Karl Mazlo, inventeur joaillier

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Chez les Mazlo, le travail du métal est une évidence. C’est même dans les gènes. La joaillerie fait partie d’eux et ils lui rendent quotidiennement un bien bel hommage aux travers de leurs créations respectives. Les Mazlo, c’est aussi un nom presque devenu commun sur le site car il y a le père – Robert – dont je vous parle régulièrement au travers de la galerie éponyme que j’aime tant ; il y a Max – son premier fils-, joaillier et designer 3D dont vous pouvez retrouver le portrait mais également la belle interview de Claire Fillet au travers du podcast « Rubis sur Canapé » ; et puis, il y a Karl, le petit-frère de Max, joaillier, inventeur, concepteur, qui insuffle toute sa douceur et sa passion du pays du Soleil Levant dans ses créations d’une folle poésie. C’est lui que je vous propose de rencontrer.

In the Mazlo family, working with metal is obvious. It’s even in the genes. Jewelry is part of them and they pay it a daily fine tribute through their respective creations. The Mazlo, it is also a name almost become common on the site because there is the father – Robert – which I speak to you regularly through the eponymous gallery I like so much ; there is Max – his first son -, jeweler and 3D designer whose portrait is online here but also the beautiful interview of Claire Fillet through the podcast « Rubis sur canapé« ; and then, there is Karl, Max’s little brother, jeweler, inventor, designer, who breathes all his sweetness and his passion for the Land of the Rising Sun into his creations full of poetry. Si I invite you to meet him.

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Karl Mazlo dans son atelier de Paris. Karl Mazlo in his Parisian workshop. Photo : Karl Mazlo

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Bague en or jaune et acier damassé. Yellow gold and damask steel ring. Photo : Karl Mazlo

La première fois que j’ai enfin rencontré Karl Mazlo, c’était à la Galerie des Blancs Manteaux où il exposait ses réalisations dans le cadre de l’exposition « Savoir-faire des Takumi », un événement célébrant une résidence d’artistes français au Japon et plus précisément à Kyoto. Ce soir-là, les pièces étaient remarquables. Lui-même revenait de ce pays qui inspire une grande partie de son travail et nous avons convenu de nous revoir pour qu’il me parle de son parcours, de son travail et pourquoi il a choisit la métal comme son médium d’expression. Une rencontre menée tambour-battant aux Ateliers de Paris où Karl est encore installé pour quelques mois.

The first time I finally met Karl Mazlo, it was at the Galerie des Blancs Manteaux where he exhibited his work as part of the exhibition « Savoir-faire des Takumi », an event celebrating a residency of French artists in Japan and more precisely in Kyoto. That evening, the pieces were remarkable and inspiring. He himself came back from this country that inspires much of his work and we agreed to meet again for telling about his career, his work and why he chose the metal as his medium of expression. A drum-beating meeting at the Ateliers de Paris where Karl is still installed for a few months.

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Deux bagues en or et diamants. Two yellow gold and diamond rings. Photo : Karl Mazlo

Si la joaillerie fait partie de la vie de Karl depuis l’enfance, il officialise sa relation avec elle aux débuts des années 2000 quand il intègre le Lycée Nicolas Flamel (École Boulle) où il prépare puis obtient respectivement son CAP Art du Bijou et du Joyau puis son BMA. Il enchaine sur un CAP de sertissage et s’inscrit en cours du soir pour s’initier à la gravure et à la ciselure. Il va alors intégrer l’Atelier Jean Christophe où il va rester une année et demi. Ensuite vient le temps de rejoindre l’atelier familial pour seconder son père. Il y restera sept ans.

If jewelry has been part of Karl’s life since childhood, he formalized his relationship with her in the early 2000s when he joined the Lycée Nicolas Flamel (Boulle School) where he then prepares and obtains his CAP Art of Jewel (NVQ) and then his BMA. He chained on a gem-setting training and enrolled in evening classes to learn about engraving and chiselling. He will then join Atelier Jean Christophe where he will stay a year and a half. Then comes the time to join the family workshop to help his father. He will stay there seven years.

