylvaine a eu une autre vie professionnelle dans le secteur des assurances. De cette expérience, elle retient surtout le coté relationnel avec ses différents interlocuteurs : des grandes entreprises, des petites structures artisanales ou encore des courtiers. Et c’est justement ce qui la passionne : pouvoir échanger avec les gens – à l’origine pour trouver des solutions aux questions de ses clients – et aujourd’hui pour raconter les artistes qu’elle présente dans ce lieu atypique. Depuis son enfance et son adolescence, les métiers d’art l’ont toujours intéressé. Elle reconnait, en souriant, qu’elle aurait pu devenir architecte, géologue ou encore paysagiste. Elle se passionne pour la littérature, la photographie et plus tard pour la peinture. L’art est depuis toujours un fil directeur dans sa vie.

Une passion pour la décoration puis de nombreux amis artistes et artisans qu’elle aide régulièrement pour la conceptualisation de leurs espaces sur des expositions de créateurs. Elle comprend très vite qu’une exposition n’est pas un lieu suffisant pour se faire connaitre : les clients ont besoin de pouvoir réfléchir, de revenir et enfin prendre la décision d’acquérir une pièce surtout si celle-ci est onéreuse. Lors de vacances dans le Sud, elle parle avec des amis de cette idée de créer un lieu d’échanges culturels autour de l’art, un lieu où des artistes et des clients pourraient se retrouver, se découvrir et s’enrichir mutuellement. C’est le point de départ.

IMG_7318Accumulation de colliers. Photo : Le Gemmologue

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Sphères d’opale d’Ethiopie. Photo : Le Gemmologue

Habitante du quartier depuis de nombreuses années, elle découvre ce lieu – une ancienne mercerie fermée depuis plusieurs années – et contacte le propriétaire. Ce qui la séduit de prime abord est la longueur de la vitrine avec ses larges baies vitrées qui donnent ainsi au lieu une lumière toute particulière. Finalement, après avoir convaincu le propriétaire et fait les travaux nécessaires à la transformation de cette ancienne boutique, elle ouvre en novembre 2007. Au départ les weekends, puis depuis plus de cinq ans du mardi au dimanche. À l’arrivée, des couleurs chaudes, des meubles anciens qui racontent des histoires et surtout un mélange d’influences qui parait parfaitement naturel dans cette galerie.

IMG_7308Géodes de calcédoine. Photo : Le Gemmologue

IMG_7307Des outils nécessaires à la pratique du métier de joaillier. Photo : Le Gemmologue

Si je vous parle de cette adresse, c’est aussi pour l’intérêt de Sylvaine pour la joaillerie d’artiste : Marc Alexandre, Julie Robrolle ou Martin Spreng pour ne citer qu’eux. Quand vous vous rendrez dans ce très bel endroit, vous découvrirez que les minéraux y sont superbement mis en valeur : pierres brutes, pierres taillées ou roulées attirent le regard et suscitent la curiosité. Cette passion pour la terre et ses richesses guide Sylvaine depuis une quinzaine d’années. Déjà un ami joaillier lui avait déjà fait découvrir le métier et les gemmes. Elle avoue néanmoins une vraie passion pour les minéraux. C’était donc pour elle évident de présenter au public – dès l’ouverture – ce que la nature peut offrir aux hommes. Son travail lui permet de rencontrer des publics très différents qu’elle prend plaisir à initier.

IMG_7316Pendentif en or jaune et opale par Julie Robrolle. Photo : Le Gemmologue

Tous les deux mois, un vernissage permet de découvrir un nouvel artiste. Un conseil : allez-y, passez-y du temps, imprégnez-vous de l’endroit et retournez-y !

Galerie Matières d’Art

2, rue de Franche-Comté, 75003 Paris

01 42 71 60 89

www.matieresdart.com

La vente Bonhams du 10 février, Oxford

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La vente du 10 février est une vente purement généraliste, des bijoux anciens, quelques pièces modernes. Et surtout, de nombreuses pièces peu qualitatives. Du milieu de gamme en joaillerie très courant avant la reprise des Winter Sales. Néanmoins, deux lots sortent de l’ordinaire dans ce catalogue riche de plus de 300 bijoux. Ce ne sont pas des pièces exceptionnelles, elles sont justes jolies et un peu rares en vente.

