Le Roy, Leroy… Des histoires qui se confondent !

Il a suffit d’un bracelet qui va passer aux enchères à Londres dans les jours qui viennent pour rappeler à ma mémoire une famille oubliée et une histoire à tiroirs.

Bracelet, qui m’a fait me souvenir que j’avais de la documentation à la maison et que cela valait peut-être la peine que je vous parle un peu de l’histoire de ces maisons car leurs histoires se confondent…

All it takes is a bracelet that will be auctioned in London in the coming days to remind me of a forgotten family and a long history.

Bracelet, which made me remember that I had documentation at home and that it might be worthwhile to tell you a bit about the history of these houses because their stories merge …

  • 1 – Le Roy & Fils, devenue L. Leroy & Cie
  • 1 – The Roy & Son, became L. Leroy & Cie

Notre histoire démarre en 1730 qui voit la naissance de Basile Le Roy. Le destin aurait pu lui faire avoir une vie quelconque mais en 1747, il entre en apprentissage chez un horloger célèbre Joseph Quétin. Basile va ainsi ouvrir la voie d’une grande et célèbre famille d’horlogers français. Il restera ouvrier durant toute sa vie et c’est son fils qui installera la maison. Charles Basile, né en 1765, devient maître horloger et achète une boutique au Duc d’Orléans en 1785. Celui-ci, ayant besoin de liquidités, fait ouvrir au commerce le Palais Royal à Paris et de nombreux commerçants et artisans vont ainsi s’installer sous les arcades. Ce quartier parisiens va devenir celui des horlogers. Cette adresse – le 13-15 galerie Montpensier, Palais-Royal – restera celle de la famille durant plus d’un siècle.

Our story begins in 1730 which sees the birth of Basile Le Roy. Fate could have made him have some life but in 1747, he entered apprenticeship with a famous watchmaker Joseph Quetin. Basile will thus open the way for a great and famous family of French watchmakers. He will remain a worker throughout his life and his son will install the house. Charles Basile, born in 1765, becomes master watchmaker and buys a shop to the Duke of Orleans in 1785.  This one, in need of liquidity, opens the Palais Royal in Paris, and many traders and craftsmen chose to install under the arches. This Parisian neighborhood will become the one of watchmakers. This address – the 13-15 Montpensier gallery, Palais-Royal – will remain the one of the family for more than a century.

Mais la Révolution gronde, et avec un nom pareil, il ne fait bon rester dans un quartier hanté par les révolutionnaires. Une opération immobilière plus tard et Charles-Basile disparait quelques années. On sait d’ailleurs qu’il signe ses pièces Elyor durant la terreur. Il revient et se refait un nom sous le règne de Bonaparte.

But the Revolution roars, and with such a name, it is good to stay in a neighborhood haunted by revolutionaries. A real estate operation later and Charles-Basile disappears a few years. We also know that he signed his pieces Elyor during the terror. He returned and made a name for himself during the reign of Bonaparte.

En 1805, il devient « Horloger de l’Empereur », puis « Horloger de Madame Mère ». Dès 1810, le succès est tel qu’il doit développer des collaborations en Suisse et dans le Jura français afin d’honorer toutes les commandes. En 1828, son fils Charles-Louis rejoint l’entreprise qui change de nom et devient Le Roy & Fils. Il faut bien comprendre que l’histoire de cette maison est intimement liée à celles d’autres manufactures horlogères, que ce soit par le biais des mariages dans la famille comme par les parcours des employés qui feront la renommé de l’entreprise. On peut ainsi rappeler que l’un des fondateurs de la maison suisse Patek Phillipe a commencé dans cette maison.

In 1805, he became « Horloger of the Emperor », then « Horloger of Madame Mère ». From 1810, the success is such that he must develop collaborations in Switzerland and the French Jura to honor all orders. In 1828, his son Charles-Louis joined the company that changed its name and became Le Roy & Fils. It must be understood that the history of this house is intimately linked to those of other watchmaking factories, whether through weddings in the family or through the career paths of the employees who will make the company famous. We can remember that one of the founders of the Swiss house Patek Phillipe started in this house.

