Vente de la maison Villanfray & associés du 28 octobre

Consulter les catalogues de ventes aux enchères dédiées aux bijoux fait partie de mon travail pour ce blog. J’ai donc, toujours, un œil aux quatre coins du monde pour voir ce qui se vend. Je parle plus rarement de ce qui se fait à Paris comparé à d’autres villes telles Genève, Londres ou encore New York. En effet, tous les catalogues ne sont pas en ligne, il y a peu de ventes dites « d’exception » et surtout les estimations sont souvent très basses.

Néanmoins, la prochaine vente de la maison Villanfray présentera quelques jolies pièces et pierres qui passeront en vente le 28 octobre prochain à Drouot dans le 9e arrondissement de Paris. Deux bagues ont plus particulièrement retenues mon attention sur les 266 bijoux proposés.

Capture d’écran 2014-10-24 à 20.56.50Lot 128 : bague en platine, diamants et centre émeraude (peut-être Colombie) de 2,40 carats environ. Estimation entre 4000 et 5000 €. Photo : Villanfray

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Lot 143 bis : bague en platine, diamants et centre saphir (à priori Sri Lanka) de 6,86 carats. Estimation entre 6400 et 6800 €. Photo : Villanfray

À bientôt !

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Et Eugenie affolera les enchères…

Le 11 novembre prochain aura lieu une vente « Magnificent jewels » chez Christie’s à Genève. Le catalogue promet déjà quelques magnifiques surprises et nous suivrons attentivement les enchères de cette édition. Je vous proposerai, bien sur, un article récapitulatif des pièces à ne pas manquer lors de cette brillante vacation. Mais aujourd’hui, j’attire déjà votre attention sur une pièce qui va susciter l’intérêt des collectionneurs et pour laquelle la maison espère que la salle s’enflammera. En effet, sera proposée à la vente, la broche « Feuille de groseillier » ayant appartenu à l’Impératrice Eugénie et les rumeurs disent qu’elle pourrait bien atteindre 3 millions de dollars… . Retour sur l’histoire de cette pièce !

eugenie-broochLa broche de l’Impératrice Eugénie sera proposée le 11 novembre à Genève. Photo : Christie’s

Si, souvent, on remarque dans les catalogues que des bijoux peuvent avoir « appartenu » à des familles royales, il n’y a absolument aucun doute à avoir avec cette pièce. Réalisée en or gris et argent, elle est entièrement sertie de diamant. Eugénie de Mojito, la dernière impératrice française, épouse Napoléon III en 1853. Sa famille, richissime, est originaire de Grenade en Espagne. Son amour pour la culture française est connu, comme son admiration pour la joaillerie. Eugénie aime les bijoux et les diamants et elle va mettre un point d’honneur à enrichir la collection de la Couronne de France. En juillet 1855, elle fait appel à Alfred Bapst, joaillier de la cour pour confectionner une parure digne des plus grandes souveraines.

En réalité, c’est un ensemble de trente pièces « Feuilles de groseillier » qui est réalisé et qui a pour mission de parer le cou, le buste mais aussi les robes de l’Impératrice. Laquelle portera régulièrement ces pièces. En 1870, après la chute du Second Empire, Eugénie et Napoléon fuiront en Angleterre en laissant derrière eux, bien évidement, de nombreux joyaux. Le gouvernement français débattra durant presque 20 ans du sort à réserver à cette collection, puis décidera de la vendre. C’est chose faite en mai 1887. Les bijoux sont coupés à la pince, démontés à la va vite et vendus pour beaucoup en morceaux. De très nombreuses pièces sont aujourd’hui perdues…

catalogue-berthaud-feuilles-de-groseillerDétail du catalogue Berthaud sur la vente des diamants de la Couronne de France. Sur cette page, on y découvre une partie des pièces qui composent la parure « Feuilles de groseillier » réalisée en 1855. Photo : Jewel du jour.