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Lot 217 : rare croix indonésienne fin du XIXe siècle, argent et diamants taille rose. Estimation entre 800 et 1100 €. Photo : Bonhams

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Lot 224 : collier du XIXe siècle, en filigrane d’or « rebrodé » de perles fines baroques. Bien qu’une partie semble manquante, le relatif bon état général de la pièce mérite que je vous la présente. Estimation entre 670 et 950 €. Photo : Bonhams

À bientôt !

L’Art nouveau selon Lucien Gaillard

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L’œuvre de Lucien Gaillard est plutôt méconnue du grand public. Et c’est bien dommage ! Par contre, les collectionneurs et les passionnés de l’Art nouveau le connaissent bien. Joaillier de la fin du XIXe siècle / début XXe, il laisse derrière lui de très nombreuses pièces de joaillerie particulièrement complexes et faisant la part belle au japonisme. On retrouve de temps en temps ses réalisations en salles des ventes, et certaines sont mêmes conservées en musée, comme – par exemple – au Musée d’Orsay à Paris.

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Bague par Lucien Gaillard, or, émail et diamant, vers 1905. Vendue pour 40.000 CHF en 2010. Photo : Christie’s

Mas avant de vous parler de Lucien, retour sur sa famille qui dévoile une longue pratique de la joaillerie parisienne. L’histoire commence avec Auguste, qui pendant une dizaine d’année de 1811 à 1821, a fabriqué de la joaillerie or. Son atelier était situé rue Mandar dans le 2e arrondissement de Paris. Son fils Amédée, fonde la Maison Gaillard en 1840. L’atelier est alors installé au 101 rue du temple dans le 3e arrondissement de Paris. Précisons, à toutes fins utiles, que le quartier de l’horloge est un centre fort de la fabrication joaillière parisienne, et ce avec le 9e arrondissement. Amédée produit principalement des pièces en cuivre doré, il développera sur la fin des gammes en argent.

Vers 1860, il laisse son atelier à son fils Ernest. Celui-ci abandonne définitivement les bijoux en cuivre pour ne travailler quasiment que l’argent. Il travaille l’émaillage et offre à sa clientèle de nombreuses pièces riches en fleurs. Il ajoute progressivement des objets d’art à sa production : bonbonnières, pommeaux de cannes, portes-cigarettes ou flacons à sels et parfums. Notons que la qualité de ses bijoux est couronnée par une médaille d’argent à l’exposition de 1878. La même année, son fils Lucien rentre en apprentissage à ses côtés. Une nouvelle médaille s’ajoute en 1889, puis la Légion d’Honneur quelques années plus tard.

Beaucoup de bijoutiers connaissent le nom d’Ernest Gaillard, car il a largement contribué à la création de l’École Professionnelle de Dessin et de Modelage de la Chambre Syndicale de la Bijouterie. Il en fut d’ailleurs le directeur et en fut nommé directeur honoraire en 1895. En 1870, il inaugure l’organisation du Bal de la Chambre Syndicale de la Bijouterie. Cet événement était particulièrement couru à la fin du XIXe siècle.

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Affiche du bal de la Chambre Syndicale de la Bijouterie en 1904. Photo : Gallica.

Quand en 1892 Ernest Gaillard arrête son activité, son fils Lucien a déjà pris sa suite. S’il continue de produire des bijoux, il est aussi un artisan d’art complet et pratiquera de nombreuses autres spécialités : dinanderie, verrerie, il se spécialisera dans les patines sur métal… Un artiste étonnant !

On croise à son atelier de nombreux artistes, dont beaucoup sont japonais. Des spécialistes de la laque et de la joaillerie japonaise viennent souvent en résidence chez lui. Son amour et sa passion pour ce pays et sa culture artistique se reflètent dans ses productions. Son atelier déménage alors en 1900, au 107 rue de la Boétie. La même année, il obtient le Grand Prix de l’Exposition Internationale de Paris, et en 1902, il obtient – comme son père avant lui – la Légion d’Honneur. Il exerce son art durant la première moitié du XXe siècle et décède en 1933. Concluons qu’une pièce passera aux enchères chez Sotheby’s le 5 février 2015.