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Bague en or jaune, diamants et acier damassé. Yellow gold ring featuring diamonds and damask steel. Photo : Karl Mazlo

Reste une interrogation, pourquoi le Japon ? « Je suis passionné par ce pays depuis que je suis enfant. Au départ c’était à cause des motos. Puis je me suis pris de passion pour les samouraïs, les codes d’honneur que l’on retrouve dans la préservation et la transmission des savoir-faire. Et cette notion de respect, la façon dont il mélange le moderne et le traditionnel et enfin leur facilité à aller vers les technologies de pointe sans renier leur culture et toutes les traditions. » En 2013, il y effectue un voyage d’agrément et rentre en « voulant y retourner absolument mais dans un autre contexte que touristique. » Travaillant alors chez son père, il va tirer profit de ce séjour pour imaginer une exposition autour de ses premiers souvenirs du Pays du Soleil Levant. En résulte une centaine de bijoux, puis des contacts et la possibilité d’y retourner en 2016.

Remains a question, why Japan ? « I have been passionate about this country since I was a child, it was because of the motorcycles, and then I became passionate about the samurai, the codes of honor that are found in the know-how preservation and transmission and this notion of respect, the way in which the country mixes the modern and the traditional and finally their ability to go to advanced technologies without denying their culture and all traditions. » In 2013, he made a pleasure trip and returned « wanting to return absolutely but in a different context than tourism. » Working at his father’s company, he will take advantage of this trip to imagine an exhibition around his first memories of the Land of the Rising Sun. The result is a hundred jewels, then contacts and the opportunity to return in 2016.

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Ensemble d’outils pour estamper le métal. Ils furent créés lors de la résidence japonaise de Karl Mazlo à la Villa Kujoyama. Set of tools for stamping metal. They were created during Karl Mazlo’s Japanese residency at Villa Kujoyama. Photo : Marie Chabrol

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Deux gobelets à saké en étain, argent et feuille d’or créés lors de la résidence japonaise. Ces pièces furent fabriquées en relation avec la Maison Seikado. Two tin sake cups, silver and gold leaf created during the Japanese residency. These pieces were made in connection with the Seikado House. Photo : Karl Mazlo

Ce séjour japonais dure six mois. Cette première résidence en partenariat avec l’Institut français et la Fondation Bettencourt. Il est alors accueilli au sein de la Villa Kujoyama avec le projet d’initier un dialogue avec des artisans dont le savoir-faire peut entrer en résonance avec la joaillerie. Durant les quatre mois de résidence, Karl va développer un projet de création d’outils autour de l’estampe. En résulte une incroyable série de « poinçons » entièrement réalisés à la main ; lesquels vont permettre d’expérimenter des effets de matière et de proposer des textures inédites sur le métal. Puis la fabrication d’objets, qu’il va ici imaginer en lien avec les haïku, des poèmes japonais très courts. « En allant au Japon, je voulais fabriquer des objets que je n’aurais pas réalisé en France. Je voulais m’éloigner du bijou pour élargir ma réflexion autour du métal » explique Karl.

This Japanese trip lasts six months. This first residency in partnership with the French Institute and the Bettencourt Foundation. He is then welcomed in the Villa Kujoyama with the project to initiate a dialogue with craftsmen whose know-how can come into resonance with jewelry. During the four months of residency, Karl will develop a project to create tools around printmaking. The result is an incredible series of « stamps » made entirely by hand ; which will allow to experiment effects of matter and to propose new textures on the metal. Then the manufacture of objects, which he will imagine here in connection with the haiku, very short Japanese poems. « By going to Japan, I wanted to make objects that I would not have made in France, I wanted to get away from the jewel to expand my way to think about metal » says Karl.

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Bague en argent et acier damassé. Silver ring with damask silver. Photo : Karl Mazlo

Le résultat est un très bel ensemble de pièces autour de l’art du saké et principalement des gobelets en étain, argent et feuille d’or réalisés en collaboration avec la maison Seikado. « Avec cette série, je suis vraiment sorti de ma zone de confort, car je ne maitrisais pas l’orfèvrerie. Il m’a fallu expérimenter et essayer » ajoute celui dont les pièces sont actuellement exposées à Tokyo. Sa présence au Japon va aussi lui ouvrir des techniques qu’il n’avait jamais pu apprendre en France et il va ainsi s’essayer à l’acier damassé : « cette technique proche du Mokune-gane me fascinait depuis de nombreuses années. Je m’y suis initié avec l’idée de faire une lame en acier que je puisse briser. D’abord dans le but de la ramener car je n’aurais pas pu voyager avec. Et c’est ce que j’ai fait. Le résultat sera visible sous peu, lors de la Biennale Révélations où je présenterai ma nouvelle collection qui intégrera ces éléments.« 