Ce jour de 1887, de nombreux joaillier sont dans la salle et Tiffany & Co. sera le plus gros enchérisseur. C’est cette maison qui remporte la broche de notre royale Eugénie ainsi que d’autres pièces de la parure. Durant cette vacation, la maison américaine dépensera presque 500.000 $ (lesquels représenteraient environ 12 millions de dollars actuels…).

Plus tard, la broche sera vendu à la famille Astor, Vincent Astor l’offrira en 1936 à la très célèbre chanteuse d’opéra Lucrezia Bori. Celle-ci la léguera au Metropolitan Opera of New York où elle était jusqu’alors exposée.

Notons aussi qu’en avril 2011, la maison Doyle Auction propose une petite broche issue de la parure d’origine. Celle-ci estimé entre 50.000 et 70.000 $ fut vendu pour 332.000 $. Ce fut de nouveau la maison Tiffany qui se porta acquéreur. Précisons néanmoins que la pièce fut achetée à l’origine par Tiffany en 1887, puis revendue à M. J.P. Morgan. La pièce a depuis été nettoyée et restaurée par les ateliers de la célèbre maison américaine.

804095La broche lors de sa vente en 2011 chez Doyle Auction. Photo : DoyleTiffany-Co.-diamond-brooch-another-of-the-French-Crown-Jewels-that-now-reside-in-Tiffanys-archives.-960x1200

La broche nettoyée et telle que la présente aujourd’hui Tiffany & Co. Photo : Tiffany & Co

À bientôt !

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Découvrez l’exercice de taille du Blue Moon Diamond

La société Cora International, propriétaire du Blue Moon Diamond, actuellement exposé au Muséum d’histoire naturelle de Los Angeles a produit un petit film vous expliquant l’exercice délicat de la taille de cette superbe pierre. Pour ceux qui auraient manqué les articles précédents, vous trouverez de quoi régaler votre intérêt ici et ici aussi.

Le film est en anglais mais je vous invite à le regarder attentivement. Il lève le voile sur le travail préparatoire, mais essentiel, de la mise en beauté d’une gemme de cette qualité.

Bonne découverte et à bientôt !

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« Non, la De Beers n’ouvre pas (encore) de laboratoire commercial »

Je partage de nouveau ici un article écrit par Rob Bates qui m’a semblé très intéressant. Article traduit et publié sur le blog de la maison Rubel & Ménashé. Bonne lecture !

« Depuis quelques années, la De Beers gère l’IIDGR (International Institute for Diamond Grading and Research), un laboratoire qui délivre des rapports pour les diamants de la marque Forevermark. (Le laboratoire AGS effectue les certifications pour lui aux États-Unis.) Plus tôt cette année, l’IIDGR a ouvert une filiale à Surat qui, selon le Times of India, le mettra en « concurrence directe » avec l’IGI et le GIA.

La De Beers prévoit-elle donc d’ouvrir un laboratoire pour le marché, à l’instar de Rapaport ?

Non, affirme Jonathan Kendall, le président de l’IIDGR. Mais il ne manque pas d’ajouter certaines mentions, comme « dans un avenir proche ». 

« Forevermark consomme toutes les capacités dont nous disposons, affirme-t-il. Nous ne cherchons pas à nous opposer frontalement à qui que ce soit sur le marché. »

Parmi ses services, le laboratoire de Surat proposera un dépistage des mêlées grâce à l’appareil automatisé de la De Beers, annonce Jonathan Kendall. L’IIDGR effectue également certaines certifications pour les labels privés et certifie les diamants des sightholders qui le demandent – mais les choses s’arrêtent là, explique-t-il (en ajoutant « pour l’instant »).

« Si vous voulez vous engager dans la [certification] générique, vous devez vous engager à fond, explique-t-il. Il existe une opportunité considérable, mais vous devez vous donner à 100 %. »

L’IIDGR est également réputé pour être l’un des laboratoires les plus automatisés : il utilise une machine automatisée de détection des couleurs et espère disposer de son propre outil automatisé de détection des puretés, qui devrait être opérationnel dans les 12 prochains mois. « Notre but est d’utiliser de plus en plus de technologie, pas de revenir en arrière », explique Jonathan Kendall, ajoutant que cela permettra, au final, d’accélérer les rotations et d’abaisser les coûts.