Capture d’écran 2014-11-22 à 09.45.08Exceptionnelle et rare montre-médaillon « à tact », en or, guillochée et émaillée, sertie de 17 ct de diamants. Signée Le Roy – Horloger de S.A.I. et R. Madame à Paris, n°3191, vers 1810. Collection du musée Patek Phillipe. Exceptional and rare « tact » medallion watch, in gold, guilloche and enamelled, set with 17 ct of diamonds. Signed Le Roy – Horologist of S.A.I. and R. Madame in Paris, No. 3191, circa 1810. Collection of the Patek Phillipe Museum. Photo : Patek Philippe Museum, Genève.

En 1845, la maison est vendue à Casimir Halley Desfontaines. Les descendants de la famille ne souhaite pas la reprendre, et dix ans plus tard la maison part à la conquête de la cour d’Angleterre. Installée en 1854 dans Regent Street, puis dans New Bond Street, la maison renommée Le Roy & Sons devient « Horloger de la Reine Victoria » en 1863. Elle livrera des pièces partout en Europe. Précisons que dès le XIXe siècle, les pièces s’enrichissent d’émail et de pierres comme des diamants ou des saphirs.

In 1845, the house was sold to Casimir Halley Desfontaines. The descendants of the family do not wish to take it back, and ten years later the house goes to the conquest of the English court. Installed in 1854 in Regent Street, then in New Bond Street, the renowned house Le Roy & Sons became « Queen Victoria’s Watchmaker » in 1863. It will deliver pieces all over Europe. Note that from the nineteenth century, coins are enriched with enamel and stones like diamonds or sapphires.

Capture d’écran 2014-11-22 à 09.49.34Petite montre de poche en or, émaillée et sertie de diamants, modifiée pour être montée sur bracelet, commissionnée par intérêt royal en 1874. Cuvette signée Le Roy & Fils, « To The Queen », 57 New Bond Street, London – Paris. Made in France et gravée de la couronne royale. Vers 1875. Collection du Musée L.Leroy. Small pocket watch in gold, enamelled and set with diamonds, modified to be mounted on a bracelet, commissioned by royal interest in 1874. Cuvette signed Le Roy & Son, « To The Queen », 57 New Bond Street, London – Paris. Made in France and engraved with the royal crown. Around 1875. L.Leroy Museum Collection. Photo : L. Leroy.

En 1879, Desfontaines engage le jeune Louis Leroy, dont la famille est aussi dans l’horlogerie. En 1883, George Halley Desfontaines prends la suite de son père. Puis en 1888, Jules Halley Desfontaines prend le relais au décès de son frère. Il nomme le jeune Louis associé. C’est lui qui reprendra la maison en 1889 et lui donnera son nouveau nom : L.Leroy & Cie, ancienne maison Le Roy & fils.

In 1879, Desfontaines hired the young Louis Leroy, whose family is also in watchmaking. In 1883, George Halley Desfontaines took over from his father. Then in 1888, Jules Halley Desfontaines takes over the death of his brother. He appoints the young Louis associate. He will take over the house in 1889 and give it his new name: L. Leroy & Cie, former house Le Roy & son.

Théodore-Marie Leroy, horloger et père de Louis et Léon Leroy qui donneront le nom définitif à la maison L. Leroy & Cie nait en 1826. Il est Horloger de la Marine et il fut décoré de la légion d’honneur (1884). Il est surtout un fabricant fort connu pour ses chronomètres. Son atelier était au 88 rue de Varenne.

Théodore-Marie Leroy, watchmaker and father of Louis and Léon Leroy who will give the final name to the house L. Leroy & Cie born in 1826. He is Watchmaker of the Navy and he was decorated with the Legion of Honor (1884). He is above all a manufacturer well known for his chronometers. His workshop was at 88 rue de Varenne.