Moth PendantPendentif Mite, en or, émail, citrine, vers 1900. Photo : L’art nouveau en France (Flikr)

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Peigne en corne blonde et perles fines, par Lucien Gaillard en 1900. Photo : Maklow Gallery

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Peigne Hirondelles en écaille, or, émail, diamants, fabriqué vers 1900, il fut vendu pour plus de 210.000 $ en 2009 à New York. Photo : Christe’s

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Broche en or par Lucien Gaillard, vers 1900. Note pour les gemmologues, c’est un spinelle synthétique qui agrémente cette pièce. Elle fut vendue chez Christie’s pour 7500 $ en 2008. Photo : Christie’s

À bientôt !

Des rubis au Groenland, une réalité à priori proche

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L’International Color Gemstones Association (ICA) a récemment relayé cette nouvelle au sujet de la prochaine ouverture d’une mine qui devrait permettre la production de rubis et de saphirs roses au Groenland. Retour sur cette annonce.

ImageProxy.mvcLe site de la True North Gems, dans la région de Aappaluttoq, dans le sud du Groenland. Photo : ICA

La compagnie True North Gems a annoncé il y a quelques mois avoir trouvé un partenaire – Leonhard Nilsen & Sønner (LNSG) – afin de pouvoir mobiliser les équipements nécessaires pour initier la construction et la mise en route du site minier d’Aappaluttog dans le sud du Groenland. Les travaux ont commencé en septembre 2014.

I16A8482Vue des travaux de construction et de préparation des fondations du futur port. Photo : True North Gems

Ce projet, qui a reçut l’aval des autorités du pays, semble susciter l’enthousiasme quand à son potentiel économique pour le pays. Le président de la True North a ainsi déclaré que cette annonce et ce projet particulièrement excitant vont marquer un tournant pour sa société, mais aussi que la réalisation rapide de ce projet sera bénéfique pour toutes les parties impliquées dans son développement.

Les objectifs de cette première phase de travaux sont :

  • Installation d’un quai de déchargement provisoire permettant l’apport sur site du matériel de construction
  • Apport sur site du matériel et des machines permettant à terme de construire la route qui desservira le site et ses futures infrastructures
  • Installation de quartiers de vie pour les ouvriers et les équipes de la True North Gems afin de pouvoir garantir une présence à temps plein sur ce chantier. Lequel s’annonce très important.

La compagnie a déjà annoncé au 16 décembre 2014 la réalisation d’étapes importantes pour la mise en route de la mine :

  • Plusieurs broyeurs sont arrivés sur le site
  • La route du port intérieur au camps est désormais opérationnelle
  • La route entre le port extérieur et le camp est fortement avancée
  • La construction de l’héliport est en bonne voie
  • Les travaux d’installation des réseaux d’eau, d’électricité et d’égout ont été initiés
  • Le quai du port exterieur est aussi en voie d’achèvement

La True North Gems est une société dédiée à l’exploration et à l’exploitation de gisements de pierres gemmes. Elle communique depuis plusieurs années sur l’installation d’une mine dédiée à la production et à la commercialisation de « rubis arctiques ». Si le projet n’est pas inintéressant, et le dossier d’investissement forcément enthousiaste, j’attends néanmoins de voir dans les faits quelle sera la production, sa qualité mais aussi l’impact écologique sur le site. La compagnie a obtenu un permit d’exploitation du site pour 30 ans en mars 2014. Elle devra s’acquitter annuellement d’une taxe de 5,5 % sur les ventes de pierres qui sortiront de la concession. L’accord au projet a – en outre – été soumis à l’obligation d’employer des travailleurs locaux et de pourvoir à la formation de ces travailleurs et aussi à terme au reclassement.

La LNSG est, elle, impliquée dans l’exploitation minière depuis plus de 70 ans. Elle concentre plus de 15 filiales qui initient et exploitent des gisements dans des pays tels que le Groenland, la Russie, l’Antarctique, les pays scandinaves. Ajoutons aussi que cette compagnie est le premier prestataire de services aux compagnies d’exploitations de pétrole, de gaz mais aussi minières au Groenland.