Selon lui, l’objectif final est de construire un marché – mais avec précaution.

« Vous devez vous assurer de respecter les normes et de ne pas tomber dans le piège de vous développer trop rapidement », souligne-t-il.

L’IIDGR vend également des appareils, notamment les détecteurs de synthétiques DiamondSure et DiamondView.

Jonathan Kendall souhaite également faire savoir au marché que, depuis l’année dernière, DiamondSure est équipée d’un nouveau module capable de détecter les pierres de laboratoire serties dans des bijoux.

« La saga des synthétiques touche maintenant les bijoux. Nous avons donc développé ce détecteur spécialement pour les bijoux, affirme-t-il. C’est une avancée technologique très importante. Nous travaillons dur pour faire connaître son existence aux professionnels. » »

Par Rob Bates.

Source : JCK online via Rubel & Ménashé

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« Important jewels » chez Christie’s le 22 octobre

Ça y est ! Le mois d’octobre signe le retour des ventes aux enchères d’exception. Déjà, la première très grande vente de la saison, celle de Sotheby’s à Hong Kong, a battu des records. Le lot phare, un diamant rose poire de 8,41 carats s’est vu adjugé pour 137 millions de dollars, soit bien au-delà de son estimation haute. C’est dire si les vendeurs attendent beaucoup des vacations qui arrivent : bijoux, objets d’art, vin, montres… Les ventes d’automne et d’hiver vont, nous l’espérons, voir les enchères s’envoler pour beaucoup d’objets et peut-être voir s’inscrire de nouveaux records. On le sent, Noël approche et déjà de très beaux catalogues commencent à arriver sur le marché. La tendance va s’accentuer jusqu’à la fin de l’année, avant les traditionnelles ventes du printemps. Le 22 octobre, Christie’s nous régalera donc de 350 lots plus sublimes les uns que les autres. Sélection, difficile, mais sélection tout de même.

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Lot 46 : peu courante en vente, une bague perroquet par Cartier en platine, onyx, diamants et émeraudes. Signée, elle est estimée entre 50.000 et 70.000 $. Photo : Christie’s

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Lot 85 : rare et superbe broche signée de la maison Cartier. Circa 1925, pour cette pièce d’exception en platine, saphirs, diamants, anneau en cristal de roche et pièce de jade néphrite. Estimation entre 30.000 et 50.000 $. Photo : Christie’s

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Lot 89 : belle bague en or jaune dont centre diamant cognac d’une couleur intéressante. Gradé par le GIA « Fancy brownish yellow » et présentant une couleur naturelle, il pèse 16,01 carats. L’estimation se situe entre 300.000 et 500.000 $. Photo : Christie’s

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Lot 131 : saphir jaune naturel sur papier (attesté comme non traité et d’origine sri-lankaise par le laboratoire AGL) pesant 18,23 carats. Estimation entre 40.000 et 60.000 $. Photo : Christie’s

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Lot 132 : impressionnant collier deux rangs de perles d’opales allant de 7 à 17 mm environ, lesquelles sont toutes séparées par des rondelles en or gris serties de diamants. Le laboratoire AGL a estimé que les pierres étaient d’origine éthiopienne et ne présentaient pas de traitements. Estimation entre 100.000 et 150.000 $. Photo : Christie’s

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Lot 158 : ce pendentif en diamants est particulièrement impressionnant. Si sa gradation en couleur est plutôt médiocre, L, sa quasi absence d’inclusions visibles à l’œil (VS2) et surtout son poids – 101,36 carats – le rendent néanmoins épatant. Monté sur un cordon de soie avec un fermoir en platine, l’estimation est à la hauteur d’une pièce aussi particulière : entre 4.250.000 et 6.250.000 $. Photo : Christie’s

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Lot 251 : étonnante bague en platine et or rose sertie de diamants dont centre vert naturel de 3,51 carats gradé « Fancy intense green » par le GIA. Estimation entre 800.000 et 1.200.000 $. Photo : Christie’s

À bientôt !