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Papier à lettres de la maison Théodore Leroy, constructeur de chronomètre. Il fut le père de Louis et Léon Leroy. Writing paper from Théodore Leroy, chronometer builder. He was the father of Louis and Léon Leroy.

La fin du XIXe voit l’ouverture d’un atelier à Besançon, puis l’arrivée de Léon Leroy, frère de Louis. En 1899, la maison s’installe boulevard de la Madeleine dans le 8e arrondissement de Paris. Durant tout le XXe siècle, la clientèle restera prestigieuse et assurera le reconnaissance constante de la maison. Je m’attarde rapidement sur la montre Leroy 1 créée en 1900, petit chef d’œuvre de l’horlogerie, laquelle restera la montre la plus compliquée du monde jusqu’à la création par Patek Philippe de la Calibre 89. La maison ne produit pas de joaillerie mais vous remarquerez que de nombreuses montres présentent des fabrications particulièrement ouvragées permettant la présence d’éléments de joaillerie.

The end of the 19th century saw the opening of a workshop in Besançon, then the arrival of Léon Leroy, brother of Louis. In 1899, the house moved to Boulevard de la Madeleine in the 8th arrondissement of Paris. Throughout the 20th century, the clientele remained prestigious and ensured the constant recognition of the house. I quickly focus on the Leroy 1 watch created in 1900, a small masterpiece of watchmaking, which will remain the most complicated watch in the world until the creation by Patek Philippe of the Caliber 89. The house does not produce no jewelry but you will notice that many watches have particularly elaborate manufacturing allowing the presence of jewelry elements.

Capture d’écran 2014-11-16 à 18.22.38Montre en or et argent sertie de diamants, vers 1905, Le Roy & fils. la pièce est gravée : « To The King », Le Roy & Fils, 57 New Bond St, London. Vendue chez Sotheby’s en 2013 pour 6200 €. Gold and silver watch set with diamonds, circa 1905, Le Roy & fils. the piece is engraved: « To The King », The Roy & Son, 57 New Bond St, London. Sold at Sotheby’s in 2013 for € 6200. Photo : Sotheby’s

En 1935, Louis (sans descendance) décède et Léon transfère l’entreprise rue du Faubourg Saint-Honoré. Elle gardera cette adresse jusqu’en 1980. Les héritiers de Léon cèdent la maison à cette époque. C’est en 2004, qu’un nouveau chapitre entreprend de s’écrire pour cette illustre entreprise. Miguel Rodriguez achète la maison et ses archives, puis l’intègre au groupe Festina-Lotus. C’est désormais une seule maison d’horlogerie. Les archives révèlent que ce sont presque 400 000 pièces qui ont été fabriquées durant deux siècles d’existence de la maison… Un chiffre épatant !

In 1935, Louis (without descendants) died and Léon transferred the business to rue du Faubourg Saint-Honoré. It will keep this address until 1980. The heirs of Leon give up the house at that time. In 2004, a new chapter began to write for this illustrious company. Miguel Rodriguez buys the house and its archives, then integrates it with the group Festina-Lotus. It is now a single watchmaking house. The archives reveal that almost 400,000 pieces have been manufactured during the two centuries of the house’s existence … An amazing figure!

  • 2 – Leroy & Fils
  • 2- Leroy & Fils

Au début du XIXe, une autre famille d’horlogers est installée au Palais Royal : la famille Leroy. D’après les renseignements que j’en ai, la maison nait vers 1813. Il est installé au 114 et 115 (peut-être même au 116 à un moment donné) galerie de Valois. On trouve des exemples de réalisations datant du milieu du XIXe dans les ventes aux enchères. La maison porte le nom de Leroy & fils.

At the beginning of the 19th century, another family of watchmakers settled in the Palais Royal : the Leroy family. According to the information that I have, the house is born around 1813. It is installed at 114 and 115 (perhaps even at 116 at one point) gallery of Valois. Examples of mid-nineteenth-century achievements can be found in the auctions. The house bears the name of Leroy & son.