Nous suivrons l’avancée du projet, en attendant de voir à quoi ressemble exactement les pierres qui devraient sortir de ce gisement d’ici quelques mois, la True North Gems souhaitant mettre en exploitation ce gisement dès la fin 2015, au plus tard.

rough-2 rough-4Deux photos illustrant des rubis bruts trouvés sur le site d’exploitation. Photo : True North Gems

Gemmologiquement, on ne peut pas dire encore énormément de choses sur ces pierres. Les quelques photos montrent surtout des petites pierres possédant une forte teinte rose. Les pierres qui se trouvent principalement dans des anorthosites micacées présentent une forte concentration en chrome et en fer. Si l’on connait ce gisement depuis les années 60, il faudra donc attendre cette année pour enfin connaitre son potentiel de production. Notons que les photos nous montrent des pierres semblant présenter des pierres avec beaucoup d’inclusions. Il faudra donc voir quels traitements leurs seront appliqués, car à n’en pas douter, ce sera le cas !

polished-1 polished-3Exemples de saphirs roses et de rubis taillés dans des bruts du gisement d’Aappaluttoq. Photo : True North Gems

Je suis preneuse d’informations pour compléter cet article si vous en avez, les contributeurs seront – bien entendu – cités.

À bientôt !

Un rubis de 40,23 carats découvert au Mozambique

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Je n’avais pas eu le temps de couvrir cette nouvelle, mais il y a quelques semaines de cela, un rubis de 40,23 carats a été découvert au Mozambique sur le site de Montepuez. Découvert par la société Gemfields, cette pierre est l’un des plus gros rubis brut extrait ces dernières années.

rubygemfieldPhoto de la pierre découverte par Gemfields. Photo : Gemfields, via ICA.

La concession de Montepuez, qui appartient pour plus de 75 % à Gemfields est le plus gros gisement en cours d’exploitation pour la production de rubis. La pierre a été portée à la connaissance du laboratoire Gübelin qui a déclaré que « s’il est toujours difficile de juger une pierre brute, la transparence et la couleur du cristal indique qu’une pierre d’une taille très importante pourrait être taillée ». Le laboratoire a indiqué en sus se tenir en attente de la pierre taillée pour la certification.

Cette gemme a été vendue fin décembre lors de la vente aux enchères Gemfields qui a totalisé 43,3 millions de dollars. Néanmoins, le prix atteint par cette pierre n’a pas été communiqué.

À bientôt !

Une bague pour Charlie, une bague pour résister

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La semaine dernière, le 7 janvier 2015, la France a vécu en direct l’assassinat de la rédaction de Charlie Hebdo. Comme tout les français, cette nouvelle nous a profondément bouleversé et choqué.

Les élèves de l’Ecole Boulle à Paris ont décidé d’un hashatg #JeSuisBoulleVersé afin de commémorer la mémoire des journalistes tués ce jour-là. Hashtag, bien entendu accompagné de celui qui a fait le tour du monde : #JeSuisCharlie.

De plus, les étudiants en bijouterie de la section BMA1 de l’école ont décidé en collaboration avec leurs professeurs de travailler sur un projet de bijou hommage aux victimes de cet attentat terroriste. Après un travail de groupe et un vote démocratique, c’est le modèle d’une bague Crayon « Je Suis Charlie » qui a été retenu.

bague_je_suis_charlieBague « Je suis Charlie » créée par les étudiants BMA1 de bijouterie de l’Ecole Boulle. Photo : Ecole Boulle Paris

Ironiquement, les élèves ont choisi d’utiliser la police de caractère « Call of Duty » sur cette pièce. Le fichier 3D est librement téléchargeable sur la plateforme Thingiverse. Il est ensuite possible de faire réaliser un tirage dans n’importe quel fablab comme celui de « L’atelier numérique ».

Il me semblait très important de relayer cette très belle et touchante initiative de l’école. Merci à eux !

#JeSuisCharlie #JeSuisBoulleVersée #NousSommesTousCharlie

À bientôt.

Vente Sotheby’s à New York, le 5 février

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Le 5 février prochain, la maison Sotheby’s proposera une vente Important Jewels à New York. Presque 400 lots seront dispersés durant cette vacation qui compte beaucoup de créateurs tels que Cartier, Van Cleef & Arpels, David Webb, Tiffany & Co. ou JAR pour ne citer qu’eux. Des pièces anciennes, mais aussi typées Art déco ou rétro… Retour sur les lots à ne pas manquer !