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La vente Doyle NY du 21 octobre

Cela faisait un moment que la maison Doyle ne nous avait pas proposé une vente dédiée aux bijoux. Et le 21 octobre, cette salle des ventes new-yorkaise nous proposera presque 450 lots avec du bijou moderne voir contemporain, mais surtout des bijoux très américains. Les ventes de cette maison sont toujours un véritable plaisir tant les catalogues sont intéressants et riches en surprises. Tour d’horizon des pièces à ne pas manquer !

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Lot 13 : paire de clips d’oreilles en or jaune, aventurines sculptées et topazes incolores. Signée de la maison Verdura et provenant d’une collection particulière, l’estimation se situe entre 3000 et 4000 $. Photo : Doyle NY

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Lot 25 : pendentif en or signé de Pablo Picasso. Réalisé dans les ateliers de François Hugo à Aix-en-Provence, qui a apposé son poinçon de maitre sur l’objet. L’inscription à l’arrière de la pièce « Madoura empreinte originale Picasso » indique que le bijou a été produit d’après le moule original créé par Picasso. Provenant de la collection de feu Sidney Cohen, l’estimation se situe entre 4000 et 6000 $. Photo : Doyle NY

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Lot 57 : pendentif en or jaune, perle fine, diamants, saphirs et émail plique-à-jour. Réalisé et signé de Masriera Hermanos, circa 1900, il est proposé dans son écrin d’origine estampillé. Estimation entre 8000 et 12.000 $. Photo : Doyle NY

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Lot 104 : jolie bague des années 1940 réalisée en platine, saphirs et centre diamant marquise de 2,25 carats environ. Si le centre présente une piètre gradation I/J – I1, le design de la pièce est intéressant. Provenant de la Collection John Perora, elle est estimée entre 5000 et 7000 $. Photo : Doyle NY

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Lot 125 : rare pochette du soir de fabrication française des années folles dont le fermoir est en or jaune, platine et cabochons de turquoise. Rare, car l’ensemble est signé par Charles Holl, qui fut un fabricant sous-traitant de la maison Cartier. Estimation entre 4000 et 6000 $. Photo : Doyle NY

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Lot 146 : bague en platine et diamants dont le centre est un saphir d’origine sri-lankaise de 15,39 carats. Accompagné d’un certificat du GIA le garantissant non traité. Estimation entre 18.000 et 24.000 $. Photo : Doyle NY

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Lot 177 : pin’s en platine, diamants et centre grenat démantoide de 2,98 carats, ce qui en fait une pierre d’une taille très respectable. Elle présente des inclusions de Tremolites typiques de ce type de pierre. Jolie pièce pour gemmologue ou simple amateur de gemmes ! Estimation entre 2000 et 3000 $. Photo : Doyle NY

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Lot 262 : important bracelet en or jaune, diamants et cabochons de corail rose. Estimation entre 8000 et 12.000 $. Photo : Doyle NY

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Lot 294 : rare et étonnante parure circa 1830, en or jaune, rubis et cabochons de chrysoprases. Travail européen. Estimation, plutôt basse, entre 2500 et 3500 $. Photo : Doyle NY

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Lot 298 : impressionnante broche de style égyptien, en or jaune, émeraudes, rubis, cornaline sculptée et émail, circa 1865. Un ensemble de gravures non identifiées à l’arrière de la pièce. Celle-ci provient de la collection de Ursula Kreutzer Webster. Estimation entre 1000 et 1500 $. Photo : Doyle NY

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Lot 319 : rare pendentif à miroir en or, émail et diamant. Réalisé vers 1910, il est signé de la maison Fabergé mais fut réalisé par Henrik Wigstrom. Propriété d’une famille russe, il est estimé entre 10.000 et 15.000 $ et vendu dans son écrin d’origine. Photo : Doyle NY