2cd5d9_b0dbeff28b36bb4cdcf0be6b54dd60c2Exemple de gravure sur une montre Leroy & fils, en or jaune, circa 1850. Example of engraving on a Leroy & fils watch, in yellow gold, circa 1850. Photo : The pocket watch spécialist.

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N° 13802 Montre de poche extra plate en or ciselé, à bordure mouvementée et fond gravé de feuillage et de volutes. Cadran en émail blanc à chiffres romains. Avec sa barrette d’accroche en or ciselé et ajouré. Poinçon chimère, XIXe siècle. Signée Leroy et fils, horlogers du Roi, galerie de Valois n° 114, Palais Royal. N ° 13802 Extra flat pocket watch in chased gold, with a lively border and an engraved background of foliage and scrolls. White enamel dial with Roman numerals. With its chiseled and pierced gold hook. Chimera hallmark, 19th century. Signed Leroy and son, watchmakers of the King, Valois Gallery No. 114, Royal Palace. Photo : Gazette Drouot.

Il semble, et cela est fort probable au vue des échanges qui se faisaient et qui continue de se faire dans ce métier, que Théodore Leroy fut à même de travailler avec d’autres horlogers célèbres et particulièrement la famille Lepaute. Néanmoins, beaucoup de renseignements que l’on peut trouver semble s’avérer faux, les dates ne correspondent pas toujours. C’est donc avec beaucoup de prudence que j’écris cet article. Je le mettrai à jour avec grand plaisir si vous avez des renseignements complémentaires. Je trouve trace de la maison dès 1823 dans le Bulletin d’Encouragement pour l’Industrie Nationale. Il obtient de Louis-Philippe le titre d’horloger du roi en 1835. Vers 1850, il semble que la maison soit rachetée par Jean-Auguste Fraigneau, lui-même horloger. Et elle va garder le nom de Leroy & fils.

It seems, and this is very likely in view of the exchanges that were taking place and which continues to take place in this profession, that Théodore Leroy was able to work with other famous watchmakers and particularly the Lepaute family. However, a lot of the informations that can be found seems to be wrong, the dates do not always match. It is therefore with great caution that I write this article. I will update it with great pleasure if you have further information. I find trace of the house from 1823 in the Bulletin of Encouragement for the National Industry. He obtained from Louis-Philippe the title of clockmaker to the king in 1835. Around 1850, it seems that the house was bought by Jean-Auguste Fraigneau, himself a clockmaker. And she will keep the name of Leroy & fils.

Toujours est-il qu’après 1883, la maison Leroy & fils semble s’être basée au 35 av. de l’Opéra à Paris. Et elle ne quittera plus cette adresse jusqu’à la fermeture de la maison vers 1960. Des montres avec des parties empierrées existent dès la fin du XIXe siècle et les bijoux apparaissent dans les années 30. La maison qui commercialise des montres bracelets va proposer des pièces le plus souvent réalisées en platine, diamants et pierres de couleur (rubis, saphirs, émeraudes).

Still, after 1883, the house Leroy & son seems to have been based in 35 avenue of the Opera in Paris. And it will not leave this address until the closing of the house around 1960. Watches with stone parts exist from the late nineteenth century and jewelry appear in the 30s. The house that sells wristwatches will offer pieces most often made in platinum, diamonds and colored stones (rubies, sapphires, emeralds).

Capture d’écran 2014-11-16 à 18.28.22Broche en platine, diamants et rubis datant de 1935. Signée et numérotée Leroy et fils. Vendue chez Sotheby’s en 2013. Platinum, diamond and ruby ​​brooch dating from 1935. Signed and numbered Leroy et fils. Sold at Sotheby’s in 2013. Photo : Sotheby’s

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Ces quatre publicités datent des années 1942 et 1943, elles sont tirées de l’Officiel de la mode. On peut ainsi y voir quelques exemples des pièces que proposait la maison. These four commercials date from the years 1942 and 1943, they are drawn from the Official of fashion. One can thus see some examples of the rooms that proposed the house. Photo : Édition Jalou

À bientôt !

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