The result is a beautiful set of pieces around the art of sake and mainly pewter cups with silver and gold leaf made in collaboration with the Seikado house. « With this series, I really came out of my comfort zone because I did not master the silverware, I had to experiment and try » adds the one whose pieces are currently on display in Tokyo. His presence in Japan will also open to him techniques that he had never been able to learn in France and he will thus try damask steel : « This technique close to the Mokune-gane fascinated me for many years. I was initiated with the idea of ​​making a steel blade that I can break in. First in order to bring it back because I could not have traveled with it, and that’s what I did. The result will be visible shortly, during the Revelations Biennial where I will present my new collection which will integrate these elements.« 

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Pendentif en or et lapis-lazuli issu de la série des Sommets Bleus. Gold and lapis-lazuli pendant from the Sommets Bleus serie. Photo : Karl Mazlo

Durant ce séjour vont se nouer de belles amitiés. Parmi les rencontres inoubliables se trouvent celle avec M. Moriguchi – dont je vous ai parlé lors de la venue en France de sa collection de Kimonos – qui va le convaincre de prolonger sa découverte du pays : « Je l’ai rencontré lors du vernissage pour la présentation des objets autour du saké. Je ne savais pas alors qui il était et son statut de Ningen Kokuho ou Trésor National Vivant. Il m’a alors écrit puis invité à sa propre exposition quelques jours plus tard. Je me suis dis que ce pays avait encore tellement à offrir. » Vont alors s’ajouter presque deux mois supplémentaire entre Kyoto et Tokyo où il décroche une nouvelle résidence prolongeant l’expérience Kujoyama.

During this stay will be made beautiful friendships. Among the unforgettable meetings are those with Mr. Moriguchi – whom I told you about when his collection of Kimonos came to France – which will convince him to extend his discovery of the country : « I met him during the opening for the presentation of the objects around the sake, I did not know who he was and his status of Ningen Kokuho or National Living Treasure. He then wrote to me and invited to his own exhibition a few days later. So I thought that this country still had so much to offer. » Will then add almost two more months between Kyoto and Tokyo where he wins a new residence extending the Kujoyama experience.

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Bagues en or, diamants et lapis-lazuli issues de la série Sommets Bleus. Yellow gold rings featuring diamonds and lapis-lazuli ; from the Sommets Bleus serie. Photo : Karl Mazlo

Début 2017, il rentre alors du Japon, quitte l’entreprise de son père pour s’installer à son compte. Il postule alors aux Ateliers de Paris et monte dans le même temps un dossier auprès de la Fondation Banque Populaire. Un alignement des planètes plus tard, il obtient une réponse positive à ses deux demandes : « Ça été l’euphorie, je pouvais me lancer avec une certaine sérénité et dans le même temps on reconnaissait que j’avais un véritable potentiel. C’était extrêmement encourageant !« 

In early 2017, he returned from Japan, leaving the company of his father to settle on his own. He then applied to the Ateliers de Paris and at the same time mounted a file with the Banque Populaire Foundation. An alignment of the planets later, he gets a positive response to his two requests: « It was euphoria, I could start with a certain serenity and at the same time we recognized that I had real potential. It was extremely encouraging ! »

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Exemple d’élément en acier damassé. One damask steel element. Photo : Marie Chabrol

