Les tourmalines d’Erongo, Namibie

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Depuis quelques mois, déjà, l’envie de faire entrer des contributeurs sur legemmologue.com me tentait. Vous aviez pu, ainsi, lire l’excellent article de Marine Chabin sur les savoir-faire dans la joaillerie. Claire Fillet avec le podcast « Rubis sur Canapé » a rejoint l’aventure. Emmanuel Thoreux – désormais négociant en gemmes américaines avec sa maison White River Gems – vous a emmené par deux reprises aux USA. Aujourd’hui Sébastien Bahri, Asia Manager auprès de la maison Nomad’s, vous propose de découvrir la région d’Erongo en Namibie.

For a few months now, the desire to bring contributors on legemmologue.com tempted me. You could, thus, read the excellent article of Marine Chabin on the know-how in the jewelry industry. Claire Fillet with the podcast « Rubis sur Canapé » has joined the adventure. Emmanuel Thoreux – now gem dealer with his house White River Gemsintroduced you USA. Today, Sébastien Bahri – Asia Manager at Nomad’s – invite you to discover Erongo region in Namibia . Enjoy !

Erongo, tourmaline, namibie Paysage de la région d’Erongo. Erongo region landscape. Photo : Sébastien Bahri

Erongo, tourmaline, namibie

Couché de soleil sur le Spitzkoppe. Sunset at Spitzkoppe. Photo : Sébastien Bahri

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Par Sébastien Bahri (FGA)

1- Introduction / Introduction

Il y a un peu plus de dix ans de cela, un jour de septembre 2008, j’arpentai les allées du salon de Bangkok avec un groupe d’étudiants de mon école de gemmologie lorsque notre attention fut attirée par un stand un peu particulier et surtout par ses vitrines de présentation. Ce jour-là, je fis connaissance en chair et en os avec mes futurs (et actuels) employeurs de Nomad’s et je découvris également pour la première fois les tourmalines d’Erongo. Ce fut une double révélation. Aujourd’hui, dix ans plus tard, je revois mentalement ces tourmalines. Bleu électrique, vert menthe, jaune vif, bleu-vert, elles hantent encore mes souvenirs. Il y a des coups de foudre que l’on n’oublie pas !

Ten years ago, one day in September 2008, I was strolling the aisles of the Bangkok fair with a group of students from my school of gemology when our attention was drawn to a special stand and especially by its showcases. That day, I became acquainted with my future (and current) Nomad’s employers, and for the first time I discovered Erongo’s tourmalines. It was a double revelation. Today, ten years later, I still remember these tourmalines. Electric blue, mint green, bright yellow, blue-green, they still haunt my dreams. There are love at first sight that we do not forget !

Aussi lorsque la possibilité se présenta de me rendre en Namibie pour visiter leur mine d’origine, ce fut un « oui » sans hésitation.

So when the opportunity arose to go to Namibia to visit their original mine, it was a « yes » without any second thoughts.

Erongo, tourmaline, namibie

Tourmaline bleue néon de la mine d’Usakos en Namibie, issue de la poche découverte en 2005. Ces pierres, d’une couleur très proche des tourmalines Paraiba, sont pratiquement impossibles à trouver sur le marché à l’heure actuelle. Neon blue tourmaline from the Usakos mine in Namibia, from the pocket discovered in 2005. These stones have a color very close to the Paraiba tourmaline and are practically impossible to find on the market nowadays. Photo : Jinjuta Lohacharoenvanich

2- Un peu d’histoire et de géologie / A little bit of history and geology

Des immenses concessions diamantifères du Sperrgebiet du Sud au gisement de grenat mandarin de Marienfluss au Nord, en passant par les améthystes du Brandberg, la dioptase de Tsumeb et les aigues-marines, jéréméjevites, tourmalines et grenats démantoïdes d’Erongo, la Namibie est un pays au sous-sol extraordinaire. On pourrait écrire des ouvrages entiers sur les gemmes Namibiennes, aussi ce court article va s’intéresser uniquement aux tourmalines de la région d’Erongo. J’avoue bien volontiers ne pas être impartial, il y a longtemps que je suis tombé sous le charme de ces pierres…