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Lot 438 : importante broche en platine, diamants (8 carats) et émeraudes (3,70 carats) de très belle qualité. Les émeraudes, colombiennes, sont certifiées naturelle par un rapport de l’AGL. Estimation entre 40.000 et 60.000 $. Photo : Doyle NY

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Lot 442 : importante broche de la maison Van Cleef and Arpels, signée et datant de 1935. Réalisée en or rose et platine, diamants et rubis. Propriété d’une famille de la côte est des Etats-Unis, l’estimation est à la hauteur d’une pièce aussi importante : soit entre 150.000 et 250.000 $. Photo : Doyle NY

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Une alerte aux faux certificats par le GGTL

J’ai reçu récemment la dernière newsletter du GGTL, laboratoire de gemmologie réputé et tenu par Mrs. Franck Notari et Thomas Hainschwang. Pour ceux qui ne le connaîtrait pas, il résulte de la fusion du laboratoire suisse GemTechLab fondé à Genève en 1996 et du GEMLAB fondé au Liechtenstein en 1996. Ce laboratoire est indépendant.

La dernière newsletter fait état d’un problème qui affecte malheureusement la profession : l’apparition de faux certificats d’authenticité sur le marché de la joaillerie, certificats concernant pour le moment des diamants présentant d’excellentes gradations. Retour sur cette histoire.

Fin septembre 2013, le laboratoire reçoit pour expertise deux diamants incolores acquit récemment par un vendeur des plus sérieux. Les pierres, respectivement D-VVSI-3,33 carats et D-VS1-3,17 carats, sont accompagnées de certificats émanant du GIA (le Gemmological Institute of America). De plus les pierres sont gravées avec les numéros correspondant aux certificats, selon la procédure désormais classique. Après vérification sur le site du GIA, les numéros des rapports sont authentiques et semblent donc bien avoir été délivrés par le laboratoire américain.

Comme pour toutes les pierres incolores, le laboratoire soumet les pierres à une analyse infrarouge. Les pierres qui sont naturellement IIa (les diamants les plus purs) se trouvent avoir été traitées par HPHT (haute pression, haute température), ce qui ne figure pas sur les certificats.

En étudiant plus précisément les certificats reçus avec les pierres, on remarque que les inclusions visibles dans les pierres ne sont pas exactement celles décrites sur les documents… Finalement, le laboratoire remarque que si les couvertures qui protègent les certificats sont authentiques, les rapports sont bien des faux.

En réalité, les faussaires ont procédé de cette façon :

- Ils ont cherché sur la base de données du GIA des exemples de certificats existants qui pouvaient correspondre aux pierres dont ils souhaitaient falsifier les informations afin de les faire entrer sur le marché

- Puis les pierres traitées ont été scrupuleusement retaillées afin de correspondre exactement aux certificats

- Enfin, les pierres furent gravées au laser de la même manière que les pierres certifiées par le GIA.

Point important, le laboratoire a pu identifier les deux pierres à l’origine des certificats contrefaits ultérieurement. Ces pierres sont parfaitement naturelles et non traitées. Elles sont la propriété d’une société qui n’est en rien responsable de la fraude mais qui en est devenue la victime indirecte.

Quelque temps après cette histoire, une personne impliquée dans ce trafic est revenue à Genève afin de vendre de nouveaux diamants traités impliquant des certificats existants falsifiés. L’affaire a depuis été étudiée de près par la justice suisse. La conclusion est que nous sommes en face d’un trafic aux ramifications internationales dont les tenants et les aboutissants sont difficiles à saisir.

En conclusion, le GGTL rappelle que la gravure laser sur une pierre n’est pas une garantie inviolable, que les certificats doivent être vérifiés avec attention. En cas de doutes, il ne faut pas hésiter à contacter un laboratoire compétent afin de faire vérifier les pierres et les certificats. Pour ceux qui lisent l’anglais, je vous invite à consulter la newsletter du laboratoire, elle est richement illustrée et vous permettra de mieux comprendre encore cette falsification.

À bientôt !

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