Capture d’écran 2015-01-16 à 22.05.38Capture d’écran 2015-01-18 à 10.30.09

Lot 34 : collier en perles de culture et fermoir en or jaune serti d’un diamant. Si j’attire votre attention sur ce lot, c’est pour la pierre qui agrémente le fermoir, un diamant RPC violet gris Fancy dark violet-gray certifié GIA de 0.91 carat, VS1. Estimation entre 25.000 et 35.000 $. Photos : Sotheby’s

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Lot 57 : broche Pensée vers 1880, en or et argent, diamants, améthystes et émail. Travail français. Estimation entre 8000 et 12.000 $. Photo : Sotheby’s

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Lot 68 : parure en or gris, diamants pour environ 41,50 carats et rubis pour environ 94,40 carats. Estimation comprise entre 80.000 et 120.000 $. Cette parure est la propriété de Lisa Blue Baron, célèbre avocate de Dallas. Photo : Sotheby’s

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Lot 106 : peu courant en vente, une demi-parure signée de John Rubel, or jaune, rubis, diamants et turquoises, réalisée dans les années 40. Estimation entre 10.000 et 15.000 $. Photo : Sotheby’s

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Lot 122 : broche tutti frutti typique des années 30. En platine, diamants, rubis, saphirs et émeraudes. Une signature plus rare en vente, la maison Charlton & Co. Estimation entre 10.000 et 15.000 $. Photo : Sotheby’s

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Lot 136 : collier en platine, diamants et aigues-marines pesants environ 40.60, 17.90 et 17.50 carats. Les diamants totalisent un poids approximatif de 28,40 carats. Cette pièce – française – des années 60 est intéressante pour la très belle qualité des centres. Estimation entre 60.000 et 80.000 $. Comme pour toutes les ventes, il me faut faire un choix, mais la maison propose dans cette vacation d’autres très beaux exemples de pièces avec des aigues-marines exceptionnelles. Je peux par exemple citer ce bracelet. Photo : Sotheby’s

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Lot 205 : paire de boucles d’oreilles par Henry Dunay. Si j’attire votre attention sur celle pièce, c’est pour la très belle qualité (taille comprise) des péridots qui agrémentent cet ensemble. Or jaune, diamants et péridots. Estimation entre 12.000 et 15.000 $. Photo : Sotheby’s

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Lot 263 : broche ancienne en platine, diamants et centre saphir color change. Le centre est certifié AGL comme naturel et de provenance sri-lankaise. Cette pièce était conservée à l’origine dans la collection de Marguerite Dupont Boden. Estimation entre 75.000 et 100.000 $. Photo : Sotheby’s

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Lot 274 : jolie parure XIXe en argent et or, diamants, perles et spinelles. Estimation entre 10.000 et 15.000 $. Photo : Sotheby’s

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Lot 300 : bague en platine, diamants et centre saphir orange naturel sri-lankais de 12,85 carats, la pierre est certifiée par le laboratoire AGL. Estimation entre 20.000 et 30.000 $. Photo : Sotheby’s

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Lot 368 : bague en or jaune, diamants et centre rubis du Tadjikistan de 3,65 carats. La pierre est certifiée naturelle et non traitée par les laboratoires AGTA et AGL. Estimation entre 35.000 et 45.000 $. Photo : Sotheby’s

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Lot 369 : rare broche en or jaune, émail, diamants et centre héliodore, époque Art nouveau, travail français et signée de Lucien Gaillard. Quelques accidents mineurs. Estimation entre 8000 et 10.000 $. Photo : Sotheby’s

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Lot 398 : bague en platine, diamants et centre émeraude. Je parle rarement des émeraudes, ici, car j’essaye d’attirer un maximum votre attention sur des pierres naturelles, non traitées, ce qui pour les émeraudes est compliqué à trouver. Néanmoins, cette pierre est certifiée d’origine colombienne par le laboratoire AGL, qui précise qu’elle n’a fait l’objet que d’un huilage traditionnel. Je déroge donc à ma règle pour une fois. Estimation entre 60.000 et 80.000 $. Photo : Sotheby’s

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