From the huge diamond concessions of the Sperrgebiet in the South to the Garnet deposit of Marienfluss Mandarin Garnet deposit, the amethysts of Brandberg, the dioptase of Tsumeb and the aquamarine, Jeremejevite, Tourmaline and Demanoid garnets of Erongo, Namibia’s mineral wealth is extraordinary. One could write entire books on Namibian gems, so this short article will focus only on tourmalines from the Erongo region. I must confess of my impartiality, I’ve been in love with these stones for a long time already…

L’Erongo est une caldera gigantesque d’environ 30 kilomètres de diamètre, restes d’un ancien volcan actif il y a environ 135 millions d’années. Après une violente phase éruptive, le volcan s’effondra complètement formant la caldera visible actuellement. Cette éruption fut suivie d’une seconde phase d’intrusion de granite dans la caldera et dans la région autour de celle-ci. De nombreuses pegmatites furent ainsi créées, renfermant dans des cavités internes ou « poches » de nombreux cristaux, dont la tourmaline. [1]

The Erongo is a gigantic caldera about 30 kilometers in diameter, the old remains of a volcano active about 135 million years ago. After a violent eruptive phase, the volcano collapsed completely forming the caldera visible today. This eruption was followed by a second phase of granite intrusion into the caldera and the area around it. A large number of pegmatites were created, containing internal cavities or « pockets » with many crystals, including tourmaline. [1]

La présence de tourmalines dans les pegmatites d’Erongo est connue depuis environ un siècle. Hans Cloos, célèbre géologue allemand, établi des cartes géologiques de la région et réalisa des études sur place avant la Première Guerre Mondiale. L’exploitation des pegmatites est encore faite en bonne partie de façon artisanale, à la pioche, au burin et à la barre à mine, c’est un travail physique absolument épuisant. [2]

The presence of tourmaline in Erongo pegmatites has been known for about a century. Hans Cloos, famous German geologist, established geological maps of the region and carried out studies on the spot before the First World War. The exploitation of pegmatites is still largely done by hand, with the pick, chisel and bar, it is a physically backbreaking labor. [2]

Certains mineurs fabriquent eux-mêmes leur propre poudre noire pour faire sauter les blocs de roche. Lorsqu’ils ont les moyens financiers pour le faire, ils utilisent des marteaux-piqueurs pneumatiques pour briser la pegmatite. Le manque de carburant pour le compresseur est parfois un problème. [2] Car Erongo ne donne pas facilement ses trésors. Le climat, aride et semi-désertique, est rude et le manque d’eau rendent les conditions d’extraction difficiles. A cela s’ajoutent les difficultés inhérentes à l’exploitation de gisement primaire. La roche mère est dure et tenace et doit être attaquée à l’explosif : la progression du travail est lente et laborieuse. De plus, toutes les poches dans les pegmatites ne renferment pas de tourmalines gemmes non plus, une majorité sont remplies de quartz, de feldspath et de mica ou de tourmaline schorl (noire) de peu de valeur. [3] Dame Nature fut cependant un peu plus clémente par endroits. L’érosion a profondément altérée certaines pegmatites, fracturant les roches et les rendant friables ce qui facilite la tâche des mineurs.

Some miners make their own black powder to blast the rocks. When they have the financial means to do so, they use pneumatic jackhammers to break the pegmatite. Lack of fuel for the compressor is sometimes a problem. [2] Erongo does not give easily its treasures. The climate, arid and semi-desertic, is harsh and the lack of water makes the conditions of extraction difficult. On top of this are the difficulties inherent in the exploitation of primary deposits. The host rock is hard and tough and must be blasted with explosives: the progress of work is slow and laborious. Moreover, not all the pockets in the pegmatites contain gemstones, most of them are filled with quartz, feldspar and mica or schorl (black) tourmaline of little value. [3] In some places, Mother Nature was a little bit more generous and lenient. The erosion has profoundly altered some pegmatites, fracturing the rocks and making them brittle, making it easier for miners.

Erongo, tourmaline, namibie

Paysage de la région d’Erongo. Une partie de la caldera du volcan Erongo est visible en arrière-plan à gauche. Landscape of the Erongo region. Part of the Caldera Erongo volcano is visible in the background on the left. Photo: Sébastien Bahri

3- Une visite d’une mine / Visiting a mine

La majeure partie de l’activité minière de la région se concentre dans une zone autour des villes d’Omaruru, Usakos et Karibib. S’il y a en permanence plusieurs dizaines de petites exploitations et mineurs indépendants chassant l’élusive poche de tourmalines, seules deux mines de plus grande ampleur sont encore en activité, celle d’Usakos près de la ville du même nom et celle de Katjanga, à environ 40 km au sud-est de la ville d’Omaruru.[2] Elles sont nettement plus modernes, utilisant des moyens mécanisés assez importants.

