Frédéric Mané, un destin joaillier

Chers lecteurs francophones, vous trouverez ci-dessous, la traduction de mon article « Destined for jewelry : Frédéric Mané », publié originellement  sur le site internet Jewelry Connoisseur. La version américaine est accessible via ce lien.

Dear English readers, this story was originally published under the title « Destined for jewelry : Frédéric Mané » on the Jewelry Connoisseur blog. This translation is mine. You can read the original article through this link. Enjoy!

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La Méditerranée, par tout ce qu’elle véhicule, demeure la principale inspiration de ce créateur, dont le travail comprend la collection impériale alexandrite pour la maison Rubeus Milano.

frederic mane

M. Frédéric Mané. Photo : Frédéric Mané

Frédéric Mané est peut-être jeune, mais le jeune homme de 37 ans est déjà un créateur de bijoux parisien de renom. Formé dans des maisons de joaillerie comme Mathon Paris, il est désormais indépendant : il a son propre studio de design au cœur de la capitale française, où il travaille pour des particuliers ainsi que pour des marques de joaillerie internationales comme Rubeus Milano et des fabricants d’art comme Emaux de Longwy.

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La Reine Scorpion. Photo : Frederic Mané

1-Qu’est-ce qui vous a attiré dans une carrière de joaillier?

Je suis né à Perpignan, dans le sud de la France, en 1982. J’ai grandi au bord de la Méditerranée, et j’ai passé mon enfance entre Perpignan, Collioure et Cadaquès – villes catalanes connues pour des peintres célèbres tels que Dalí et Matisse. Les cultures qui prennent vie autour de Mare Nostrum sont mes racines. Ma famille a fondé une boutique de jouets dans le sud de la France, et j’ai passé mon enfance entourée d’une atmosphère envoûtante pleine de contes, de légendes et d’objets d’art. Je crois que je suis né artiste, et je dessinais toujours des personnages couverts de bijoux. J’ai aimé créer des univers fantastiques, et par la suite j’ai converti mes peintures en objets réels, sculptures en argile et pierres facettées. L’industrie de la bijouterie était un choix évident pour moi.

2-Comment avez-vous commencé à travailler dans la conception de bijoux?

À l’âge de 18 ans, j’ai décidé de déménager à Paris pour étudier le design et j’ai vite compris que les bijoux et les objets d’art étaient ma voie. A la Haute École de Joaillerie, où j’étais étudiant, j’ai étudié les techniques de peinture de bijoux. Peu de temps après, j’ai été embauché comme designer en chef pendant six ans chez Mathon Paris, un important atelier familial qui travaille pour la Place Vendôme et qui propose également ses propres créations.

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La bague Gallactica en or blanc, topaze bleue (traitée), diamants, saphirs et tourmalines. Photo : Frédéric Mané

3-Quand et pourquoi avez-vous décidé de devenir indépendant?

Depuis quatre ans maintenant, je suis designer indépendant. J’ai mon propre studio de design à Paris, et je collabore avec des groupes de luxe tout en entretenant une belle relation avec les joailliers parisiens et les marques de signature internationales. J’ai une solide et large expérience en design, notamment en joaillerie et en objets et accessoires précieux. De plus, j’ai fondé l’Orchestre Joaillier, une communauté de joailliers. Plus qu’un simple regroupement de talent en faveur du design, c’est un manifeste pour une nouvelle génération, et je suis très fier de partager des projets centrés sur des valeurs communes.

4-Quelles sont vos sources d’inspiration?

La base de mon inspiration est mes racines méditerranéennes, le monde de la mer et la lumière sur la Méditerranée. Et bien sûr, ses ancienne légendes, qui sont si inspirantes.

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Bague Boa Constrictor, design par Frédéric Mané, fabrication par l’orchestre Joaillier. Pour mieux connaitre le processus de fabrication, je vous invite à relire mon article sur cette communauté inspirante. Photo : L’Orchestre Joaillier

5-Comment définiriez-vous votre style?

J’aime mélanger mes racines avec de nouvelles influences du monde et de la culture pop. C’est très important pour moi d’écouter et de comprendre mes clients, leurs rêves et leurs objectifs. Je suis une sorte de caméléon, capable de convertir de nombreuses influences et parfois des idées opposées en des bijoux uniques.

6-Quelles pierres précieuses vous fascinent le plus?

Les opales et les alexandrites comptent parmi mes pierres préférées. J’ai eu la chance que les collectionneurs et fondateurs de Rubeus Milano – Nataliya et Viktor Bondarenko – m’invitent à créer une collection complète autour des alexandrites les plus importantes et les plus rares du monde. L’alexandrite de Russie est une pierre au changement de couleur extrêmement marqué et recherché, passant naturellement du vert à la lumière du jour au violet sous une lumière incandescente.

7-Quel bijou a été le plus difficile, de la conception à la réalisation?

J’ai eu l’occasion d’associer ma signature a la collection de bijoux haut de gamme de Rubeus Milano [au Musée des Arts Décoratifs (MAD) à Paris]. Le collier impérial de cette marque a été la pièce la plus difficile que j’ai eu à créer. C’était fou de concevoir une collection complète de bijoux haut de gamme et de la faire fabriquer en six mois, mélangeant des alexandrites avec du cristal de roche sculpté, du titane noir, de l’or et des diamants. Chaque collier a six options de transformation ; vous pouvez convertir chaque pièce en broche ou boucles d’oreilles…. En tant que designer, j’avais les mains libres et aucune limite budgétaire – c’était une opportunité unique dans ma vie.

Le collier impérial alexandrite pour la maison Rubeus Milano. Photo : Simon Martner

8-À quel bijou êtes-vous le plus attaché émotionnellement?

La chevalière de mon arrière-grand-père, une belle et opulente bague pour homme alliant un saphir bleu et des diamants ; notre nom de famille est gravé à l’intérieur. Au-delà de la valeur, c’est un témoignage de l’histoire de ma famille, qui est pleine de destins inspirants et de personnalités très fortes.

9-Qui sont vos muses et mentors?

Ma mère et mes grands-mères sont mes muses, mon père et mes grands-pères sont mes mentors. J’ai grandi à leurs côtés. Je leur en suis tellement reconnaissant. J’ai un profond respect pour eux ; ils ont toujours cru en moi.

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Le dessin du collier Super Nova. Vous pouvez retrouver celui-ci dans l’excellent livre Black Opal. Photo : Frédéric Mané

10-Sur quoi travaillez-vous en ce moment?

Je travaille sur un projet de garde-temps inhabituels et d’objets d’art révolutionnaires pour une nouvelle entreprise – un fantastique projet de collaboration avec mes complices créatifs Jothi Séroj Ebroussard et Anouck Veyret. Je prépare également une nouvelle collection que je trouve particulièrement opulente, gourmande et glamour pour Rubeus Milano pour 2021.

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La bague Vésuvio pour Rubeus Milano est sertie d’une topaze impériale de 25,91 carats facettée par le lapidaire Victor Tuzlukov, mais également de rubis, de saphirs roses et de diamants. Photo : Rubeus Milano

À bientôt !

See you soon !

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