Karl Mazlo définit son processus de travail comme extrêmement « intime » et profondément lié aux « souvenirs des clients et des clientes qui s’adressent à lui. » En effet, s’il produit des collections de pièces, le joaillier aime particulièrement imaginer des pièces sur mesures. « J’ai besoin des souvenirs comme des histoires de mes clients. Ma joaillerie n’est pas classique aussi les gens qui viennent me voir connaissent déjà un peu mon travail autour des textures et des effets sur la matière. Après, c’est à moi de proposer le bijou qui symbolisera ce moment particulier de leur vie. » Le créateur ne fait que peu de salons et reconnait avec un certain étonnement la force d’Instagram qui lui a amené de nombreux clients. Mais, dit-il « j’ai le privilège d’avoir de remarquables clients ambassadeurs qui me soutiennent et me font connaitre. » Concernant les matières, il va alors proposer toutes sortes de solutions avec « des diamants modernes, des tailles anciennes voir très très anciennes mais également des minéraux divers et variés. Mais parfois c’est juste du métal ou des mélanges de différents métaux. » Si on regarde les réalisations, on notera que Karl « fait beaucoup de bagues » : « J’aime beaucoup ce type de bijou. Il est en mouvement, on peut y cacher des choses, lui conférer un côté secret uniquement accessible au porteur. Il y a un rapport au touché car l’objet est sur la main. Oui, ça reste mon bijou préféré et le plus symbolique. » Parmi les projets en cours de développement, le créateur aimerait se saisir de la broche « car elle offre une plus grande surface d’expression.« 

Karl Mazlo defines his work process as extremely « intimate » and deeply linked to the « memories of the clients who come to him. » Indeed, if he produces collections, the jeweler particularly likes to imagine custom pieces. « I need memories and stories of my clients, my jewelery is not classic so people who come to see me already know a little about my work around textures and effects on the material. I have to propose the jewel that will symbolize this particular moment of their life. » The designer has few salons and recognizes with some amazement the strength of Instagram that has brought many customers. But, he says, « I have the privilege of having remarkable ambassadors who support me and make me known. » Regarding materials, he will then offer all kinds of solutions with « modern diamonds, old or very very old sizes but also different and varied minerals, but sometimes it’s just metal or mixtures of different metals. » If we look at the achievements, we note that Karl « makes a lot of rings » : « I really like this kind of jewel. It is moving, we can hide things, give it a secret side only accessible to the wearer. There is a report to the touch because the object is on the hand. Yes, it remains my favorite jewel and certainly the most symbolic. » Among the projects under development, the creator would like to seize the pin « because it offers a greater surface of expression.« 

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Bague « Gashadokuro / がしゃどくろ » en or, argent, ébéne, opale d’Australie et os. Ring « Gashadokuro / が し ゃ ど く ろ » in gold, silver, ebony, Australian opal and bone. Photo : Karl Mazlo

Bague en or jaune et acier damassé. Yellow gold and damask steel. Photo : Karl Mazlo

En admirant ses créations, on note que les pierres ne sont pas les plus présentes. Ici une vitrine offre des prototypes mélangeant l’or et l’acier damassé où cette matière « remplace les gemmes et prend la première place » offrant une autre vision du précieux. Ailleurs, c’est du lapis-lazuli brut qui habille de l’or froissé, martelé ou mis en couleur. Le travail de Karl Mazlo se veut poétique. Il est inattendu et enthousiasmant méritant de sortir de sa relative confidentialité. Maintenant vous savez. Aussi, si vous cherchez un joaillier offrant modernité et fraicheur dans son travail, venez ici, rencontrez Karl et adoptez une de ses créations. Elles le méritent largement !

Admiring his creations, we note that the stones are not the most present. Here a showcase offers prototypes mixing gold and damask steel where this material « replaces gems and takes the first place » offering another vision of what is precious. Elsewhere, it is raw lapis lazuli which dresses in crumpled, hammered or colored gold. Karl Mazlo’s work is poetic. It is unexpected and exciting, deserving of getting out of its relative confidentiality. Now you know. Also, if you are looking for a jeweler offering modernity and freshness in his work, come here, meet Karl and adopt one of his creations. They deserve it !

À bientôt !

See you soon !

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Retrouvez Karlo Mazlo lors de la Biennale Révélations au Grand Palais du 23 au 26 mai 2019. Il exposera ses créations sur le stand des Ateliers de Paris mais également sur la stand de la Fondation Banque Populaire où vous retrouverez une autre créatrice dont j’aime particulièrement la travail : Amélie Viaene.

Meet Karlo Mazlo during the Revelations Biennale at the Grand Palais from May 23 to 26, 2019. He will exhibit his creations on the Ateliers de Paris booth but also on the stand of the Banque Populaire Foundation where you will find another designer I particularly like the work : Amélie Viaene.

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