Most of the mining activity in the region is concentrated in an area around the cities of Omaruru, Usakos and Karibib. While there are permanently dozens of small mines and independent miners chasing the elusive pocket of tourmaline, only two larger mines are still in operation, Usakos near the city of the same name and Katjanga. , about 40 km southeast of the city of Omaruru. [2] They are much more modern and mechanized.

Les quantités de tourmaline de qualité gemme extraites d’Erongo n’ont jamais pu rivaliser avec la production pléthorique du Brésil ou d’autres pays d’Afrique, mais elles n’ont rien à envier aux autres sources en termes qualitatifs. Les tourmalines bleues, indigo et bleu néon, ainsi que les tourmalines bleues-vertes « lagon » produites dans la région sont sans conteste parmi les plus belles du monde.

While the quantities of gem quality tourmalines extracted from Erongo have never been able to compete with the bloated production of Brazil or other African countries, they are second to none in terms of quality. The blue tourmaline, indigo and neon blue, as well as blue-green « lagoon » tourmalines produced in the region are undoubtedly some of the most beautiful in the world.

Les pierres Namibiennes sont très appréciées et recherchées par les connaisseurs, à la fois par leurs couleurs et aussi pour leur heureuse caractéristique d’avoir très fréquemment un axe c ouvert. Une bonne partie des plus extraordinaires tourmalines Namibiennes proviennent de deux mines en particulier qui ont acquis un statut presque légendaire : Neu Schwaben et Usakos.

The Namibian stones are very appreciated and sought after by the connoisseurs, both for their colors and also for their happy characteristic of having very frequently an open c axis. A large part of the most extraordinary Namibian tourmaline comes from two mines in particular that have acquired an almost legendary status: Neu Schwaben and Usakos.

Erongo, tourmaline, namibie

Tourmaline bleue-verte dite « lagon » de la mine d’Usakos. La pierre taillée pèse plus de vingt-huit carats et provient de la poche découverte en 2016. Blue-green « lagoon » tourmaline from the Usakos mine. The cut stone weighs more than twenty-eight carats and comes from the pocket discovered in 2016. Photo: Prangrak Ruahong

a- Neu Shwaben

L’une des plus anciennes mines de tourmaline de Namibie et probablement la plus connue, la mine de Neu Schwaben est située sur le terrain de la ferme (nom générique donnée à toute grande propriété terrienne en Namibie) Neu Schwaben Farm 73, à une douzaine de kilomètres au sud de la ville de Karibib.[4] Le gisement produit des tourmalines allant du bleu-vert lagon à un bleu indigo. C’est pour ces dernières que la mine est particulièrement réputée et ses pierres très recherchées pour la joaillerie mais également par les collectionneurs de minéraux.

One of Namibia’s oldest and probably best-known tourmaline mines, the Neu Schwaben mine is located on the farm grounds (generic name for any large Namibian land estate) Neu Schwaben Farm 73, a dozen kilometers south of Karibib. [4] The deposit produces tourmalines ranging from blue-green “lagoon” to indigo blue. It is for these that the mine is particularly famous, and its stones are highly sought after for jewelry and collectors.

La réputation de Neu Schwaben est plutôt méritée : les meilleures tourmalines indigolite qui en sortent sont absolument exceptionnelles. De l’humble avis de l’auteur, les tourmalines Indigolites Namibiennes de Neu Schwaben, Usakos et Katjanga probablement les meilleures au monde avec celles de la mine Mawi, Laghman, en Afghanistan.

The reputation of Neu Schwaben is rather deserved: the best indicolite tourmalines coming from it are simply exceptional. From the humble opinion of the author, Namibian Indicolite tourmaline from Neu Schwaben, Usakos and Katjanga is probably the best in the world with those of the Mawi mine, Laghman, Afghanistan.

Erongo, tourmaline, namibie

Tourmaline bleue « Indigolite » d’Erongo. Les pierres Namibiennes peuvent rivaliser sans difficulté avec les plus belles Indigolites Afghanes ou Brésiliennes. Blue tourmaline « Indigolite » Erongo. The Namibian stones can compete without difficulty with the most beautiful Afghani or Brazilian Indicolites. Photo: Maria Arkhipova

L’histoire de la mine de Neu Schwaben est mouvementée. Elle fut longtemps la propriété de Sidney « Sid » Pieters, une véritable légende locale (La Pietersite, trouvée à Outjo en Namibie, porte son nom) qui exploita plusieurs mines dans la région (dont celle d’Usakos dont nous parlerons). [5] Sid légua Usakos et Neu Schawben à sa fille Shelly qui continua l’exploitation du gisement avec son mari, David Mansfield. [6] Dans les années 90, quelques mineurs indépendants travaillaient sur la pegmatite avec l’accord des propriétaires lorsque la mine fut vendue en 1996 à une compagnie britannique, Indigo Sky Gems.

The history of the Neu Schwaben mine has been quite turbulent. It was for a long time the property of Sidney « Sid » Pieters, a local legend (Pietersite, found in Outjo in Namibia, is named after him) who operated several mines in the region (including Usakos which we will talk later about). [5] Sid left Usakos and Neu Schawben to his daughter Shelly, who continued mining the pegmatite with her husband, David Mansfield. [6] In the 1990s, some independent miners were working on the pegmatite with the agreement of the owners when the mine was sold in 1996 to a British company, Indigo Sky Gems.

Pendant ce temps, une importante découverte de tourmaline dans un dépôt éluvial en 1996 et 1997 à Neu Schwaben générèrent une ruée et près d’un millier de personnes venues de tout le pays arrivèrent sur le gisement, creusant de nombreux puits indépendants. [7] Face à cette situation totalement anarchique, Indigo Sky Gems demanda au gouvernement d’expulser les mineurs et une longue procédure juridique fut entamée. Les mineurs furent expulsés en 1998 mais la réputation d’Indigo Sky Gems souffrit lorsque la presse révéla les liens supposés de son actionnaire Tony Buckingham avec la compagnie de mercenaires Executive Outcomes, très active dans les guerres civiles d’Angola et du Sierra Leone. [8]

Meanwhile, an important discovery of tourmaline in an eluvial deposit in 1996 and 1997 in Neu Schwaben generated a rush and nearly a thousand people from all over the country arrived on the deposit, digging many independent pits. [7] Faced with this totally anarchic situation, Indigo Sky Gems turned toward the government to expel the miners and a lengthy legal process started. The miners were kicked out in 1998 but Indigo Sky Gems’ reputation suffered as the press revealed the alleged links of its shareholder Tony Buckingham with the Executive Outcomes mercenary company, which was active in the civil wars in Angola and Sierra Leone. [8]

Officiellement fermée par le ministère des mines de Namibie, le gouvernement laissa néanmoins certains mineurs revenir à Neu Schwaben pour y exploiter la pegmatite. Quelques équipes de mineurs, de 3 à 5 personnes chacune généralement, continuent à ce jour à chercher activement la tourmaline dans quelques-uns des puits de Neu Schwaben, avec l’éternel espoir de trouver la poche de cristaux qui fera leur fortune… [2]

Officially closed by the Namibian Ministry of Mines, the government nevertheless allowed some miners to return to Neu Schwaben to exploit the pegmatite. A few teams of miners, usually between 3 and 5 people, are still actively seeking tourmaline in some of the Neu Schwaben pits, with the eternal hope of finding the crystal pocket that will make their fortune … [2 ]

b- Usakos

Il y a près de 90 ans de cela, près de la petite ville d’Usakos, une explosion retenti. Un prospecteur à la recherche d’étain venait de faire sauter des blocs de roche à la dynamite dans sa concession. Incroyable coup du hasard ou destin ? La poussière dissipée et à sa grande surprise, il trouva des tourmalines. Et pas seulement un peu ! Il venait de d’ouvrir une gigantesque poche, peut être la plus grande jamais trouvée en Namibie. Celle-ci produisit au total 1 tonne de cristaux de tourmaline ! L’étain passa immédiatement à la trappe et la recherche de la tourmaline débuta : la mine d’Usakos était née.

Nearly 90 years ago, near the small town of Usakos, a blast of heard. A prospector in search of tin had just blown up a chunk of rocks with dynamite in his concession. Incredible lucky strike or fate? When the dust settled and to his surprise, he had found tourmalines. And not only a few! He had just opened a gigantic pocket, perhaps the largest ever found in Namibia. This one produced a total of 1 ton of tourmaline crystals! Forget about the tin! The search for tourmaline was on and the Usakos mine was born.

Erongo, tourmaline, namibie

Vue générale de la mine d’Usakos. General view of the Usakos mine. Photo: Sébastien Bahri

Erongo, tourmaline, namibie

Le front de mine à Usakos. Les marques des anciens forages pour y introduire de la dynamite sont nettement visibles. The mining front in Usakos. The drilling marks of the old boreholes to introduce dynamite are clearly visible. Photo: Sébastien Bahri

Située à quelques kilomètres de la ville éponyme, cette mine à ciel ouvert exploite une grande pegmatite de plus de 600 mètres de longueur et de 350 mètres de largeur. [9] L’épaisseur de la pegmatite est également assez impressionnante et dépasse les 15 mètres par endroits. Les poches de tourmalines sont disséminées de façon assez aléatoire un peu partout dans cette pegmatite, ce qui rend la production assez irrégulière. [3] Aux périodes fastes succèdent de longs moments de production faible voire nulle.

Located a few kilometers from the city of the same name, this open pit mine exploits a large pegmatite more than 600 meters long and 350 meters wide. [9] The thickness of the pegmatite is also quite impressive and exceeds 15 meters in some places. The pockets of tourmaline are scattered quite randomly throughout this pegmatite, which makes the production rather irregular. [3] Very productive periods are succeeded by long periods of little to no production.

La mine est connue pour ces tourmalines allant du bleu indigo au vert menthe, l’une de ces nuances, subtile fusion de bleu et de vert et dite « lagon » car sa couleur est proche de celle des eaux d’un lagon tropical, est particulièrement appréciée. La mine produit également parfois des tourmalines jaunes et rouge-brun. Entre 2005 et 2007, plusieurs poches de tourmalines furent mises au jour à Usakos et provoquèrent une véritable sensation sur le marché, à la fois par leurs couleurs lagon et bleu électrique mais surtout par leurs dimensions. Des gemmes pures à la loupe et pesant près de 100 carats furent taillées. [10]

The mine is known for its tourmaline ranging from indigo blue to mint green, one of these nuances, a subtle fusion of blue and green and called « lagoon » because its color is close to the one of tropical waters, is particularly appreciated. The mine also occasionally produces yellow and red-brown tourmalines. Between 2005 and 2007, several pockets of tourmalines were unearthed in Usakos and caused a real sensation on the market, both for their lagoon and electric blue colors but especially for their size: Flawless gems weighing nearly 100 carats were cut at the time. [10]

La couleur bleu néon de ces tourmalines est si proche visuellement des tourmalines cuprifères « Paraiba » qu’elles furent testées par le laboratoire Suisse SSEF. Les analyses montrèrent la présence de fer et de manganèse et l’absence de cuivre. [10] Cette découverte extraordinaire fut suivie par une longue période de vaches maigres à Usakos, avec une production dérisoire de 2007 à 2016.

The neon blue color of these tourmalines was so visually so close to the « Paraiba » cuprian tourmalines that they were tested by the Swiss SSEF laboratory. The analyzes showed the presence of iron and manganese and the absence of copper. [10] This extraordinary discovery was followed by a long lean time in Usakos, with a paltry production from 2007 to 2016.

Alors que l’on pensait faire le deuil des tourmalines d’Usakos, la mine, semblant se moquer des prédictions des humains, donna à nouveau une superbe poche en mars 2016. Plusieurs kilogrammes de tourmalines vert-bleuté menthe et bleu-vert lagon en furent extraites. La mine d’Usakos sera bientôt centenaire et la pegmatite est encore loin d’être épuisée. Qui sait quels trésors renferme-t-elle encore ?

While we were losing hope of finding more tourmalines in Usakos, the mine, seemingly mocking the predictions of humans, once again gave a superb pocket in March 2016. Several kilograms of green-blue mint and blue-green lagoon tourmaline were extracted. The Usakos mine will soon be 100 years old and the pegmatite is still far from exhausted. Who knows what treasures it still contains ?

Erongo, tourmaline, namibie

Exceptionnelle tourmaline taillée en poire de plus de 64 carats. C’est la plus grande gemme taillée issue de la poche découverte en mars 2016. Exceptional pear-shaped tourmaline of more than 64 carats. This is the largest gem cut from the pocket discovered in March 2016. Photo: Prangrak Ruahong

4- Conclusion / Conclusion

Source de tourmalines extraordinaires, la Namibie doit faire face à des défis majeurs en termes de production. La région d’Erongo renferme certes encore un grand potentiel, mais plusieurs facteurs freinent la prospection et l’exploitation des pegmatites gemmifères de la région. De nombreux terrains de la région appartiennent à des propriétaires privés qui ne souhaitent pas nécessairement voir se développer une activité minière sur leurs terres. A cela s’ajoutent les difficultés du climat et du terrain ainsi qu’au manque de moyens financiers pour lancer de plus grands projets.

Source of extraordinary tourmalines, Namibia faces major challenges in terms of production. The Erongo region still has great potential, but there are several factors hindering the exploration and exploitation of the gem-bearing pegmatites. Many lands in the area are privately owned and their owners do not necessarily want to see mining develop on their land. In addition, there’s the difficult climate and terrain as well as the lack of financial means to start larger projects.

Malgré tout, le tableau n’est pas totalement sombre. Les pierres Namibiennes sont appréciées et les couleurs lagon et indigo très demandées sur le marché. La hausse considérable des prix des tourmalines ces dix dernières années profite aux exploitants locaux en valorisant la production et rentabilisant les investissements en matériel. Cela encourage également la prospection de manière générale, ce qui tend de façon empirique à augmenter la probabilité de découvrir de nouvelles pegmatites et/ou une poche majeure.

Nevertheless, the whole picture is not totally bleak. Namibian stones are well-beloved, the lagoon and indigo colors are very popular on the market. The significant increase in tourmaline prices over the last ten years is benefiting local miners by boosting the production value and making equipment investments profitable. It also encourages exploration in general, which empirically tends to increase the probability of discovering new pegmatites and / or a major pocket.

La production plutôt confidentielle de Namibie peut être également vu sous un jour positif. Cela peut paraitre paradoxal au premier abord, mais le faible nombre d’acteurs, de l’extraction même aux compagnies travaillant avec cette matière, rend les tourmalines Namibiennes facilement traçables de la mine au marché. Avec la forte tendance actuelle de recherche de traçabilité et d’éthique dans le domaine de la joaillerie, cela représente un atout par rapport aux tourmalines d’autres origines pouvant avoir des couleurs similaires.

The rather confidential production of Namibia can also be seen in a positive light. This may seem paradoxical at first sight, but the small number of actors, from the mining to the companies working with this material, makes the Namibian tourmaline easily traceable from the mine to the market. With the current strong trend of traceability and ethics in the gems and jewelry industry, this is an asset compared to tourmalines from other origins may have similar colors.

5- Remeciements / Acknowledgments

Je tenais particulièrement à remercier Mykola Kukharuk et Sviatoslav Grygorenko pour m’avoir permis de réaliser ce voyage en Namibie, Prangrak Ruahong pour l’aide apportée avec les visuels de cet article, Christopher L. Johnston pour les informations fournies sur les techniques d’extraction des tourmalines Namibiennes et la famille McDonald pour nous avoir gentiment autorisé à visiter la mine d’Usakos.

I especially wanted to thank Mykola Kukharuk and Sviatoslav Grygorenko for allowing me to make this trip to Namibia, Prangrak Ruahong for her help with the visuals of this article, Christopher L. Johnston for the information provided on the mining techniques of Namibian tourmalines and the McDonald family for kindly allowing us to visit the Usakos mine.

6- Bibliographie / Bibliography

[1] Erongo! The Mineralogical Record. September-October 2006, volume 37, number 5

[2] Christopher L. Johnston, communication personnelle / personnal communication.

[3] Johan McDonald, communication personnelle / personnal communication.

[4] Neu Schawben https://www.mindat.org/loc-7321.html

[5] http://www.tsumeb.com/en/biography/24/pieters-sidney-(inch-sidinch-)/

[6] https://mineralogicalrecord.com/labels.asp?colid=664

[7] Independent – Dispute in Namibia, Monday 3 August 1998

[8] Namibian – Government looks into mercenary link, 24 July 1998.

[9] Usakos https://www.mindat.org/loc-229686.html

[10] Sviatoslav Grygorenko, communication personnelle / personnal communication.

À bientôt !

See you soon !

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